Burn after reading

burnafterreading.jpg

Quand l’agent de la CIA Osborne Cox est renvoyé après vingt années de bons et loyaux services, sa colère et son désir d’en finir avec cette époque l’amènent à entreprendre la rédaction de ses Mémoires. Une entreprise pas si facile à exécuter, sa relation avec sa femme étant au plus bas, et qui va encore se compliquer quand vont s’égarer ses premières notes. Celles-ci se retrouvent entre les mains de Linda et Chad, deux employés d’une salle de sport pas très malins et ayant eux-même nombre de problèmes. Tout comme leur patron, amoureux de Linda, ou bien encore cet agent gouvernemental couchant avec un peu tout le monde. Et chacun à sa façon, avec ses propres faiblesses et sa propre bêtise, va faire dégénérer cette histoire d’une façon inimaginable 

Alors qu’ils nous ont régalé en début d’année avec le thriller crépusculaire No country for old men, les frangins Coen sont déjà de retour avec Burn after reading, qui s’annonce plus dans la tradition de leurs comédies absurdes. Ils exécutent ainsi un grand écart comme ils en ont le secret, et que nous attendions avec impatience tant certaines de leurs comédies s’avèrent être de vrais films cultes, l’éternel The Big Lebowski en tête bien évidemment. Un long-métrage avec lequel cette dernière livraison entretient plusieurs rapports mais pas seulement, car rien n’est jamais simple chez les Coen. Et les frères de renouer alors par la même occasion avec le style de Fargo, une autre de leurs réussites. Sauf que cette fois le mélange des genres, qui est une des principales caractéristiques de leur cinéma, aboutit sur une oeuvre bancale encore alourdie par des choix peu judicieux. S’il ne mérite donc quand même pas la volée de bois vert ayant accompagné sa sortie, il est néanmoins indéniable qu’il s’agit là d’un des exemples les plus faibles de leur filmographie.

Cela saute aux yeux, Burn after reading reste donc parfaitement dans la tradition du cinéma des frères Coen, que ce soit dans sa tonalité de comédie policière noire ou bien sa constitution d’une galerie de personnages bien barrés. Pourtant, la sauce ne prend pas véritablement cette fois, la faute à un scénario brouillon qui aura très vite fait de vous emmêler les pinceaux. Non pas que nous n’ayons jamais vu de films de la sorte dans leur carrière, The Big Lebowski pour ne citer que lui étant aussi relativement touffu dans son genre, mais il se trouve que les histoires de coucherie du film n’ont qu’un intérêt limité, tout comme l’intrigue des notes volées et du chantage qui s’en suit, que nous suivons sans jamais nous impliquer. En premier lieu parce que les personnages, s’ils sont bien des idiots complets et donc des sujets à la plaisanterie, ne s’en montrent pas pour autant sympathiques tant ils se complaisent dans une bêtise crasse les rendant plus énervants qu’autre chose. En second lieu parce que les acteurs font montre d’une réelle propension au cabotinage (il faut voir combien on tombe dans le n’importe quoi avec Frances McDormand pour le croire), ce qui ne devrait normalement pas poser de problème dans une comédie.

Sauf que voilà, s’il en a toutes les apparences, Burn after reading peine à s’imposer pleinement comme une comédie. Nous l’avons dit, l’intrigue part trop en vadrouille dans toutes les directions qui s’offrent à elle pour offrir une cohérence quelconque, et cela quel que soit le genre dont on parle. D’autant que le film aborde son dernier quart avec une rupture de ton des plus marquantes, qui continue de nous donner cette impression générale de manque de cohérence, de rigueur dans le projet. Le dernier film des deux frères s’avère donc être une bonne grosse erreur de parcours, de celles qui font un peu tâche dans une filmographie qui n’en était pourtant pas exempt (Intolérable cruauté) mais ne comportait quand même pas d’exemples aussi brouillons. Tant pis, on se rassurera en se disant que ça ne pourra qu’aller vers le mieux, ou alors c’est qu’il y aura une forte baisse de régime du côté du sympathique duo qui on l’espère ne durera pas !

18997101w434hq80.jpg  18997099w434hq80.jpg  18997103w434hq80.jpg

Laisser un commentaire