Archive pour juin, 2009

Transformers 2 : la Revanche

28 juin, 2009

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On le sait, Michael Bay ne fait pas dans la finesse lorsqu’il s’agit de tourner un film, choisissant toujours d’illustrer des histoires pleines d’action, de grosses blagues et de bonne morale américaine (la glorification de l’armée est une constante chez lui). Roi du blockbuster estival, nous avions néanmoins dénoté chez lui une autre facette, bien plus subversive et délirante, avec Bad Boys 2. La première suite qu’il ait mis en images et, déjà, on sentait que cet exercice signifie pour lui de se lâcher complètement, sur tous les plans, quitte à abandonner tout bon goût. Alors, Bay a-t-il suivi la même voie avec ses robots à plusieurs centaines de millions de dollars ?

Deux ans après que les Transformers soient arrivés sur notre planète, les Autobots travaillent aujourd’hui de concert avec l’armée américaine pour traquer les derniers Decepticons. Sam, de son côté, s’apprête à faire ses premiers pas à la fac non sans une certaine appréhension. Mais il n’aura pas le temps de s’y faire car, très vite, son contact avec un fragment restant du All Spark va implanter dans sa mémoire la carte vers une force abandonnée sur Terre il y a des milliers d’années par le démoniaque Fallen. Recherché par des Decepticons de plus en plus nombreux, Sam n’aura d’autre choix que de prendre part à la guerre qui va se déchaîner

Disons-le tout de go, Transformers 2 : la revanche prouve sans contestation possible que Michael Bay aime à profiter des suites pour péter un plomb. D’ailleurs, il sera ainsi étonnant de voir comment nombre de scènes de Bad Boys 2 trouvent un écho dans ce nouveau film, qui les reprend presque telles quelles en les rendant néanmoins plus « familiales ». Pas de rats en position du missionnaire ici mais deux chiens sodomites, le trip involontaire de Marcus remplacé par celui de la mère de Sam,… Les parallèles sont nombreux, mais le réalisateur et ses scénaristes ne se contentent pas pour autant de décalquer l’actioner barré et vont aller encore plus loin dans le délire, sans soucis de cohérence ou de rigueur. Ce sera bien sûr moins transgressif et vulgaire (quoique, on a quand même droit à un plan sur les testicules du Devastator), mais on ne peut malgré tout que rester bouche-bée devant le caractère foisonnant du film. C’est vrai, ce n’est pas tous les jours que l’on nous propose une nouvelle idée par scène ou presque, même si certaines d’entre elles conduisent vers des horizons limites hors-sujet (l’horreur, le slapstick,…) ou des clins d’oeil surprenants (Gremlins).

Et puis bien sûr il y a les robots, amenés à la vie par le travail absolument grandiose des artistes de ILM qui surpassent là le premier film dans les grandes largeurs. La rumeur avait couru que les CGI du film avaient explosé le record en matière de quantité d’informations et à constater l’hallucinant niveau de détails atteint dans les scènes de destruction, on comprend qu’il ne s’agit pas là de paroles en l’air. D’autant que Bay et ses scénaristes ne sont pas radins en scènes remuantes et, en bon entertainers qui se respectent, ils livrent quantité de scènes dont la démesure dépasse à peu près à chaque fois le climax de Transformers.

Alors, Bay est-il enfin arrivé à nous livrer le film de robots géants que nous attendions après la déception du premier ? Vous vous rappelez, avec ses combats illisibles où l’on ne savait jamais qui était le gentil, qui était le méchant ? Vous ne vous souvenez pas ? Hé bien alors cette suite devrait parfaitement faire office de piqûre de rappel tant l’on a parfois du mal à discerner ce qui se passe à l’écran. Michael Bay a ainsi beau avoir fait quelques efforts pour poser un peu sa caméra, il n’en a pas pour autant investi dans un trépied, mais le pire est que ce problème de vision est aussi dû en grande partie à l’extrême qualité des effets spéciaux, qui en augmentant encore le ratio de détails nous offrent des images trop chargées pour que le pauvre oeil humain puisse totalement comprendre ce qu’il a devant lui. Ou plutôt on comprend ce qui se passe mais, en ne pouvant que trop rarement distinguer les machines dans ces moments, la force de leur affrontement s’en retrouve assez amoindri.

