King Guillaume

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S’étant fait connaître au sein de la troupe des Robins des bois avec des personnages cultes comme Pouf le cascadeur ou autres guignols classiques, Pierre-François Martin-Laval (que nous appellerons désormais Pef si l’on a de nouveau besoin de parler de lui) avait entamé plutôt brillamment le virage vers le grand écran, comme certains de ses camarades, en réalisant Essaye-moi et en y tenant le rôle principal. Une comédie romantique dans les règles du genre, qui parvenait néanmoins à se démarquer des canons trop usités grâce à la poésie enfantine et le sens de l’absurde qui caractérisent l’humour du comédien. Et si nous retrouverons bien évidemment au moins un peu de cela dans sa seconde réalisation, King Guillaume, il faut bien avouer que les choses ne se passent pas aussi agréablement qu’avec le premier opus.

Magali et Guillaume forment un petit couple des plus heureux, économisant pour s’offrir la maison de leurs rêves et attendant des jumeaux, leurs premiers enfants. Des gens simples, avec des désirs lucides. Pourtant, cela va changer lorsque Guillaume apprend que son père est le roi d’une petite île entre la France et l’Angleterre et que, celui-ci étant mourant, la régence de l’île de Guerreland lui revient donc de droit. Une proposition étrange et inattendue, de laquelle va se méfier le couple dans un premier temps. Et à raison, puisque Guerreland n’est en fait qu’un bout de caillou minuscule perdu au milieu de la Manche, habité par seulement cinq personnes quelque peu décalées. Mais ça, Magali et Guillaume l’ignorent et, alors qu’ils commencent à se faire des idées quant à cette nouvelle vie qui s’offre à eux, les habitants de Guerreland vont tout faire pour leur cacher la vérité, au moins jusqu’à ce que le Prince n’ait plus d’autre choix que d’enfiler la couronne...

Ainsi, et c’est particulièrement gênant pour une comédie, nous avouerons que le deuxième film de Pef n’est pas des plus prompts à nous faire éclater de rire, certaines blagues faisant mouche mais la plupart se contentant de rester au stade de la figuration. Un fait assez étonnant donc , surtout que la réunion de talents comiques est assez impressionnante, mais il faut se rendre à l’évidence : il y a quelque chose de pourri au royaume de Guerreland et, malheureusement, on dirait bien qu’il s’agit de ses deux héros. Cela pourrait aussi tenir à l’influence de Petillon, auteur de la bande-dessinée dont est très librement tiré ce film et qui expliquerait alors certaines blagues vraiment bas-de-plafond (l’attardé Christine), mais la gêne viendra véritablement du duo formé par Pef et Florence Foresti, qui ont une tendance à se vampiriser l’un l’autre. Il faut comprendre qu’ils jouent à ce point tous les deux sur des registres comiques si poussés que leurs personnages en paraissent complètement absurdes (et même particulièrement énervant en ce qui concerne celui de la comique) et sont alors privés de la normalité qui les mettrait plus efficacement en contraste avec les habitants de Guerreland. Le choc vers lequel conduisait ainsi toute l’histoire en perd en intensité et l’efficacité des gags s’en ressent alors fortement.

Enfin, dire que l’on ne rigole jamais devant King Guillaume serait quand même exagéré puisque le talent des divers acteurs en présence finit à un moment ou à un autre par atteindre sa cible (et cela même si certains rôles secondaires sont carrément sous-employés), même s’il est vrai que nous aurions aimé que la chose se fasse de façon plus soutenue. Sans compter que Pef se montre un réalisateur assez habile dans l’art de la comédie, arrivant même à rendre attrayante l’île de Guerreland en toute fin avec ses airs de terrain de jeu, et que nous aurions aimé que ce talent se concentre alors un peu plus sur son intrigue. Sans être donc un échec complet, King Guillaume n’en est pas moins une sacrée déception , et il nous faudra maintenant attendre en croisant les doigts le troisième long-métrage de l’ex-Robins des bois, pour que le tir soit corrigé. En tout cas, on le souhaite de tout coeur !

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