Les Insurgés

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De toutes les guerres ayant secoué la surface de notre planète, la Seconde Guerre Mondiale est très certainement celle ayant le plus été représentée au cinéma, sa proximité avec notre époque et la hauteur du traumatisme qu’elle généra continuant de nous hanter. Mais ces illustrations, bien que multiples, se révèlent en fait rarement redondantes et vont au contraire permettre de  »reconstruire » le conflit sous plusieurs aspects, sous différents regards. Mettre en avant la petite histoire pour illustrer la grande. Un travail auquel s’est consacré aujourd’hui Edward Zwick avec Les Insurgés, décidant ainsi pour l’occasion de lever le voile sur un de ces faits oubliés de la guerre. Alors, devoir de mémoire pompeux ou film de guerre intelligent ?

1940. L’emprise de l’Allemagne nazie s’étend sur l’Europe de l’Est et les juifs sont pourchassés jusque dans les campagnes pour être conduits dans des ghettos ou des camps. Parce que leurs parents ont été assassinés lors d’une de ces rafles, les quatre frères Bielski décident de venger leur mort et sont ensuite obligés de vivre dans la forêt pour se cacher. Ils y rencontrent d’autres personnes ayant réussi à échapper à la rafle, et un petit campement commence à se créer. Leur histoire commence alors se propager à travers le pays et de plus en plus de gens viennent pour rallier leur îlot de résistance, gonflant sans cesse les rangs des bouches à nourrir et à protéger. Malgré donc un monde qui semble tout entier voué à leur perte, les frères Bielski vont devoir trouver la force et le courage de sauver toutes ces vies

La première vraie bonne surprise du film tient dans la réalisation de Zwick qui, s’il n’a jamais été non plus un manchot avec une caméra, ne s’en départait pas moins d’une sorte de lyrisme parfois un peu pompeux qui aurait pu faire des ravages sur un sujet comme celui de Les Insurgés. Et si nous avions déjà remarqué de profonds changements dans son style entre Le Dernier Samouraï et Blood Diamond, nous sommes passés ici encore à une vitesse supérieure puisque jamais le film ne prendra la direction de la grande fresque épique qui s’ouvrait devant lui. Au contraire, Zwick préfère -et à raison- nous plonger dans la boue avec les personnages du film, faisant ressortir tout le froid et l’humidité de cet environnement en désaturant ses couleurs, donnant à son image une rudesse que l’on ne lui connaissait pas forcément. Mais si la forêt est donc en certaines occasions un lieu de mort, c’est aussi pour les frères Bielski et leurs protégés un lieu de vie, un lieu d’espoir, et le réalisateur de magnifier alors ce décors sylvestre dès qu’il en a l’occasion, faisant apparaître  la seule couleur marquée que nous verrons (le vert, bien sûr) et jouant sur la hauteur des troncs rectilignes pour donner à ce lieu tout son charme.

Espace de vie, espace de mort, une dichotomie et une façon de jongler entre les différentes perceptions et points de vue que nous retrouverons dans l’ensemble du film, lui constituant ainsi une solide base sur laquelle élaborer son discours. Ainsi, s’il est bien évident que la volonté des créateurs du film va être de réhabiliter les frères Bielski (un carton à la fin nous précise bien que jamais leur action ne fut reconnue) et de les montrer dans tous l’héroïsme dont ils ont pu faire preuve, ils ne vont pas en oublier pour autant de les dévoiler dans toute leur complexité, leurs doutes, leurs faiblesses (il est d’ailleurs à noter que Daniel Craig, Liev Schreiber et Jamie Bell sont tout bonnement impeccables dans leur rôle). Le véritable coeur du film est ainsi le portrait qui nous est dressé de ces hommes, de la façon dont la guerre peut les pousser à se révéler comme des héros ou bien à se comporter comme leurs oppresseurs, propageant parfois avec froideur une horreur n’ayant rien à envier aux SS. Le film ira même encore plus loin lorsqu’il montrera les survivants, jusque-là plutôt calmes, littéralement péter les plombs fasse à un prisonnier allemand et lui réserver alors un sort des moins envieux, ou bien encore dans son intérêt pour la façon qu’ont des groupes « dominants » de se créer aux seins de la communauté sylvestre. Parce que, tous, nous pouvons être un instant victime puis monstre de guerre.

Aussi intelligent sur la forme que sur le fond, et comportant qui plus est quelques très belles scènes d’action où le savoir-faire de Edward Zwick en la matière fait des merveilles, Les Insurgés n’en présentent pas moins quelques défauts, heureusement pour la plupart mineurs. Nous pourrons ainsi regretter certaines petites choses un peu malvenues comme les gags concernant le personnage de Lazare, mais c’est surtout un certain manque dans le traitement de la relation entre les frères Bielski qui nous posera problème, cet aspect du film ayant sûrement pu être traité de façon plus intéressante et prenante. Enfin, c’est bien pour chipeauter car, dans son ensemble, ce nouveau film sur la Seconde Guerre Mondiale se pose comme une réussite assez évidente, à la fois salutaire et spectaculaire. Un vrai grand film de guerre !

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Une Réponse à “Les Insurgés”

  1. blockbusters dit :

    Salut. Je suis tombé sur ton blog. Est-ce que ça te dirait un partenariat avec échange de bannières entre nos 2 sites ?

    Je te laisse avant tout aller voir le mien, BLOCKBUSTERS le blog du ciné qui déchire.

    http://www.blockbusters.webnode.fr

    J’attend de tes nouvelles si tu es intéressé! A bientôt! J’ai vu que tu avais mis déjà un lien blockbusters (pour mon ancien blog sur unblog), tu pourras l’enlever car j’ai supprimé le blog.

    Laurent D. mail : l.jackbauer@yahoo.fr

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