Coraline

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Plus de quinze ans après avoir donné vie avec brio à la vision de Tim Burton dans L’Etrange Noël de Monsieur Jack, le réalisateur Henry Selick revient enfin pour de bon à la technique du stop-motion avec Coraline, adaptation du roman éponyme de Neil Gaiman. Et si certains continueront de débattre en vain quant à la ressemblance entre les univers visuels de Selick et du génie de Burbank (un problème qui poursuit malheureusement encore et toujours le réalisateur, poussant les gens à ne pas voir ses qualités propres), les autres célébreront au contraire l’éclatante réussite visuelle d’un film d’animation bien plus adulte qu’il pourrait y paraître. Alors, serait-ce le film de la consécration pour Selick ? Pas sûr…

Coraline est une jeune fille insatisfaite et curieuse, un peu trop même. Quand elle s’installe ainsi avec sa famille dans une nouvelle maison, elle découvre une petite porte secrète qu’elle s’empresse d’emprunter et trouve de l’autre côté une version alternative de son existence. Un monde merveilleux, où tout ce qui n’allait pas avant est corrigé. Mais quand cet univers prend une tournure bien plus sombre, avec ses « parents du monde parallèle » qui veulent la garder pour toujours, Coraline devra alors user de toute sa détermination et son intelligence pour rejoindre son monde et sauver ses véritables parents

Parce que ça fait déjà plaisir de voir un film d’animation en stop-motion, preuve que l’image de synthèse n’est pas devenue un modèle exclusif, Coraline constitue donc par essence une expérience attrayante pour le regard. D’autant que, dans cette histoire de Neil Gaiman à la Alice au pays des merveilles, Selick trouve un creuset parfait pour établir son univers visuel. Enfantin et merveilleux mais aussi torturé et effrayant (on baigne souvent dans l’horreur pure, et certains spectateurs les plus jeunes risquent d’en sortir avec quelques sains cauchemars), un habile mélange servi par une habilité technique exemplaire, rehaussée ce qu’il faut de discrets CGI. Seul regret : si la réalisation de Selick remplit parfaitement sa fonction de créer un conte de fée sur pellicule, on ressent bien cependant que la production du film a été entamée il y a plusieurs années et sans être pensée pour la projection 3D. Une fois n’est pas coutume, donc, ce ne sera pas si grave si vous n’avez pas l’occasion de le découvrir en relief (et en plus, vous économiserez 3 euros… les enculés…).

Mais si le film est une merveille visuelle et possède une intrigue à la fois passionnante et mature (on parle quand même d’un bouquin de Neil Gaiman, là), il faut en revanche reconnaître qu’il manque d’un je-ne-sais-quoi dans sa structure narrative pour réellement nous y impliquer. Cela tient peut-être à une exposition du personnage principal un peu brusque, ou au fait que le réalisateur/scénariste compte trop sur la forme plutôt bien connue de son intrigue pour fonctionner, mais il reste que se font sentir des lacunes sur ce point qui empêchent le long-métrage de se développer comme il le devrait. Dommage, car il possède une galerie de personnages excellente (Pas-de-bol a vraiment un look excellent) et nombre de scènes fabuleuses, riches en inventions visuelles et trouvailles scénaristiques auxquelles ne manquaient alors plus qu’un scénario plus solide.

Si Henry Selick continue donc de prouver qu’il est un véritable réalisateur avec Coraline, il démontre en revanche ses faiblesses en tant que scénariste en ne parvenant à adapter efficacement le roman de Gaiman. Un regret à mettre sur le compte de nos attentes envers ce film, duquel nous espérions beaucoup, mais il faut malgré tout s’incliner devant l’éclatante réussite esthétique de ce sombre conte de fées pour les petits et grands enfants.

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Une Réponse à “Coraline”

  1. karine dit :

    hé bien moi je vais faire un commentaire pour rendre un hommage à un chien que j ai adoré et qui me manque!
    Tooms nous a quitté le 14 juin au matin et je pense que si il s était retrouvé dans le film comme compagnon de caroline NON!!! Coraline l histoire n aurait manqué de rien!
    lui aussi est dans un univers parallèle mais plutôt du côté des étoiles!
    c’est tout ce que j avais à dire à ce propos.

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