Vendredi 13

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De toutes les franchises du cinéma horrifique dont Hollywood nous pond moult remakes ces dernières années, celle des Vendredi 13 est sans conteste celle à qui cet exercice aurait pu être le plus profitable. Car malgré toute la sympathie que l’on peut avoir pour le film de Sean S. Cunningham et certaines de ses suites, il faut bien avouer que la série s’est sacrément éloignée de ses origines et, si cela peut encore donner des films très distrayants (Jason X), autant dire que le parfum de Crystal Lake n’était définitivement plus le même. Revenir aux sources du mythe était donc nécessaire, seule solution logique si l’on voulait éviter de s’enfoncer encore davantage dans le nawakesque, et pouvait surtout réserver une sacrée surprise grâce à l’approche qu’avaient le réalisateur Marcus Nispel et les producteurs de Platinum Dunes de ce remake, voulant en faire une sorte de film-somme des trois premiers volets de la saga. Un long-métrage dans lequel nous imaginions alors que la mythologie autour de Jason serait richement exploitée, que le boogeyman serait lui-même mis au premier plan du film pour lui donner toute l’aura qu’il mérite. Soit le genre de souhaits que nous avions déjà formulé lors de la sortie de Freddy contre Jason, avec les résultats que nous savons, et qui semblent encore une fois malheureusement n’avoir pas été écoutés ici.

A la recherche de sa soeur disparue, Clay pénètre dans les mystérieux bois qui entourent le légendaire site de Crystal Lake pour y découvrir une cabane abandonnée, livrée au bon vouloir des arbres et plantes environnantes. Contre l’avis de la police locale, qui tente de l’avertir quant au drame s’étant déroulé en ces lieux des années auparavant, il poursuit son enquête avec le peu d’indices qu’il a en sa possession et fait bientôt la rencontre d’une jeune femme, venue avec ses amis pour vivre un week-end riche en sensations fortes. Et ils ne seront pas déçus de ce côté-là car, sans le savoir, ils viennent de pénétrer sur le territoire d’un des plus terrifiants serial-killers sévissant aux Etats-Unis. Machette aiguisée en main, Jason Voorhees se lance dans un nouveau jeu de massacre…

Ce retour à Crystal Lake, loin de nous plonger comme il devrait le faire avec un nouveau regard dans une mythologie que nous connaissons fort bien, va ainsi s’acharner à n’utiliser que les poncifs les plus éculés du genre pour se bâtir. Comme cela était déjà le cas avec Freddy contre Jason ou bien Alien vs Predator, ces films nous donnent donc l’impression que leurs géniteurs ont oublié ce qui en fait tout l’intérêt aux yeux des spectateurs, ce pourquoi nous sommes prêts à nous déplacer jusqu’au cinéma le plus proche : retrouver des icônes cinématographiques que nous aimons. C’est eux que nous voulons voir, eux que nous voulons découvrir plus avant. Mais en lieu et place de cela nous avons eu droit à chaque fois pour ces longs-métrages à des intrigues bateaux, où leurs monstres magnifiques ne servent que de faire-valoir à des héros humains aussi inintéressants qu’énervants (c’est bien beau de vouloir faire une « vraie histoire », une dans laquelle le spectateur lambda ne sera pas perdu, mais encore faut-il l’écrire correctement). Un constat auquel le nouveau Vendredi 13 s’accorde au diapason, empilant les clichés du slasher avec une détermination qui forcerait presque le respect. D’autant que cela est parfaitement volontaire de la part de l’équipe du film, qui nous le signifie clairement avec une blague faite au début par le black de service et stipulant que le caractère stéréotypé des personnages est complètement assumé, tout comme par conséquent celui de l’histoire.

C’est donc à du slasher pur jus auquel nous allons avoir affaire, un pur produit d’exploitation qui ne s’embarrassera jamais véritablement de son potentiel pour se laisser au contraire voguer en pilote-automatique. Tout ce qui concerne ainsi Jason Voorhees et sa mythologie est donc honteusement survolé, de l’importance de sa mère à l’apparition absurde du masque de hockey (et dire que les producteurs disaient avoir soigné tout spécialement cette scène !) jusqu’à ses motivations pour tuer, inhérentes à son passé ; et il nous faudra alors en lieu et place de cela supporter les scènes avec nos abrutis de héros, une bande de jeunes adultes passant leur temps à faire des jeux d’alcool idiots, à forniquer ou à parler fumette. Des éléments primordiaux du slasher, il est vrai, et qui se montrent particulièrement efficaces sur un public adolescent tout excité de voir ses semblables s’éclater ainsi. Mais quand vous assistez au soi-disant grand retour d’un boogeyman que nous chérissons, est-ce bien que ce que l’on a envie de voir ? Quel intérêt de tout reprendre à zéro si c’est pour refaire la même chose, et mal en plus ? Surtout que l’on sent que tous les éléments désirés étaient là, ou étaient tout du moins plus présents que dans le version finale du film, mais qu’ils ont été sacrifiés sur la table de montage pour rendre ce Vendredi 13 le plus facilement consommable possible par le plus grand nombre. Triste mentalité de producteur appliquée à ce que nous rêvions comme une pure oeuvre de fanboy.

