This is it

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Faire une critique de This is it ne va pas être chose aisée. Non pas que la disparition tragique de Michael fasse encore trembler mes mains d’émotion mais, en fait, il se trouve que le film sur la préparation de son ultime tournée n’en est pas vraiment un. De film. Ni même d’ailleurs un documentaire à proprement parler, l’exploration en coulisses de ces concerts-événement se cantonnant en fin de compte à bien peu de choses. Non, le coeur de This is it est en réalité la portée aux nues du roi de la pop et de sa musique, la recréation d’un spectacle que nous ne pourrons malheureusement jamais voir. Donc, oui, This is it est bel et bien un concert. Et comment fait-on la critique d’un concert, hein, je vous le demande ?

On pourrait déjà questionner la valeur morale d’une telle entreprise, quitte à être un peu à côté de la plaque. Mais il se trouve qu’aller voir cette performance dans une salle obscure ne ressemble en rien à une séance classique, nous sommes bien loin du concept de divertissement qui préside d’ordinaire à cette sortie et ceci soulève des questions différentes. Comme par exemple de savoir si on ne participe pas un peu trop volontairement du pillage systématique de l’héritage laissé par Michael Jackson, un mercantilisme surfant sans vergogne sur le raz-de-marée provoqué par sa mort. Et, désolé de le dire, mais la réponse est oui : nous sommes pour beaucoup des putains de vautours, et ceux derrière ce film décrochent le pompon. Plutôt maladroits dans leur façon de rendre hommage à l’interprète de Thriller (voir les interviews consternantes des danseurs en guise de prologue), on sent en plus qu’il s’agit là d’une gigantesque machine où le coeur a été remplacé par le chéquier. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la note en début de métrage nous annonçant que le film a pu se faire non pas grâce à l’accord de la famille du chanteur, ce qui aurait paru logique, mais grâce à celui de son avocat… Tout est dit.

Après, la valeur documentaire d’une telle oeuvre est encore ternie par la trituration évidente des images filmées lors des répétitions. L’idée générale étant donc bien de ne pas nous offrir une plongée dans le processus de création, une mise en lumière des méthodes de travail de Michael, mais de faire aboutir (rentabiliser) d’une façon ou d’une autre ce spectacle avorté. Même si pour y parvenir il faut en passer par la triche, c’est à dire à un montage présentant les chansons dans leur intégralité. Quitte, pour cela, à retourner des éléments (les inserts sur les musiciens) ou à utiliser/re-mixer les versions album de ses tubes.

Néanmoins, à la lumière de ces éléments, faut-il s’interdire pour autant de découvrir This is it ? Bien sûr que non, surtout si vous êtes fan du moonwalker. Parce que ce film, malgré ses aspects les plus critiquables, restera la dernière expression d’un des talents les plus marquants du XXème siècle et, grâce au savoir-faire de Kenny Ortega en matière de rythme (les films High School Musical, c’est lui), se pose comme le concert dont rêvait Michael Jackson. Dont nous rêvions. Alors tant pis pour les considérations éthiques, dont la gêne disparaitra avec le temps, et que le spectacle continue !

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4 Réponses à “This is it”

  1. mabataille dit :

    Un « film » a voir et à revoir ». Les polémiques il faut savoir les mettre de côté de temps à autre.
    Sur la durée on saura jamais, à cause du montage, mais on reconnait bien leKing of Pop, frissons garantis.

  2. pitouwh dit :

    J’ai vu deux, trois rumeurs comme quoi, sur certains plans, il s’agirait en fait d’un sosie… Ce qui est en fin de compte assez crédible.

    N’empêche, ça reste un putain de concert.

  3. mabataille dit :

    Oui, on m’a dit qu’il avait des grosses cuisses sur certaines images…
    Pour ma part que ce soit lui ou un très bon danseur fan de, du moment que j’y crois. Walter Benjamin expliquera le reste à ma place !

  4. pitouwh dit :

    Putain, t’as toujours de ces références à la con. Allez, un petit tour de google…

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