Un péché dû à un trop-plein comme sait si bien le faire Bay, et qui se répercutera qui plus est dans un scénario pas toujours très bien lié. Bien que le film soit donc déjà relativement long avec ses 2h30 (sans qu’on s’ennuie pour autant, et pour cause), on sent malgré tout en plusieurs occasions d’énormes raccourcis dans l’intrigue, d’autant plus notables qu’ils s’accompagnent très souvent de problèmes de montage comme des faux-raccords. En dépit alors d’une introduction plutôt prometteuse, jamais l’histoire ne se révélera passionnante (ouah, Sam devient un adulte !) et ne servira qu’à nous mener d’une scène d’action à l’autre. Comme d’hab, quoi, mais en pire !

S’il se montrera donc plus divertissant dans l’ensemble que le premier film (malgré un scénario très faible, cette suite ne l’alourdit néanmoins pas en le scindant en deux comme le précédent), Transformers 2 : la revanche ne pourra non plus prétendre à satisfaire toutes nos attentes tant il peine à mettre en valeur de façon définitive ses robots. Pourtant, avec un tel budget il y avait de quoi faire, mais Michael Bay continue de montrer tout le peu d’intérêt qu’il a pour ces machines, exécutant un boulot de mercenaire heureusement dynamité un brin par son côté frondeur et une approche plus « subversive ». Pas tout à fait Bad Boys 2 avec des robots, comme nous l’espérions, mais un blockbuster moyen qui gagne pourtant à être vu pour son sens du spectaculaire à vous faire péter le cortex.

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Blood – the Last vampire

20 juin, 2009

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Avec la sortie un peu plus tôt cette année de Dragonball Evolution, nous avions eu un exemple flagrant d’adaptation de manga complètement foirée et, plus simplement, d’un très mauvais film sur tous les points par dessus le marché. Il faut dire que le matériau à transposer en long-métrage live était on ne peut plus compliqué, de l’univers visuel bien particulier de Toriyama à l’ampleur des différents arcs narratifs, sans compter tous les délires que nous avions pu nous faire depuis le temps que nous en rêvions. Et c’est là où nous en venons à Blood – the Last vampire, qui en matière d’adaptation est l’exact opposé de DBZ : un anime culte de même, donc grosse attente des fans, mais qui ne s’étalait que sur 45 minutes trop courtes et, surtout, se déroulait dans un cadre réaliste malgré ses éléments fantastiques. Autant dire que le passage en film live aurait alors dû se faire les doigts dans le nez, en se proposant simplement comme une extension intelligente de l’original. C’est trop demander ? Hé bah oui, faut croire…

Depuis des centaines d’années, Saya, mi-humaine mi-vampire, chasse les démons qui parcourent la surface du monde en revêtant une apparence humaine. Cette traque des suceurs de sangs n’a en fait qu’un but : atteindre leur chef, Onigen, qui a tué il y a longtemps de cela son père. Aidée dans sa mission par une mystérieuse organisation, elle est ainsi guidée à l’orée des années 70 vers une base américaine installée au Japon et où de nombreux meurtres sanglants se sont produits dernièrement. Infiltrée dans le lycée de la base, elle va tenter de remonter la piste jusqu’au monstre qui serait derrière tout ça… le duel final approche

Alors avant toutes choses, rappelons que les producteurs de ce film -bien qu’étant majoritairement d’origine asiatique- ont fait appel pour le poste de réalisateur à Chris Nahon, petit frenchy s’émancipant ici de l’influence de Luc Besson. Un choix surprenant, d’autant que Hong Kong ou le Japon ne manquent pas de talents, mais après tout pourquoi pas ? C’est vrai, il n’a jamais reçu beaucoup de considérations pour son boulot et, il faut l’avouer, L’Empire des loups était une véritable plaie, mais Le Baiser mortel du dragon comportait quand même quelques scènes très sympa et plutôt bien fichues. L’optimisme en bandoulière, on s’installe donc devant le film, enhardi par une promo riche en images attrayantes. Et sur ce point, pas de problème : Nahon et son équipe ont fait du sacré bon boulot en délivrant quantité de magnifiques plans aux ambiances ultra-travaillées, dont les « excès » retranscrivent assez bien l’idée de manga-live. Une direction artistique excellente et qui en met plein les yeux, donc, mais qu’en est-il du reste ? Tout le reste ?

