Dragonball Evolution

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Cela faisait très, très longtemps que nous l’attendions, que nous en parlions, réagissant à la moindre rumeur entourant le projet de porter à l’écran une oeuvre aussi culte que Dragon Ball. Et puis, quand le projet fut officiellement mis en chantier et que les premières informations nous parvinrent, notre curiosité hardie tourna bien vite à la déconfiture, ensevelie sous des annonces de casting peu entraînantes que vinrent encore alourdir considérablement des images d’une laideur sans nom, à mille lieux de l’univers créé par Akira Toriyama. Pourtant, nous aurions pu nous douter que cela se passerait ainsi, qu’une oeuvre comme le manga original ne pouvait être adaptée sans que cela devienne une véritable transformation. En cela, Dragonball Evolution est donc la déception attendue, mais pas seulement. Car en plus d’être une adaptation honteuse, il se trouve que le film peut également se targuer d’être une foirade complète !

Goku vit avec son grand-père Gohan, qui lui enseigne depuis tout petit les secrets des arts martiaux avec la promesse néanmoins de ne jamais s’en servir. Ainsi, le jeune garçon est la risée de son lycée, le souffre-douleur de toutes les brutes du coin, et cela bien qu’il pourrait tous leur mettre une sacrée raclée pour épater la fille de ses rêves, Chichi. Mais le jour où Gohan est tué par Piccolo, un démon revenu d’un exil de 2000 ans et à la recherche des dragon balls pour devenir le maître de l’Univers, Goku n’a d’autre choix que de se lancer dans le plus terrible des combats pour préserver le sort de chacun

Vous rappelez-vous de l’époque où nous nous demandions quelle intrigue du manga allait être choisie pour entamer son pendant cinématographique ? Parce que si pendant longtemps nous avions cru que les choses commenceraient ainsi avec l’intrigue des Sayens, soit l’arrivée de Raditz sur Terre, nous avions été rassurés d’apprendre que le film s’intéresserait plutôt au combat contre Piccolo, élément repris à DB et non DBZ et donc plus logique pour débuter. Nous retrouvons alors dans Dragonball Evolution Goku vivant aux côtés de son grand-père, apprenant les arts martiaux avec lui. Jusqu’ici, tout va bien. Sauf que voilà, le Goku du film n’a en fait strictement rien à voir avec celui du manga et de l’anime, et cela bien au-delà d’un quelconque problème de « ressemblance » physique auquel nous sommes désormais presque habitués. Nous le connaissions ainsi gaffeur, parfois empoté, mais surtout mû par une volonté sans faille et un respect absolu de ses idéaux de courage et de bonté, portrait un peu stéréotypé du gentil que le talent de Toriyama transformait cependant en une incarnation ultime du Héros. D’où notre attachement au personnage et la profonde trace qu’il a laissé dans nos imaginaires. Et que se passe-t-il lorsque ce personnage est revu et corrigé par des gens n’y comprenant absolument rien, ou en tout cas visant un public non familier du matériau original ? Hé bien oui, il est devenu un ado comme il en existe beaucoup, avec des préoccupations et réactions de teenager américain tout droit sorti d’une mauvaise série télé… Et même si l’on pourra toujours arguer que le personnage évoluera dans les séquelles d’ores et déjà prévues, le mal est ici fait et fait sacrément mal à la gueule.

D’autant que nous ressentons un réel détachement généralisé vis à vis de l’univers créé par Toriyama, que ce soit dans sa mythologie ou ses composants visuels. Si les créateurs du film n’ont donc pas même cherché à retranscrire le dépaysement que peut représenter une plongée dans les planches du mangaka, avec ses bâtiments étranges et ses monstres à tous les coins de rues, ils n’en respectent pas plus ce qui constituait le paysage « humain », la galerie de personnages de premier plan. Parce que même si nous nous doutons bien qu’il aurait été difficile de faire apparaître un Krilin sans nez ou un Oloong, ils auraient au moins pu trouver le moyen de placer quelques clins d’oeil, histoire de faire plaisir aux fans ; mais non, même pas. « Fuck les fans et fuck le manga, on prend ce qu’on veut et on fait notre sauce ». Le peu de personnages présents, en plus de Goku, sont donc tous massacrés, policés pour tenir dans une production tout public, le tout jeté dans un script inepte faisant s’enchaîner situations communes et sans intérêt à une cadence de folie, se retirant alors qui plus est la possibilité de toute dramatisation ou développement scénaristique intéressant. Rien que ça, et encore nous ne parlerons pas de la « ressemblance » avec l’intrigue originale.

Mais alors, peut-être que les scènes de combat si fameuses de cet univers viendront sauver la situation ? Après tout, avec un budget avoisinant 100 millions de billets verts et James Wong (The One) aux commandes, épaulé en plus par Stephen Chow (Crazy Kung-Fu) à la production, nous sommes en droit de nous attendre à quelques séquences qui concrétiseraient ce que nous avons longtemps cru impossible, avant que des films comme Stormriders ou Matrix Revolution fassent leur apparition. Las, jamais la moindre scène d’action ne présentera un quelconque intérêt ou semblant de réussite. Nous avions ainsi déjà pu voir que nombre de combats se cantonneraient à du kung fu cablé, choix pathétique de facilité, mais on comprend en fait lorsque l’on voit les essais faits dans une direction plus proche de l’oeuvre originale, ridicules au possible. Même un kaméhaméha se sort ici sans aucune intensité, débarque comme un chien dans un jeu de quilles, c’est dire la hauteur du plantage artistique. On pouvait ainsi reprocher ce que l’on voulait à The One, mais Wong y faisait au moins preuve d’un certain talent pour nous composer de jolis combats, conférant à une iconisation proche des comic-books et sacrément efficace. Il n’en sera alors que plus étonnant de constater que nous ne retrouvons rien de la sorte ici, les scènes de fight étant aussi plates que mal fichues, quand elles ne sont pas tout simplement illisibles (le combat dans l’obscurité contre les « enfants » de Piccolo, que nous ne verrons jamais clairement).

Si vous aviez donc encore une once d’espoir en ce qui concerne ce Dragonball Evolution, vous pouvez la remiser pour de bon au placard tant l’affaire s’avoue à la hauteur de toutes nos pires craintes. Adaptation pathétique, film de studio misérable, Hollywood a de nouveau salopé une oeuvre culte qui n’en demandait pas tant. Relisez plutôt le manga et épargnez-vous alors cette souffrance sur pellicule, c’est le meilleur conseil que l’on puisse vous donner !

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2 Réponses à “Dragonball Evolution”

  1. mabataille dit :

    Cool, ça donne envie ! C’est quand même vachement bien truqué : on dirait vraiment Ron Howard jeune.
    Par contre je vois pas Fonzie sur les photos… une adaptation de Happy Days sans Fonzie ça craint un peu mdr !

  2. pitouwh dit :

    Si, si, il est là mais, suite à des choix étranges de la production, ils ont décidé de le faire ressembler à un extra-terrestre vaguement verdâtre.

    En revanche, ça reste bien Fonzie puisqu’il lance les juke-box comme seul lui sait le faire ! La classe, même en vert !

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