Les Enfants de Timpelbach

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Cela ne le fait peut-être pas pour tout le monde mais avec la fin d’année qui se profile à l’horizon, et en particulier la fête de Noël qui arrive à grands pas, certains d’entre nous ressentent cette impression que l’enfant émerveillé en eux a tendance à remonter à la surface. Sentiment agréable de nostalgie mais qui ne doit cependant pas vous tromper : avec les enfants, rien n’est rose, et ce sont même de sacrées petites pestes quand ils s’y mettent ! C’est en tout cas ce que nous enseigne Les Enfants de Timpelbach, une des grosses productions françaises de l’année 2008 et sans aucun doute l’une des plus intéressantes, le livre dont il est tiré -écrit par Henry Winterfeld- ayant fait le bonheur de nombreux élèves d’école primaire. Et donnant de plus l’impression d’avoir débouché sur une oeuvre ultra-stylisée, avec une véritable esthétique de conte entre Tim Burton et Terry Gilliam, ce qui est toujours appréciable dans un cinéma français qui se contente en général du stricte minimum. Une approche adulte de l’univers enfantin comme nous aimerions en voir plus souvent et sur laquelle se révèle un film plutôt bien fichu pour peu que l’on ne s’attarde pas trop sur ses erreurs de jeunesse.

Dans le petit village de Timpelbach, les enfants sont si turbulents qu’un jour leurs parents, excédés par leurs incessantes farces, décident de leur donner une bonne leçon. Le lendemain, au réveil, les enfants ont ainsi la surprise de découvrir que tous les adultes ont disparu sans qu’ils sachent où. Une situation qui est cependant loin de les effrayer, d’autant que la bande du méchant Oscar incite les jeunes esprits à profiter au maximum de la situation, pillant les réserves de bonbons et gâteaux et détruisant tout ce qui leur tombe sous la main. Bientôt, les adultes ne réapparaissant pas, les enfants ennemis d’Oscar et ses sbires commencent à réorganiser la ville et ils y arrivent plutôt bien malgré leur jeune âge. Mais les méchants enfants, ceux pris dans une spirale anarcho-nihiliste et désormais appelés les « écorchés », préparent une attaque où il n’est absolument plus question de jeu. Et alors que les parents sont en fait prisonniers d’un pays voisin dans lequel ils sont entrés par inadvertance, une guerre sans merci est sur le point d’éclater à Timpelbach

Ainsi, vous le constaterez très rapidement, Les Enfants de Timpelbach s’affirme comme une vraie petite gourmandise visuelle, créant son univers de conte à la frontière entre réalité et fiction, jonglant avec les inspirations d’époques et de lieux diverses. Afin de créer pour les enfants le terrain de jeu idéal, mais aussi insuffler à ce monde une personnalité propre reposant en même temps sur des choses que nous connaissons, des images nous renvoyant à nos propres fantasmes enfantins. Sur ce point, le jeune réalisateur Nicolas Bary et son équipe technique s’en sortent donc vraiment avec les honneurs, d’autant que cette richesse visuelle s’accorde dans des tonalités variées, allant du merveilleux au cinéma d’horreur en certaines occasions. Une maturité assez étonnante reflétée par la maîtrise de la caméra et qui ne se laissera alors aller qu’à quelques rares erreurs de jeunesse, quand elle tente par exemple avec maladresse de recréer la frénésie enfantine par des accélérés plus risibles qu’autre chose.

C’est d’ailleurs sur cet aspect que le long-métrage se fera ses plus sérieux détracteurs, parce qu’il s’agit avant tout d’un film où les enfants sont les stars, occupant plus de 90% de la péloche. Et même si nombre d’entre eux se révèlent être très bons, naturels, beaucoup d’autres vont en certaines opportunités se montrer plus agaçant. Cela concerne surtout les moments où le film tombe un peu trop dans les clichés, comme en caractérisant un personnage par un seul trait spécifique qui le suivra tout du long (le gros qui a tout le temps faim, le petit rêveur inoffensif qui fait une victime parfaite,…), mais on retrouve aussi bien sûr cela dans le jeu même de certains des comédiens en culottes courtes. Parce que l’on a parfois un peu trop l’impression de regarder un spectacle de chiens savants, où il s’agit de faire le beau tout en exécutant les ordres que l’on reçoit et cela même sans les comprendre forcément. 

Une observation qui ne concerne fort heureusement pas le coeur du film, à savoir la lutte entre les deux factions de gamins et après cela la morale qu’ils en retireront puisque, dans l’optique de rendre ce message bien clair, le réalisateur et son scénariste n’hésitent pas à flirter avec des éléments plutôt sombres. On dit que les enfants peuvent être très cruels, et ce film nous le rappelle bien comme en atteste la scène de bataille finale ou bien la violence -physique ou non- dont ils peuvent faire preuve. Mais si quelques uns des enfants y sont vraiment méchants, l’histoire prend quand même le temps de nous expliciter un peu les raisons de ce comportement au détour de deux, trois scènes remettant en cause l’éducation dispensée par leurs parents.  Rien de très fin, mais ça compte quand même, d’autant que cela épaissit agréablement le portrait de certains des personnages principaux. Enfin, on pourra quand même regretter que des pistes intéressantes ne soient pas davantage creusées comme celle de cette dualité entre Oscar et Thomas, qui furent amis dans les bêtises et se retrouvent aujourd’hui ennemis, laquelle aurait probablement permis au spectateur de s’impliquer encore davantage dans le climax guerrier du film (il n’est pas exagéré de parler de « guerrier », vous le verrez avec l’arrivée des « écorchés » qui rappelle presque le cinéma post-nuke).

Quand il ne tombe donc pas dans la caricature, ce qui lui arrive de temps en temps sans que cela l’étouffe pour autant, Les Enfants de Timpelbach se révèle au spectateur comme un bon petit conte cinématographique, pouvant s’apprécier de façons très variées. Une véritable surprise dans le paysage du cinéma français, d’ordinaire peu enclin à nous livrer des films pour enfants qui soient à la fois intéressants et fassent de véritables propositions de réalisation. En plus, ce n’est pas si souvent que l’adaptation d’un livre se montre si réussie, alors oubliez vous aussi vos responsabilités, ne serait-ce que pour une petite heure-et-demie, et venez vous éclater à Timpelbach !

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5 Réponses à “Les Enfants de Timpelbach”

  1. nanou , lilou , marina dit :

    On a trop adoré ce film
    Willy , barnabé && thomas ils sont trop beau !! =)

  2. nanou , lilou , marina dit :

    On a trop adoré ce film
    ont aimerai trop tournée un film avc eux
    Willy && thomas ils sont trop beau
    Barnabé && trop mignion

  3. popo dit :

    moralité?

  4. pitouwh dit :

    La fortune sourit aux audacieux ? Bien mal acquis ne profite jamais ?

    Il ne faut pas vendre la peau du klingon avant de l’avoir tué ?

  5. ellundril dit :

    ce film est trop classe! j’adore barnabé,willy et thomas,ils jouent trop bien tout les trois et ils sont trop chou!!!

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