Dès la première scène, on comprend ainsi l’ampleur du plantage : reprenant celle de l’anime avec Saya opérant dans le métro, on se dit d’abord que c’est plutôt joli, qu’il y a des propositions esthétiques intéressantes et tout le toutim, et lorsque commence l’action se fait alors sentir tout le néant de la réalisation. Certes, Nahon fait de la belle image, mais son travail se limite à celui d’un clippeur doué, incapable dans le cas présent d’insuffler la moindre saveur à son long-métrage. Il faut dire aussi qu’il n’est pas aidé par un scénario tout bonnement honteux, ne proposant rien d’intéressant en supplément de l’anime et prévisible à un point que ça en devient presque vexant (et quand dans les dernières secondes il y a enfin un truc surprenant, c’est pour livrer une conclusion aussi obscure que lénifiante). Vous auriez ainsi aimé en découvrir un peu plus sur Saya, la voir mise au coeur d’un récit tragico-épique où sa nature conflictuelle serait un formidable moteur narratif ? Hé bah non, sorry, mais il est bien connu que le public occidental caucasien ne peut s’identifier à un héros n’ayant pas la même couleur de peau que lui et, alors, a été intégrée à l’histoire une exaspérante fille de général américain. Qui, loin de faire efficacement ressortir le côté humain de Saya en raison d’une relation artificielle, va en plus conséquemment alourdir le récit avec les scènes qui lui sont allouées. Histoire d’enfoncer le pieu toujours plus profond.

Après, certains d’entre nous pourraient penser (et ils auraient raison) que ce n’est pas si grave finalement un mauvais scénario, et que le film peut se rattraper par exemple avec des scènes d’actions chiadées. Le Baiser mortel du dragon ne valait justement que pour ça, rien de plus, mais là où la péloche avec Jet Li savait ménager quelques combats véritablement cool, bien chorégraphiés et mis en images (le duel contre les jumeaux, énorme), Chris Nahon officie cette fois dans la bouillie insipide ! Si ce n’est donc le duel en flashback de maître Kato (le tuteur de Saya dans ses premières années) contre une flopée de ninjas vampires, aucune autre des scènes d’action ne parviendra à éveiller le moindre intérêt chez le spectateur, plongé qu’il sera dans ses réflexions pour comprendre ce qui se passe à l’image. Un gros bordel dû alors à cette manie actuelle du montage ultra-cut en plan serré, mais aussi à des CGI accusant un mauvais goût et un manque de savoir-faire évidents. Nous passerons donc très rapidement sur les créatures hideuses (dans le mauvais sens du terme) et grotesques pour soulever un point plus intéressant, soit cette volonté évidente d’offrir au film les débordements sanglants de l’original. Noble intention, mais voilà : ici, les geysers de sang sont réalisés avec des images de synthèse faisant paraître le jus de raisin comme de la gelée en apesanteur ! On essaye alors bien à un moment de faire dire à la fille de général que le sang des vampires n’est pas comme le nôtre, mais il se trouve qu’il a le même rendu ridicule lorsque ce sont des humains qui sont tués. Alors, lacune technique ? Choix artistique pour éviter la censure ?

Ou bien juste une nouvelle preuve du caractère dégénéré et pathétique de cette adaptation ?

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L’Age de glace 3 – le Temps des dinosaures

16 juin, 2009

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L’été arrive et, comme de bien entendu, c’est un nouvel Age de glace qui se profile à l’horizon ! Après deux épisodes plébiscités par le public, la licence-phare de la branche animation de la Fox nous revient donc avec un troisième volet riche en promesses, de celles de voir par exemple nos héros poilus se confronter à l’âge où ils doivent fonder leur propre famille. Mais aussi, et c’est là tout l’intérêt, de les voir plonger dans leur plus grande aventure à ce jour, se permettant quelques libertés bienvenues avec l’arrivée de dinosaures et d’un « Monde Perdu ». Ere glaciaire contre ère jurassique, préparez-vous alors au choc !

