Underworld 3 : le soulèvement des lycans

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Les deux premiers Underworld, en plus de nous avoir fait profiter de la plastique de l’ensorcelante Kate Beckinsale, nous avaient aussi introduit à un univers fantastique fort sympathique, voyant deux de nos monstres préférés du cinéma s’affronter sur une toile de fond entre tradition et modernité. Et si les aventures de Selene sont achevées à la fin du second opus, les possibilités lucratives de la franchise appelaient forcément à un troisième épisode (et même plus, puisque l’on parle déjà d’un quatrième) et décision fut alors prise de se livrer à l’exercice de la préquelle. Après tout, Kate s’étant refusée de toutes façons à revenir incarner la vampirette en latex noir, autant éviter de faire une suite qui s’apparenterait plus à un reboot ou une pâle copie de ce qui a précédé. La préquelle offre donc de la légitimité, c’est bien, et en plus elle va nous permettre de découvrir un peu plus de cette guerre au Moyen-Age, ce qui ne se refuse pas après l’excellente séquence ouvrant Underworld Evolution. Le problème étant bien sûr qu’une préquelle, pour se justifier, se doit aussi d’apporter son lot de surprises et approfondissements sur une mythologie qui nous est familière, ce qui peut être difficile quand celle-ci nous l’est déjà pas mal…

Les loup-garous, ou lycans, sont depuis toujours asservis aux vampires, une caste aristocratique se faisant appeler les « Death Dealers ». Mais dans ces temps sombres du Moyen-Age, un loup-garou vindicatif du nom de Lucian fait son apparition, appelant tous ses frères de captivité à se réunir et se révolter contre leurs maîtres, en particulier Viktor qui fut le premier à les mettre en esclavage. Rejoint dans la lutte par Sonja, son amour et pourtant vampire, Lucian s’apprête à lancer le combat pour la liberté des lycans

Parce que l’un des buts des deux premiers Underworld était d’ancrer ses histoires dans un conflit trouvant ses origines il y a des centaines d’années, tous deux étaient tournés vers le passé et ses secrets et y revenaient donc à de nombreuses reprises. Dans ce contexte, autant dire que tous ceux ayant vu ces films plus d’une fois sont parfaitement au courant des racines de la guerre entre lycans et vampires, particulièrement explicitées dans le premier du nom. Et en revenant précisément sur ces événements, les responsables du projet prenaient le risque d’être un peu redondants avec ce qui avait été fait, de ne pouvoir échapper à un dénouement déjà connu et tuer ainsi toute surprise chez le spectateur. Ce qui, malheureusement, est bien le cas ici, l’intrigue se contentant de filer en ligne droite sur un schéma assez prévisible en lui-même et allant donc vers un finale que nous n’ignorons pas. Une lacune qu’auraient pu compenser les trois scénaristes ayant bossé sur le film, en nous ménageant de quoi étoffer cette intrigue entendue, sauf qu’ils s’y tiennent justement avec une rigueur n’en rendant les choses que moins encore surprenantes. Quelques clins d’oeil, le personnage de Raze mis un peu plus en avant (Kevin Grevioux, le gros black lycan et accessoirement créateur de Underworld avec Len Wiseman), et puis ce sera tout. Les relations entre les personnages principaux sont en plus convenues et Rhona Mitra a beau être magnifique (salut l’artiste !), la caractérisation de son personnage n’aide pas à rendre Sonja intéressante.

A côté de cela, nous reconnaîtrons que Michael Sheen a bien la classe en Lucian, le Spartacus des loups-garous, mais ce qui sauvera surtout ce Underworld 3 tient dans la présence à ses commandes du français Patrick Tatopoulos. Car même s’il s’agit ici de sa première réalisation et que l’on peut donc ressentir parfois une légère maladresse dans ses choix de cadrage et montage, il a pour lui le goût assuré d’un des meilleurs artistes conceptuels actuels et offre alors avec ce film une démonstration assez bluffante de son talent. Bien sûr, il ne s’en est pas occupé directement pour l’occasion (enfin, c’est quand même lui qui a défini dès le départ le look des lycans et vampires de la franchise, tout comme il a travaillé sur des oeuvres telles que Dark City, I, Robot, Silent Hill ou, et ça c’est la méga-classe, Super Mario Bros) mais on sent qu’il a vraiment appuyé cet aspect du projet dans son travail de réalisateur, en collaboration avec le directeur artistique Dan Hennah. Vous le verrez alors, tout ce qui touche au travail des décors est absolument splendide et rarement décor de château-fort aura paru aussi crédible tout en étant très stylisé, à l’image des armures qui ont elles en revanche un peu tendance à rappeler celles des elfes dans Le Seigneur des Anneaux, en plus dark bien évidemment.

Underworld 3 constitue donc un véritable plaisir pour les yeux, dont le rythme est soutenu par quelques scènes d’action plutôt joliment troussées (voir la très cool charge des lycans sur le château des vampires) mais qui ne parviendra cependant à nous passionner totalement, la faute à un scénario dont nous possédons déjà tous les tenants et aboutissants avant même que cela ne commence. La péloche se laisse alors regarder mais ne laissera pas un souvenir impérissable, exercice de style appliqué dont se sort efficacement Tatopoulos et plutôt prometteur pour ses prochains projets, à condition qu’il porte une plus grande attention à ses scénarios. Et quant à la franchise Underworld, que les fans se rassurent : la guerre ne fait que commencer et l’impression mitigée laissée par ce film pourra alors prochainement être lavée dans le sang !

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