Enfin, cette logique commerciale n’a pas non plus que des mauvais côté et le film de Marcus Nispel se révèle alors assez rythmé, avec pléthore de meurtres variés et fendards, même si cela se fait sur une structure relativement bancale. La longue scène d’introduction de près de vingt minutes n’aurait ainsi pu être qu’un hommage au genre -une sorte de condensé de la saga- pour ensuite passer à autre chose, ce à quoi nous nous attendions, sauf qu’à l’issue de cette séquence nous repartons de plus belle dans le slasher classique, sans que la longueur de l’introduction ne se justifie donc. Difficile dans ces conditions d’avoir alors une histoire qui se tienne et, quand tout finira enfin par se lier, cela fera déjà bien longtemps que nous n’en aurons plus rien à braire. Mais si le scénario est d’une stupidité effarante, heureusement que Nispel reste un sacré bon faiseur d’images à défaut d’avoir voulu défendre bec et ongle la franchise (rappelons que son dernier film, dans lequel il s’était beaucoup impliqué, Pathfinder, s’est méchamment ramassé au box-office et lui imposerait donc pour l’instant de s’en tenir au rôle de yes-man). Le camp de Crystal Lake et sa nature environnante prennent ainsi des allures et des tons inédits dans la saga, plus effrayants que d’ordinaire, mais c’est surtout le travail sur le boogeyman masqué qui réussira à faire mouche. Car si la décision de faire désormais courir Jason n’est finalement que peu utilisée, le réalisateur préférant revenir sans cesse -et un peu trop, d’ailleurs- à sa faculté d’apparaître derrière ses victimes pour nous faire sursauter, il ne lui en réserve pas moins un traitement visuel qui l’iconise de fort belle façon. S’il est donc sacrifié sur les plans de l’écriture et du montage, son imagerie reste le seul bastion au travers duquel nous pouvons apprécier toute l’aura d’un tel personnage.

Vous l’aurez donc compris, ce Vendredi 13 est une déception à la hauteur des espoirs que nous placions en lui, se contentant de reproduire les errements du passé sans en tirer la moindre leçon et, ce qui est peut-être pire, le faisant même volontairement ! Nous attendions la résurrection d’une légende, sous un nouveau jour brutal et mythologique, et nous ne nous retrouvons finalement qu’avec un slasher comme il en existe tant d’autres, simple produit de consommation courante que l’on regarde sans jamais s’impliquer véritablement. Espérons alors malgré tout que le succès en salles sera au rendez-vous pour que Marcus Nispel ré-acquière un peu de sa liberté, afin d’accoucher d’autre chose que d’un simple film de producteur calibré pour les adolescents. Quand a Jason, puisque nous savons d’ores et déjà qu’il reviendra (il l’a toujours fait depuis presque trente ans, pourquoi cela changerait-il maintenant ?), espérons que ce sera ce jour-là avec tout le respect qui lui est dû. Ou alors il faudra qu’il passe du massacre de teenagers à celui de producteurs !

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5 Réponses à “Vendredi 13”

  1. karine dit :

    que des clichés!!!!!!
    les jeunes qui partent en vacances ,les jeunes qui baisent,les jeunes riches les jeunes loosers etc…même les assassinats sont classiques j ai l impression d avoir vu déjà au moins 10 fois ce genre de film déçue je suis déçue!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  2. pitouwh dit :

    Et tu n’es pas la seule, foutre non !

  3. yoann dit :

    franchement j’ai adorer ca raconte peut etre la meme histoire que les autres mais j’ai adorer

  4. pitouwh dit :

    Disons que si on n’est pas regardant sur l’originalité et que l’on n’est pas dans son état normal (drogue, alcool, fatigue, déshydratation, grippe aviaire, faites votre choix), on peut en effet passer un bon moment.

    Au moins aussi bon que si l’on avait regardé un glaçon fondre dans un évier…

  5. seb dit :

    c nul

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