Fast and Furious 4

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Loin d’être intéressante, la saga des Fast and Furious est au contraire symptomatique de nombreuses choses n’allant pas dans le cinéma d’action actuel, avec un nivellement par le bas de ses enjeux et exigences pour rendre les films les plus transversaux possibles. Pourtant, après trois gloubi-boulga filmiques assez indigestes, ce quatrième épisode qui n’aurait normalement dû éveiller en nous qu’une indifférence polie parvint malgré tout à faire naître notre curiosité, ceci tenant bien sûr au retour de l’équipe du film original. En effet, s’ils sont tous revenus, peut-être était-ce dû à un projet d’une toute autre teneur, proposant une évolution intéressante sur une franchise lénifiante ? Manque de pot, il semble bien que les acteurs soient plus revenus afin de remplir leurs comptes en banque qu’autre chose. Quant au réalisateur, c’est à se demander s’il savait qu’il réalisait un film. Prêts pour le pire d’une saga déjà sacrément faiblarde ?

Retour à Los Angeles, là où tout a commencé. Tout juste réintégré aux forces du FBI, Brian O’Conner s’associe de nouveau à Dominic Toretto pour aider les fédéraux à infiltrer et mettre fin au trafic d’un dealer d’héroïne, qui se trouve aussi être un ennemi personnel des deux hommes depuis qu’il a assassiné une amie commune. Ils vont alors devoir apprendre à se faire mutuellement confiance pour pouvoir mettre leur plan à exécution, et quel meilleur moyen pour assouvir leur vengeance que d’aller au-delà de ce qui est possible au volant d’une grosse cylindrée ?

Reflets d’une mentalité bien particulière, m’as-tu-vu et flambeuse par excellence, les différents Fast and Furious avaient néanmoins pour eux de présenter quelques cascades automobiles et autres crash toujours marrants, même si cette appréciation est très variable selon le chapitre auquel on se réfère. Et si ce quatrième opus donne rapidement une excellente première impression dans le domaine, avec une scène du « camion-citerne » assez couillue de la part des cascadeurs, il s’agit là d’une séquence que nous avons déjà copieusement vu au travers des bandes-annonces ou bien d’extraits. Il va alors sans dire que nous attendions de ce film qu’il nous abreuve d’autres moments de cet acabit, parce qu’il s’agit après tout de son principal intérêt. La déconvenue sera donc grand quand, après cette introduction, nous ne nous retrouverons avec des scènes qui sont toutes, sans exception, complètement foirées ! Que ce soit la course en ville où l’on ne comprend rien (et cela bien qu’une « vision GPS » y soit intégrée !) ou bien la poursuite dans les tunnels parfaitement illisible, rien ne viendra sauver un constat des plus minables, d’autant que les bolides sont remplacés les trois-quart du temps par des avatars en images de synthèse. Ce qui peut passer sur quelques plans, pour concrétiser des cascades impossibles sinon à réaliser en live, mais l’usage qui en est fait ici est si intensif que toute l’action est complètement dé-réalisée. On a alors l’impression de regarder une démo de jeu vidéo, mal réalisée et ne parvenant jamais à nous faire ressentir l’excitation de voir de la tôle froissée.

Ceci étant, peut-être que Fast and Furious 4 a autre chose à nous proposer pour compenser cette grosse lacune ? Après tout, avec le retour de son casting prestigieux, nous sommes en droit d’imaginer que les choses vont se faire un peu plus sérieuses après le complet manque d’enjeux qu’il pouvait y avoir dans Tokyo Drift. Et nous y croirions presque quand l’intrigue semble vouloir se diriger vers un trip revanchard où l’aspect clinquant de l’univers du tuning est bien moins présent que d’ordinaire. Bon, nous aurons toujours bien quelques scènes de foule où les jolies demoiselles court vêtues (on se demande quand, dans cette quête du « toujours plus », finiront-elles par être totalement à poil) dansent à côté de bolides peinturlurés comme des putes bon marché, mais nous avouerons que celles-ci tiennent plus de l’anecdotique qu’autre chose, cette péloche étant donc un « revenge movie ». Les guillemets sont ici importants puisque, en guise de vengeance contre un méchant dealer qui a fait buter une de leurs amies, réalisateur et scénariste plongent leurs personnages dans une intrigue insipide n’ayant aucun souffle, tuant qui plus est dans l’oeuf toutes les velléités qui auraient pu déboucher sur quelque chose d’un peu plus prenant. Il faut ainsi voir Vin Diesel scander qu’il va tuer tous ceux qui se mettront en travers de son chemin en lâchant par une fenêtre un type qu’il avait finalement attaché pour comprendre ce à quoi nous allons avoir droit. C’est à dire du bon PG-13, gardien de la sacro-sainte morale, mais ne pouvant en aucune façon prétendre à retranscrire la tension et la violence qu’implique une vengeance. Privé de sa force narrative, le film aurait pu contrecarrer cela en jouant la carte du second degré mais même pas. Au contraire, on se prend sacrément au sérieux ici et cela en dépit d’un casting en totale roue libre, renforçant encore cette impression de vide généralisé. Même les fans de Vin Diesel seront peinés de voir à quel point l’acteur est mauvais ici, son jeu d’acteur y consistant majoritairement à prendre la pose du videur de boîte, bras croisés et torse gonflé.

Sans vouloir être trop méchant, nous dirons donc poliment de ce film qu’il s’agit d’une bouse, purement et simplement. Pompe à fric complètement décérébrée, réalisé avec les pieds et pas impressionnant pour un sou, Fast and Furious 4 vient alors s’intégrer de belle manière dans une franchise déjà pas reluisante, repoussant encore plus loin les limites de l’abstraction cinématographique au profit d’un enchaînement d’images privées de toute substance, comme un long clip poseur et creux. L’affiche nous dit ainsi : « Nouveau Modèle. Pièces d’origine ». Nous y rajouterons : « Toujours la même soupe, mais en pire » !

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