Transformers 2 : la Revanche

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On le sait, Michael Bay ne fait pas dans la finesse lorsqu’il s’agit de tourner un film, choisissant toujours d’illustrer des histoires pleines d’action, de grosses blagues et de bonne morale américaine (la glorification de l’armée est une constante chez lui). Roi du blockbuster estival, nous avions néanmoins dénoté chez lui une autre facette, bien plus subversive et délirante, avec Bad Boys 2. La première suite qu’il ait mis en images et, déjà, on sentait que cet exercice signifie pour lui de se lâcher complètement, sur tous les plans, quitte à abandonner tout bon goût. Alors, Bay a-t-il suivi la même voie avec ses robots à plusieurs centaines de millions de dollars ?

Deux ans après que les Transformers soient arrivés sur notre planète, les Autobots travaillent aujourd’hui de concert avec l’armée américaine pour traquer les derniers Decepticons. Sam, de son côté, s’apprête à faire ses premiers pas à la fac non sans une certaine appréhension. Mais il n’aura pas le temps de s’y faire car, très vite, son contact avec un fragment restant du All Spark va implanter dans sa mémoire la carte vers une force abandonnée sur Terre il y a des milliers d’années par le démoniaque Fallen. Recherché par des Decepticons de plus en plus nombreux, Sam n’aura d’autre choix que de prendre part à la guerre qui va se déchaîner

Disons-le tout de go, Transformers 2 : la revanche prouve sans contestation possible que Michael Bay aime à profiter des suites pour péter un plomb. D’ailleurs, il sera ainsi étonnant de voir comment nombre de scènes de Bad Boys 2 trouvent un écho dans ce nouveau film, qui les reprend presque telles quelles en les rendant néanmoins plus « familiales ». Pas de rats en position du missionnaire ici mais deux chiens sodomites, le trip involontaire de Marcus remplacé par celui de la mère de Sam,… Les parallèles sont nombreux, mais le réalisateur et ses scénaristes ne se contentent pas pour autant de décalquer l’actioner barré et vont aller encore plus loin dans le délire, sans soucis de cohérence ou de rigueur. Ce sera bien sûr moins transgressif et vulgaire (quoique, on a quand même droit à un plan sur les testicules du Devastator), mais on ne peut malgré tout que rester bouche-bée devant le caractère foisonnant du film. C’est vrai, ce n’est pas tous les jours que l’on nous propose une nouvelle idée par scène ou presque, même si certaines d’entre elles conduisent vers des horizons limites hors-sujet (l’horreur, le slapstick,…) ou des clins d’oeil surprenants (Gremlins).

Et puis bien sûr il y a les robots, amenés à la vie par le travail absolument grandiose des artistes de ILM qui surpassent là le premier film dans les grandes largeurs. La rumeur avait couru que les CGI du film avaient explosé le record en matière de quantité d’informations et à constater l’hallucinant niveau de détails atteint dans les scènes de destruction, on comprend qu’il ne s’agit pas là de paroles en l’air. D’autant que Bay et ses scénaristes ne sont pas radins en scènes remuantes et, en bon entertainers qui se respectent, ils livrent quantité de scènes dont la démesure dépasse à peu près à chaque fois le climax de Transformers.

Alors, Bay est-il enfin arrivé à nous livrer le film de robots géants que nous attendions après la déception du premier ? Vous vous rappelez, avec ses combats illisibles où l’on ne savait jamais qui était le gentil, qui était le méchant ? Vous ne vous souvenez pas ? Hé bien alors cette suite devrait parfaitement faire office de piqûre de rappel tant l’on a parfois du mal à discerner ce qui se passe à l’écran. Michael Bay a ainsi beau avoir fait quelques efforts pour poser un peu sa caméra, il n’en a pas pour autant investi dans un trépied, mais le pire est que ce problème de vision est aussi dû en grande partie à l’extrême qualité des effets spéciaux, qui en augmentant encore le ratio de détails nous offrent des images trop chargées pour que le pauvre oeil humain puisse totalement comprendre ce qu’il a devant lui. Ou plutôt on comprend ce qui se passe mais, en ne pouvant que trop rarement distinguer les machines dans ces moments, la force de leur affrontement s’en retrouve assez amoindri.

Un péché dû à un trop-plein comme sait si bien le faire Bay, et qui se répercutera qui plus est dans un scénario pas toujours très bien lié. Bien que le film soit donc déjà relativement long avec ses 2h30 (sans qu’on s’ennuie pour autant, et pour cause), on sent malgré tout en plusieurs occasions d’énormes raccourcis dans l’intrigue, d’autant plus notables qu’ils s’accompagnent très souvent de problèmes de montage comme des faux-raccords. En dépit alors d’une introduction plutôt prometteuse, jamais l’histoire ne se révélera passionnante (ouah, Sam devient un adulte !) et ne servira qu’à nous mener d’une scène d’action à l’autre. Comme d’hab, quoi, mais en pire !

S’il se montrera donc plus divertissant dans l’ensemble que le premier film (malgré un scénario très faible, cette suite ne l’alourdit néanmoins pas en le scindant en deux comme le précédent), Transformers 2 : la revanche ne pourra non plus prétendre à satisfaire toutes nos attentes tant il peine à mettre en valeur de façon définitive ses robots. Pourtant, avec un tel budget il y avait de quoi faire, mais Michael Bay continue de montrer tout le peu d’intérêt qu’il a pour ces machines, exécutant un boulot de mercenaire heureusement dynamité un brin par son côté frondeur et une approche plus « subversive ». Pas tout à fait Bad Boys 2 avec des robots, comme nous l’espérions, mais un blockbuster moyen qui gagne pourtant à être vu pour son sens du spectaculaire à vous faire péter le cortex.

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