Le Jour où la Terre s’arrêta

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Réalisé à l’origine au début des années cinquante par Robert Wise, Le Jour où la Terre s’arrêta marqua les esprits grâce à ses effets spéciaux (l’impressionnant robot géant GORT) mais aussi et surtout en raison de son message pacifiste, qui allait à l’encontre des mentalités dans le cinéma de science-fiction de cette époque où l’Autre était forcément un ennemi,  un envahisseur de par la peur du Rouge qui régnait alors. Plus de cinq décennies après et alors que ses thématiques sont plus que jamais d’actualité, le classique se voit donc passé à la moulinette du remake à grand renforts d’effets spéciaux et de campagne promotionnelle choc (la diffusion du film dans l’Espace, envoyé dans le vide intersidéral pour que les E.T. sachent ce que l’on pense d’eux), lui assurant le trône de gros blockbuster de SF de cette fin d’année (non, Agathe Cléry c’est du fantastique… et de la merde, accessoirement, et La Cité de l’Ombre joue dans une autre catégorie). Mais comme toujours avec ce genre d’exercice, nous pouvons nous demander qu’elle est sa véritable légitimité à ainsi revisiter un monument de l’histoire du cinéma, d’autant quand ce dernier met une sacrée piquette à sa nouvelle version.

Quand un immense objet s’approche à grande vitesse de la Terre, les différents gouvernements mondiaux sont plongés dans la panique face à ce qui pourrait être le déclencheur d’une nouvelle ère glaciaire s’il venait à s’écraser sur la planète. Et la situation ne s’apaise pas lorsqu’une boule de lumière vient se poser au-dessus de Central Park, d’où sort un extra-terrestre humanoïde prénommé Klaatu. Fait prisonnier, celui-ci est venu avec un message d’avertissement que personne ne veut entendre exceptée le docteur Helen Benson, avec qui il finit bientôt par s’échapper. Pourchassés par l’armée, Helen devra en même temps convaincre Klaatu de changer ses plans car celui-ci, voyant le comportement des êtres humains avec leur environnement, a décidé de lancer un mécanisme qui sauvera la planète mais provoquera l’extinction complète de l’espèce humaine…

Parce que même si le film de Robert Wise a bien évidemment pris un coup de vieux, ce qui arrive même aux meilleurs, il fait ainsi encore et toujours montre de plus d’à propos, de cohérence que son remake. En effet le message de Klaatu, pourtant primordial au sens même du film, n’est finalement que très peu évoqué dans cette nouvelle version et trouve sa résolution vite expédiée dans une intimité qui manque sérieusement d’ampleur (d’ailleurs, le long-métrage est loin de se montrer aussi spectaculaire que ce que pouvaient laisser penser les bandes-annonces avec son « apocalypse » minimaliste). D’ampleur et même d’un développement véritablement structuré, la révélation de Klaatu se faisant auprès de Jennifer Connelly quand nous avons supporté sur plus d’une heure l’évolution de son beau-fils, interprété par Hayden Smith. Un rôle de gamin énervant comme Hollywood sait si bien nous en faire, qui vous fera pousser de longs soupirs en vous ressassant que sa présence est totalement artificielle et aurait ainsi largement pu être palliée par des rôles comme ceux de John Cleese ou Robert Knepper, qui ne viennent ici que pour de brèves apparitions, permettant alors à l’intrigue de plus se resserrer sur son héros émissaire de l’espace.

D’autant que Keanu Reeves, réputé pour la rigidité de son visage, trouve un rôle parfait avec celui de cet extra-terrestre mono-expressif. Dire qu’il joue bien serait donc un peu exagéré, puisque la palette de ses émotions frôle le néant (c’est là tout le principe), mais il est indéniable que le personnage de Klaatu lui va comme un gant. Dommage qu’il ne soit alors pas plus mis en avant dans le scénario comme tout ce qui le concerne d’ailleurs, de son message à destination de l’humanité entière jusqu’à son robot garde du corps, GORT, qui se montre relativement impressionnant de par ses systèmes de défense sophistiqués. Notre frustration se révélera donc grande au regard des trois micro-scènes dans lesquelles il est utilisé.

Trop frileux et peu inventif, souffrant qui plus est d’un scénario anémique et à côté de la plaque, Le Jour où la Terre s’arrêta constitue ainsi un spectacle qui échoue à être éblouissant ou bien même véritablement intéressant en raison de ses thématiques bâclées. Nous regretterons que l’exercice débouche sur un tel résultat quand nous aurions pu en attendre bien plus (les bandes-annonces avaient quand même de la gueule mais, vous le remarquerez, elles ne s’intéressaient qu’à Klaatu et ne levaient le voile sur aucun des mauvais côtés), nous laissant la triste impression que la pratique du remake mériterait encore d’être faite avec plus de conviction et de sagesse, sachant que se posera toujours le problème du modèle à surpasser si l’on ne veut pas dévoiler toute son inutilité. A croire que l’espèce humaine n’est toujours pas prête à apprendre de ses erreurs et faire les changements nécessaires… 

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Une Réponse à “Le Jour où la Terre s’arrêta”

  1. karinetiniere dit :

    au début j ai été séduite par le côté pur SF mais très vite le film manque d intérêt,je ne peux pas dire que je me suis ennuyée mais BOF 12/20

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