On a beau être à l’ère glaciaire, le feu de la passion brûle entre Manny et Ellie qui attendent leur premier petit mammouth alors que Scrat rencontre une jolie écureuil, laquelle pourrait peut-être bien lui faire oublier son obsession des glands. Diego, lui, se demande s’il ne s’est pas trop ramolli à traîner avec ses amis tandis que le paresseux Sid, toujours aussi prompt à créer des catastrophes, vient d’en faire une belle en récupérant des oeufs dans une grotte. Car ceux-ci appartiennent en fait à une maman tyrannosaure qui aura tôt de fait de récupérer sa progéniture, emportant avec elle le paresseux. La bande va alors partir à la rescousse de Sid et découvrir l’existence d’un monde perdu dans les entrailles de la terre, peuplé de dinosaures et de plantes carnivores. Aidés par Buck, une belette borgne et chasseuse de sauriens, ils affrontent leur plus grande aventure

La première chose primordiale lorsque l’on entame un numéro 3 et au-delà, c’est d’être bien sûr que l’on parviendra une nouvelle fois à donner vie aux personnages que le public a aimé, et cela de façon à ce qu’ils nous soient immédiatement reconnaissables (pas seulement sur l’apparence). Mais on ne peut non plus se limiter à répéter ce qui a déjà été fait et, dans ce but, les faire évoluer quelque peu se révèle toujours porteur. Ainsi, après avoir découvert les joies de l’amitié puis de l’amour, c’est désormais la question familiale qui potine nos héros. Une thématique qui ne sera pas sans aller bien sûr avec certaines lourdeurs -typiques des produits issus des grands studios américain- mais sur lesquelles nous passerons malgré tout car, si la famille est bien le moteur de ce nouveau film, on a déjà vu bien plus larmoyant et bien-pensant dans le genre. D’autant que ça ne manque pas d’arguments à côté de cela.

Parce que c’est bien joli, la famille, mais rappelons que nous sommes surtout ici pour l’aventure tant annoncée et qui est la grande nouveauté de cet opus ! Non pas que les précédents films de la série manquaient de péripéties, loin de là même, mais c’est bien la première fois que Manny et compagnie affronteront un réel dépaysement, une plongée dans un univers qui leur est totalement inconnu. Une différence notable changeant la démarche du film mais aussi, cela va de soi, le visuel de son univers, ce qui a nécessite de la part des artistes et animateurs de Blue Sky Studios qu’ils redoublent d’efforts. Jungle luxuriante, lumières magnifiques, l’image de synthèse est un outil qui ne cesse décidément de nous surprendre à chaque fois, dès lors qu’on y met les moyens. Et le talent car, en plus du haut niveau de maîtrise des animateurs de Blue Sky, il faut noter l’arrivée d’un nouveau personnage tout bonnement excellent, Buck, joué en V.O. par Simon Pegg. Parfaitement dans cet esprit d’aventure, la belette borgne profite ainsi des meilleures attention de la part des scénaristes et du réalisateur, qui lui réservent les moments les plus marquants du film. Préparez-vous alors à halluciner devant ce chasseur de dinosaures évoquant un capitaine Achab siphonné, et tout spécialement devant une scène de flashback absolument grandiose (la projection en 3D risque d’être sacrément impressionnante).

« Mais est-ce qu’on rigole devant ? », vous demandez-vous. Bien sûr, oui. Quiconque a apprécié l’humour des précédents films devrait là encore trouver son compte, d’autant plus avec l’arrivée de Buck (il faut vraiment qu’ils fassent un spin-off avec ce personnage !). Mais il faut reconnaître cependant que, pour plonger plus avant dans l’aventure et l’action, la comédie a été un peu sacrifiée et se montrera alors moins prégnante qu’auparavant. D’autant que l’on continue de faire s’entrelacer l’aventure principale avec celle de Scrat, l’écureuil fan de gland qui trouve ici (peut-être ?) l’amour. Ses interventions restent donc très drôles en elles-mêmes, toujours aussi joliment inspirées par le cartoon classique grâce au talent de Carlos Saldanha en la matière, mais elles continuent également de casser le rythme, symptomatiques de cette difficulté à faire la part des choses.

