Les 3 royaumes

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Réalisateur emblématique du renouveau du cinéma hong-kongais des années 80, John Woo s’exporta aux Etats-Unis dans le courant des 90′s pour réaliser plusieurs films plus ou moins réussis, sur lesquels il dût souvent se contenter d’un rôle de mercenaire. Peu convaincu par la machine hollywoodienne, ou ayant en tout cas besoin d’autre chose, il repartit donc pour sa Chine natale en 2004 -après Paycheck- afin de monter un projet pharaonique, une nouvelle adaptation du roman « Les 3 royaumes » s’intéressant à un des événements-clés de l’histoire chinoise. Soit le combat en apparence désespéré au troisième siècle après JC des deux plus petits royaumes de Chine contre les armées de l’Empereur, menées par un diabolique premier ministre.

Un récit épique en diable pour lequel Woo a fait dans la débauche de moyens, signant une oeuvre énorme qui n’a eu de cesse de battre des records dans son pays de production, du nombre de figurants utilisés pour les scènes de bataille au conséquent budget (en tout cas là-bas) de 80 millions de dollars. Le projet était d’ailleurs tellement énorme qu’il y fut scindé en deux longs-métrages de plus de 2h chacun, un traitement exceptionnel auquel nous n’avons pas droit en occident mais, loin de signifier que nous découvrons le tout dans un film de 4h et des bananes, c’est en fait à une version raccourcie d’une bonne heure et demie à laquelle nous faisons face.

Ce qui ne manquera pas bien évidemment de se faire sentir dans la narration du film, pour le moins elliptique. Beaucoup de personnages secondaires sont alors sacrifiés, relégués au rang de simples soldats quand ils auraient pu (et ont dû) être traités de façon bien plus intéressante, mais le pire est que cela retire considérablement de son ampleur à l’histoire. On a alors beau ne pas connaître l’oeuvre originale, on ne peut que ressentir les manques que comporte l’intrigue, les raccourcis qu’elle emprunte pour que les pauvres spectateurs que nous sommes ne soient pas perdus, d’autant plus lorsque cela s’accompagne de problèmes de faux-raccords ne rendant que plus évident le re-montage.

Mais ce qu’il perd en complexité, Les 3 Royaumes le gagne en efficacité, nous emmenant d’une bataille à une autre en renouvelant à chaque fois notre surprise et notre plaisir de cinéphage grâce à des combats rondement menés, faisant aussi bien appel à des stratégies élaborées qu’à des chorégraphies plus brutales une fois que nous sommes au coeur de la baston. Rappelant aussi bien les wu-xia-pian du début de la carrière de John Woo que parfois les univers du manga ou du jeu vidéo (Dynasty Warriors en particulier, lequel était déjà inspiré du célèbre roman chinois et faisait même apparaître certains de ses personnages), les scènes de bataille sont tout simplement spectaculaire, vous en mettent plein la tronche à grands renforts de thunes (la reconstitution historique est bluffante) mais aussi d’une virtuosité certaine du réalisateur, laquelle s’exprime ici avec une aisance que nous ne lui avions plus vu depuis longtemps.

Si nous regretterons donc de ne pouvoir découvrir le film dans son intégralité (vivement le DVD), force est d’avouer que Les 3 Royaumes est, même sous cette forme bâtarde, un très bon film, pouvant sans peine contenter des publics variés. Vous voulez de l’historique ? Il y en a. Vous voulez du combat ? Il y en a aussi, plein. Vous voulez une fresque comme seule la démesure chinoise pouvait nous l’offrir ? La voici !

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2 Réponses à “Les 3 royaumes”

  1. mabataille dit :

    Personnellement je me suis bien ennuyé, et pourtant la bande annonce m’avait attiré avec les bataille grand format. Le jeu des acteurs est pas terrible, la réalisation est sans saveur, restent les effets spéciaux sympa et les séquences à la Dynasty Warrior moyennement bien intégrée à l’histoire…
    Les scènes de combat de masse sauvent le reste, mais sur 2h25 de film, on se fait bien ***** pendant 2h.

  2. pitouwh dit :

    Ouais, tu dis ça parce que tu es en colère contre les chinois…

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