2012

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Chaud devant, Roland Emmerich est de retour dans nos salles ! Avec des péloches comme Independence Day, Godzilla ou Le Jour d’après, le plus américain des réalisateurs allemands s’est fait une spécialité de la destruction de masse, du film-catastrophe où l’ampleur du désastre n’a d’égale que les millions de dollars investis. Devenu un vrai roi dans sa partie, Emmerich entend donc bien défendre sa couronne grâce à la spectaculaire apocalypse de son 2012 et, il faut le reconnaître, le bougre sait s’y prendre quand il s’agit de tout faire péter. Une parfaite connaissance des ficelles du genre qui d’ailleurs joue à la fois comme une force et une faiblesse, en particulier quand on parle du film-catastrophe.

En 2009, des scientifiques découvrent qu’un alignement planétaire rarissime va amener les explosions solaires à perturber la croûte terrestre, provoquant ainsi la fin du monde dans un futur proche. En 2012, et alors que les signes avant-coureurs se multiplient, un père divorcé va tout faire pour mettre sa famille à l’abri de la catastrophe. Seule solution : trouver de mystérieux vaisseaux construits en secret pour préserver une partie de l’humanité, tandis que le monde autour d’eux s’effondre littéralement

Bon, pas la peine d’en faire un mystère : 2012 est un putain de spectacle, un sommet de la destruction comme nous n’en avons jamais vu au cinéma. On l’a dit, Emmerich connaît sur le bout des doigts la recette du film-catastrophe et, parmi les ingrédients, il sait que l’un des principaux est la surenchère, une démesure biblique qu’il filme mieux que personne. Et ici, disons-le franchement, il dépasse de très loin tout ce qu’il a pu faire avant. Sa péloche est donc riche en séquences foutrement impressionnantes, d’une ampleur à couper le souffle, et servies par de splendides images de synthèse au niveau de détails exemplaire. La fuite de Los Angeles en plusieurs étapes, l’explosion volcanico-nucléaire du parc Yellowstone face à un Woody Harrelson survolté, un raz-de-marée haut de plus d’une borne,… les occasions d’en prendre plein la tronche et les yeux ne manquent pas, surtout que l’intrigue sait ménager une grande variété de catastrophes. Sur un plan purement spectaculaire, le nouvel Emmerich est donc une réussite incontestable.

Mais s’il sait jouer sur certaines règles du genre pour rehausser sa sauce, le réalisateur/scénariste se contente aussi d’en respecter d’autres à la lettre et pas les meilleures, loin de là. Le film-catastrophe est un genre cinématographique plein de lourdeurs, pataud comme un éléphant sous prozac, et Emmerich, malgré toutes ses qualités, n’a jamais vraiment cherché à travailler là-dessus. On a toujours droit à la présentation lénifiante des protagonistes, l’exacerbation d’une philosophie parfois douteuse, la bonne morale finale, en gros tout ce qui fait que les films-catastrophe se ressemblent un peu tous. Bon, il faut avouer que le scénario ne tombe pas dans des erreurs aussi grossières que dans Le Jour d’après (rappelez-vous la dame voulant récupérer son sac alors qu’une vague géante déboule ou sa propension au lacrymale) et que la présentation des personnages est plutôt réussie, dynamisée par de nombreux signes annonciateurs du chaos futur, mais il n’empêche que l’ensemble reste trop convenu pour se démarquer du lot commun de cette école.

Heureusement donc que 2012 assure incroyablement le spectacle car, sans cela, il n’y aurait pas grand chose à sauver de ce nouveau blockbuster emmerichien. Toutefois, on notera là encore tout le talent du teuton qui, bien que possédant un script on ne peut plus faible, parvient à nous passionner deux heures et demi durant de par son goût pour la (très) grosse casse. Hé oui, ce n’est pas donné à tout le monde, et voilà comment on accouche d’un des meilleurs films-catastrophe jamais vu, un modèle du genre. Le problème étant aussi qu’il n’est rien de plus.

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3 Réponses à “2012”

  1. mabataille dit :

    On va aller vérifier si tu racontes pas que des conneries par nous mêmes :p

  2. pitouwh dit :

    Très bonne initiative ! Et se rendre dans une salle obscure est indispensable pour profiter au mieux de ce film, évidemment.

  3. mabataille dit :

    Vu dans une grande grande salle, ça le fait bien.
    L’histoire est pas si sotte que ça finalement, même si les grosses ficelles du genre sont toutes bien présentes, il n’en reste pas moins que le film secoue violemment en enchainant des scènes d’action époustouflantes.
    Il remplie parfaitement son rôle de film catastrophe quoi.

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