S’il ne peut donc prétendre au niveau d’excellence de ses plus gros concurrents animés, L’Age de glace 3 – le Temps des dinosaures n’en constitue pas moins un chouette film d’aventure, apte à divertir plus qu’agréablement petits et grands. Qu’est ce que vous voulez de plus ? Un coca et du popcorn ? Bah ça, c’est pas moi avec moi qu’il faut voir…

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Coraline

11 juin, 2009

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Plus de quinze ans après avoir donné vie avec brio à la vision de Tim Burton dans L’Etrange Noël de Monsieur Jack, le réalisateur Henry Selick revient enfin pour de bon à la technique du stop-motion avec Coraline, adaptation du roman éponyme de Neil Gaiman. Et si certains continueront de débattre en vain quant à la ressemblance entre les univers visuels de Selick et du génie de Burbank (un problème qui poursuit malheureusement encore et toujours le réalisateur, poussant les gens à ne pas voir ses qualités propres), les autres célébreront au contraire l’éclatante réussite visuelle d’un film d’animation bien plus adulte qu’il pourrait y paraître. Alors, serait-ce le film de la consécration pour Selick ? Pas sûr…

Coraline est une jeune fille insatisfaite et curieuse, un peu trop même. Quand elle s’installe ainsi avec sa famille dans une nouvelle maison, elle découvre une petite porte secrète qu’elle s’empresse d’emprunter et trouve de l’autre côté une version alternative de son existence. Un monde merveilleux, où tout ce qui n’allait pas avant est corrigé. Mais quand cet univers prend une tournure bien plus sombre, avec ses « parents du monde parallèle » qui veulent la garder pour toujours, Coraline devra alors user de toute sa détermination et son intelligence pour rejoindre son monde et sauver ses véritables parents

Parce que ça fait déjà plaisir de voir un film d’animation en stop-motion, preuve que l’image de synthèse n’est pas devenue un modèle exclusif, Coraline constitue donc par essence une expérience attrayante pour le regard. D’autant que, dans cette histoire de Neil Gaiman à la Alice au pays des merveilles, Selick trouve un creuset parfait pour établir son univers visuel. Enfantin et merveilleux mais aussi torturé et effrayant (on baigne souvent dans l’horreur pure, et certains spectateurs les plus jeunes risquent d’en sortir avec quelques sains cauchemars), un habile mélange servi par une habilité technique exemplaire, rehaussée ce qu’il faut de discrets CGI. Seul regret : si la réalisation de Selick remplit parfaitement sa fonction de créer un conte de fée sur pellicule, on ressent bien cependant que la production du film a été entamée il y a plusieurs années et sans être pensée pour la projection 3D. Une fois n’est pas coutume, donc, ce ne sera pas si grave si vous n’avez pas l’occasion de le découvrir en relief (et en plus, vous économiserez 3 euros… les enculés…).

Mais si le film est une merveille visuelle et possède une intrigue à la fois passionnante et mature (on parle quand même d’un bouquin de Neil Gaiman, là), il faut en revanche reconnaître qu’il manque d’un je-ne-sais-quoi dans sa structure narrative pour réellement nous y impliquer. Cela tient peut-être à une exposition du personnage principal un peu brusque, ou au fait que le réalisateur/scénariste compte trop sur la forme plutôt bien connue de son intrigue pour fonctionner, mais il reste que se font sentir des lacunes sur ce point qui empêchent le long-métrage de se développer comme il le devrait. Dommage, car il possède une galerie de personnages excellente (Pas-de-bol a vraiment un look excellent) et nombre de scènes fabuleuses, riches en inventions visuelles et trouvailles scénaristiques auxquelles ne manquaient alors plus qu’un scénario plus solide.

Si Henry Selick continue donc de prouver qu’il est un véritable réalisateur avec Coraline, il démontre en revanche ses faiblesses en tant que scénariste en ne parvenant à adapter efficacement le roman de Gaiman. Un regret à mettre sur le compte de nos attentes envers ce film, duquel nous espérions beaucoup, mais il faut malgré tout s’incliner devant l’éclatante réussite esthétique de ce sombre conte de fées pour les petits et grands enfants.

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