L’Assistant du vampire

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Si, pour leurs premiers pas en tant que réalisateurs, les frangins Weitz ont oeuvré de concert dans la comédie pour teenagers (American Pie) puis la comédie tout court (Pour un garçon), Chris est parti ensuite pour des horizons plus magiques, cédant aux sirènes de la fantasy pour kids avec A la croisée des mondes : La Boussole d’or. Ne pouvant s’en laisser démontrer par son petit frère, Paul a alors cherché son blockbuster adapté d’un roman à succès et, quelques années après, le voici qui arrive avec L’Assistant du vampire. Le premier volume ciné de la saga Cirque du Freak d’après Darren Shan (Darren O’Shaughnessy de son vrai nom), une sorte de Harry Potter au pays des suceurs de sang et autres monstres de foire. Toujours de la magie, donc, mais de la magie noire cette fois.

Adolescent sans histoires, Darren accompagne un soir son ami Sean à un spectacle de monstres, le Cirque du Freak. Mais s’il a l’habitude de toujours réfléchir avant d’agir, Darren va ce coup-ci se montrer plus impulsif et mettre en danger la vie de son copain. Pour le sauver, il accepte alors la proposition du vampire Larten Crepsley : devenir son assistant et, par le fait, abandonner son existence humaine. Mais tandis qu’il découvre cet univers étrange et fascinant, il va aussi prendre conscience de la lutte intestine qui le ronge et dans laquelle il aura un rôle à jouer

C’est indéniable, la trame de L’Assistant du vampire partage nombre de points communs avec les écrits de J.K. Rowling. Mais là où nous faisions la rencontre du sorcier à lunettes encore jeune, induisant dans ses premières aventures un ton axé sur l’émerveillement, les héros de Cirque du Freak sont eux déjà des adolescents. Une différence primordiale car si le film de Paul Weitz commence comme une teenage-comedy plutôt balourde, dès l’irruption du fantastique nous entrons dans un univers merveilleux à sa façon, il est vrai, mais aussi foncièrement plus sombre, plus adulte. Il est ainsi amusant de remarquer que là où un Hagrid à la bonhommie de gros nounours servait de guide dans Harry Potter, c’est là aussi un géant qui introduit les héros au monde « magique », le spectacle de monstres, mais cette fois en bien plus perturbant. Que ce soit dans la façon de les mettre en opposition par le cadrage ou, plus efficace encore, grâce à l’étrange crâne bombé dont est affublé Ken Watanabe. D’ailleurs les maquillages et autres CGI des créatures participent grandement de la touche horrifique du film, à laquelle nous sommes donc confrontés très tôt par le biais d’un spectacle de monstres bien barré, comme organisé par le Tim Burton plaisantin de Beetlejuice. Ceci dit, en tant que franchise destinée à être déclinée en plusieurs épisodes, L’Assistant du vampire ne peut se contenter de la comédie fantastique et développe très vite une intrigue plus large, avec une guerre entre vampires qui se prépare et mettra à l’épreuve l’amitié de Darren et Sean. Pas très original mais toujours efficace, cet aspect de l’intrigue est en plus encore assombri par la présence d’inquiétants personnages comme la brute Murlaugh (Ryan Stevenson) et son maître, un Mr. Tiny dont il nous tarde d’en découvrir plus.

Et ce sera bien là justement le problème du long-métrage qui, en moins de deux heures, peine sérieusement à faire tenir les trois premiers livres de Cirque du Freak. Passons encore sur les transitions parfois trop abruptes entre les scènes mais difficile de faire l’impasse sur toutes les zones d’ombre du scénario, tous ces éléments qu’il ne fait qu’évoquer ou utiliser à peine. Nous savons bien sûr que c’est en vue de préparer les futurs épisodes, nous y sommes désormais habitués, néanmoins cela ne change rien à l’affaire : on ressentira une grande frustration dans la manière qu’a le film de survoler les ramifications de son intrigue ou une étonnante et conséquente galerie de seconds rôles. Pire, à trop vouloir en faire tenir sur une si courte durée, l’apprentissage du héros par Crepsley (John C. Reilly, toujours aussi royal) est réduit à peau-de-chagrin, tuant dans l’oeuf la relation maître/élève qui aurait pourtant pu cimenter l’ensemble. Une fausse note heureusement contrebalancée par un visuel des plus soignés, gardant sans cesse intact notre intérêt grâce à une réutilisation ludique des codes du genre, agrémentés en plus de scènes d’action plutôt brutales dès lors qu’elles ne cherchent pas à retranscrire la « super-vitesse » des vampires.

Malgré donc la présence pas franchement rassurante de Paul Weitz aux commandes, L’Assistant du vampire assure joliment le spectacle en se proposant comme une sorte de Harry Potter au pays de Barnum, plus sombre et franc du collier que les aventures du sorcier. On plonge avec bonheur dans cet univers forain riche en monstres, idées et possibilités narratives même si, au bout du compte, subsistera cette sensation d’avoir assisté à une introduction qui pu être davantage développée. Pas de quoi refuser le voyage, mais la suite a alors intérêt à venir au plus vite pour combler les manques !

Sortie le 02 décembre 2009.

(Retrouvez cette critique sur dvdrama.com)

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