Scar 3D

scar3d.jpg

Dans la course à la 3D à laquelle nous assistons aujourd’hui, nous pensions que le genre horrifique se trouverait représenté en premier lieu chez nous -comme aux Etats-Unis- par Meurtres à la Saint-Valentin 3D. Mais même si sa date de sortie (le 29 avril) ne paraît plus très loin, le remake de Patrick Lussier va pourtant se faire souffler la politesse par un outsider que nous n’avions pas vu venir, Scar 3D. Une petite péloche d’horreur indépendante, qui s’offre donc néanmoins les attrayants atours de la troisième dimension pour jouer dans la cour des grands et, mine de rien, rentrer un peu dans l’Histoire. Et si nous aurions donc pu craindre que cette sortie surprise ne soit signe d’une précipitation néfaste, pour s’assurer au détriment du film d’avoir la primeur du gore en relief hors-Amérique, ce sera en fait tout le contraire puisque cette première plongée dans l’horreur tridimensionnelle se révèlera à la fois immersive et éprouvante !

Durant son adolescence Joan Burrows a vécu une expérience traumatisante lorsque, avec son amie, elles furent séquestrées par Bishop, un dangereux psychopathe tenant le funérarium local et adepte de jeux particulièrement sadiques. Marquée à vie, Joan s’est ainsi éloignée de sa ville natale pour oublier mais, alors qu’elle ose y revenir après des années d’exil pour célébrer la fin des études de sa nièce, les souvenirs refont surface et de nouveaux cadavres commencent à apparaître. Pourtant, tout le monde le sait, Bishop est mort depuis des années. Qui peut bien alors avoir repris son flambeau ? A moins qu’il ne s’agisse de quelque chose encore pire

Parce qu’il ne cède donc pas aux tentantes facilités qu’offre une projection en relief -ces effets faciles d’objets vous arrivant droit dans la tronche- Scar 3D se montrera déjà une excellente surprise, donnant l’impression d’être le fruit d’une véritable réflexion et non d’une utilisation abusive d’un gimmick vidé de ses possibilités narratives et sensorielles. Ainsi, même si nous aurons parfois la très nette impression que le film n’a pas toujours été pensé en vue de l’usage de cette nouvelle technologie et que cela s’est imposé en cours de route, rendant alors obligatoire le re-tournage de certaines scènes et plans, il n’en demeure pas moins que le réalisateur Jeff Weintrob fait preuve d’une maîtrise assez efficace dans le jeu sur la profondeur de champ. Bien souvent, plutôt que d’avoir donc recours au montage, il préfère dévoiler l’action en jouant sur les différentes échelles de plan, usant pour l’occasion de nombreuses surfaces transparentes et autres ouvertures auxquelles la projection en 3D donne tout leur sens, et inversement. Peut-être est-ce dû à son expérience passée dans les jeux vidéos, un emploi qui lui a appris à toujours penser un espace en termes de dimensions selon lui, mais toujours est-il que son approche donne l’impression d’être le premier représentant de ceux qui useront avec raison du relief. Devenue une arme narrative, le procédé n’en est en effet que plus légitime, sans compter qu’il va davantage nous immerger dans l’histoire et, par conséquent, le film.

Ce qui est tout de même primordial car, en tant que représentant du genre du torture-porn, le film de Weintrob se doit de nous faire ressentir ce qu’il se passe à l’écran. C’est effectivement là une des conditions sine qua non pour qu’un tel spectacle fonctionne, car il va sans cesse faire appel à notre empathie pour les pauvres victimes torturées. Et à ce petit jeu, le dispositif 3D fait ici des merveilles puisque, en plus de se montrer diaboliquement immersif par principe, le travail des lumières du directeur de la photo Toshiaki Ozawa (pour avoir recours à la troisième dimension à moindre coût, le producteur a engagé des spécialistes japonais dans le domaine) va offrir aux images un rendu des textures confondant de réalisme. Les scènes gratinées où Bishop se livre ainsi à ses sanglantes activités se révèlent être d’un caractère particulièrement extrême, n’hésitant pas de plus à verser dans un gore des plus démonstratifs grâce à de très beaux maquillages.

Ceci étant dit, Scar 3D est néanmoins loin d’être une péloche parfaite et présentera donc quelques défauts qui tempéreront la bonne impression générale, concernant pour beaucoup un scénario que nous ne pourrons qualifier de véritablement original. Navigant entre torture-porn, slasher et thriller fantastique, trois genres qu’elle marie pourtant assez harmonieusement, l’histoire ne se montre donc cependant pas spécialement passionnante et le mystère qu’elle entretient autour de l’identité du tueur, sa nature surnaturelle ou non, peinera à s’imposer comme intéressant et surprenant. Heureusement alors que les acteurs à l’affiche rattrapent un peu de cela, à commencer bien sûr par Angela Bettis qui, bien qu’un peu en retrait malgré sa place centrale dans l’intrigue, fait toujours preuve du même talent lorsqu’il s’agit d’incarner des personnages féminins fragiles (rappelez-vous de May). Un choix de casting excellent, en corrélation avec le reste de la distribution où nous aurons alors la surprise de voir pour une fois des adolescents ressemblant pour de bon à des teenagers. Parce que ça peut avoir l’air con de dire ça, mais quand on a dans un film des ados interprétés par des comédiens de plus de 25 ans, forcément on y croit beaucoup moins (voyez le récent et honteux Vendredi 13). Les plus jeunes membres de ce casting-ci ont alors beau jouer sur des registres aussi clichés qu’à l’ordinaire, les filles en pétasses et les gars en beaux gosses, ça fonctionne malgré tout et c’est plutôt cool.

S’il ne pourra donc prétendre à un autre statut que celui de petite péloche sympa, la faute à un manque flagrant d’originalité, Scar 3D n’en est pas moins une bonne petite surprise, plutôt bien troussée, et qui a en plus l’élégance de ne pas usurper pour rien le prestigieux titre de « premier film d’horreur 3D » en France. A découvrir, donc, mais encore faut-il soit projeté dans un cinéma près de chez vous puisqu’il n’existe malheureusement pas en version 2D !

scar3d3.jpg  scar3d11.jpg  scar3d6.jpg

2 Réponses à “Scar 3D”

  1. HACCOUCH BRYAN dit :

    TERIBLE !!!!!!!!!!!

  2. pitouwh dit :

    TROP COOOOL !!!!!!!!!!

Laisser un commentaire