L’Etrange histoire de Benjamin Button

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Nimbé d’une aura de mystère avec son intrigue des plus space, L’Etrange histoire de Benjamin Button arrive dans nos salles et, s’il s’agit sans équivoque d’une machine à Oscars dans la grande tradition hollywoodienne, c’est bien la présence du talentueux David Fincher aux commandes qui nous convaincra de l’intérêt de la chose. En effet, après s’être révélé en tant que petit génie de la caméra avec des oeuvres comme Alien 3 et Seven puis s’être transformé en expérimentateur fou par la suite, il avait démontré avec son dernier opus, Zodiac, que sa réalisation semblait revenir vers une sorte de classieux classicisme. Un retour à la forme d’un certain âge d’or du cinéma. Des perspectives nouvelles pour Fincher et qu’il maitrisait déjà fort bien, faisant toujours preuve de la même virtuosité, et qui trouvent dans ce nouveau long-métrage un creuset parfait pour élaborer un conte fantastique et désenchanté, moderne et empreint de nostalgie. Mais si le but visé est excellent, ce n’est pas pour autant que l’on ne peut pas se perdre un peu en chemin…

En 1918, le jour de la fin de la Grande Guerre, naît un enfant un peu particulier. En effet, l’horloge biologique de Benjamin Button est détraquée et il vient donc au monde avec un corps atteint de tous les maux que connaîtrait un adulte de 80 ans. Sa mère étant morte lors de l’accouchement, le père effrayé l’abandonne dans un hospice pour personnes âgées. Et si le médecin ne lui prédit qu’une vie très courte, l’enfant va malgré tout vivre, grandir et… rajeunir. Commence alors le destin extraordinaire d’un humain pas ordinaire, qui aura la chance de pouvoir rencontrer l’amour de sa vie et ne pourra malheureusement jamais le vivre pleinement…

Comme vous vous en douterez donc, Fincher fait une fois de plus preuve d’un talent visuel tout bonnement hallucinant, composant des plans  qui tous sans exception sont magnifiques. Alors bien sûr ça peut sembler un peu bateau de dire ça, surtout quand on parle d’un réalisateur attachant une telle importance à l’esthétique de ses films, mais nous atteignons en fait ici un tel sommet dans l’élégance et le savoir-faire que nous ne pouvons qu’être éblouis. Quand on parle ainsi de ce film comme l’un des favoris dans la course aux Oscars, on imagine que plusieurs de ses départements artistiques devraient se voir récompensés. D’autant que leur travail, joint à la vision de Fincher, donne à L’Etrange histoire de Benjamin Button toute ça cohérence entre réalisme et merveilleux, sans quoi l’histoire ne fonctionnerait pas. De la même manière, les effets spéciaux se devaient d’être au top pour rendre crédibles les personnages à leurs différents âges mais aussi pour retranscrire l’interprétation de Brad Pitt lorsqu’il ne pouvait assumer physiquement le rôle. Les différentes sociétés d’effets spéciaux attachées au projet fournissent alors des images bluffantes de réalisme, qui marquent un pas en avant dans la création d’acteurs générés par informatique à l’égal de ce que fut à l’époque Forrest Gump.

Le film de Robert Zemeckis ressemble d’ailleurs à celui de David Fincher d’une façon plus générale, tous deux présentant les destins hors du commun de personnes peu ordinaires. Exception faite que L’Etrange histoire de Benjamin Button y ajoute en plus un postulat fantastique, comptant pour beaucoup dans l’intérêt que fait naître chez nous le long-métrage. Et si la première partie du film prend admirablement en compte ce point, tissant sous nos yeux un conte magnifique bercé par la voix-over de Brad Pitt, cela s’avère en revanche bien moins concluant par la suite, qui se focalise sur la relation impossible entre Benjamin Button et l’élue de son coeur, la danseuse Daisy qu’interprète une Cate Blanchett rarement vue tant en beauté. Mais voilà, à se diriger dans cette voie, l’intrigue perd en efficacité et nous fait alors ressentir un peu cruellement ses deux heures trente-cinq de durée. Parce que si la romance entre le couple de héros est à la fois complexe et émouvante, abordant son caractère irrémédiablement tragique en raison de la part fantastique de l’histoire, elle va de même avoir une tendance à se montrer répétitive dans sa redite de schémas identiques ou très proches.

S’il possède donc tous les atours d’un très, très grand film hollywoodien et nous offre un conte à la finesse comme nous ne pouvons que rarement en apprécier, son impact sera néanmoins amoindri par une durée trop longue, amenant l’intrigue à se perdre de vaine façon. Reste un très grand film, ce qui est bien peu quand on comprend à quel point nous sommes passés à côté du chef d’oeuvre !

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2 Réponses à “L’Etrange histoire de Benjamin Button”

  1. karine dit :

    18/20 c est la note que je donne à ce merveilleux film!
    durant toute la durée du film j ai rêvé tout est sympa:image histoire acteurs costumes tout !!vivement la sortie en dvd

  2. pitouwh dit :

    Ouais, bon, faut pas déconner non plus : le film est quand même assez long et a en plus des longueurs. Sinon, il vrai que c’est une merveille technique

    Et Cate Blanchett y est magnifique !

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