Hellboy 2 : les légions d’or maudites

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Malgré le succès relatif du premier épisode en salles, Guillermo del Toro a gardé les rénes pour ce second épisode et plus encore, sa position privilégiée à Hollywood le lui permettant, il a eu une liberté totale pour faire ce qu’il voulait. Au point même, et c’est là où certains fans tiqueront, qu’il s’éloigne du matériau d’origine, l’emmenant vers des horizons nouveaux. Ceux d’une foisonnante fantasy urbaine, énorme film d’aventure aussi généreux dans l’action, la comédie et même la tendresse. Parce qu’il est comme nous, Guilermo, il les aime les monstres. Et là, il fait plaisir à tout le monde.

Créées à l’origine des temps, les légions d’or maudites servirent dans la guerre que menèrent humains et créatures magiques, qui se solda par un carnage regrettable. Un traité de paix fut signé, et les légions démantelées. Mais aujourd’hui, le prince Nuada tente de la réveiller pour venir à bout de l’espèce humaine, qui a détruit petit à petit les terres qui étaient allouées aux siens. Hellboy et ses collégues du BPRD se lancent alors dans une guerre qui ne manquera pas de les ébranler en même temps que le monde

Tous ceux qui aiment le travail de Mignola pour son caractère sombre seront donc certainement très désappointés par ce second film, qui pourrait presque passer pour plus « gamin ». Une critique parfois entendue et qui ne sait en fait pas faire la part des choses, del Toro perpétuant en réalité son travail sur les contes. Il faut dire que l’univers de Hellboy offre une très grande latitude à ce genre d’exploration, le réalisateur prenant alors le pas sur ce vers quoi tendra de plus en plus le comic avec une atmosphère bien plus tournée vers le merveilleux, les créatures étant désormais pour beaucoup source d’émerveillement plutôt que de frissons. La plongée dans le marché aux trolls à ainsi un vrai petit air de Star Wars, avec ses monstres dans tous les coins de l’écran. Un changement notable qui s’accompagne donc d’un récit un peu adouci mais que la réalisation du mexicain barbu vient néanmoins dynamiter. L’ampleur du spectacle, la lisibilité de l’action, tout est fait pour nous en mettre plein les mirettes avec une générosité qui jamais ne défaille, et c’est sacrément bon !

Et puis il y a bien sûr la touche del Toro, qui toujours parvient à nous communiquer son amour des monstres en leur donnant une allure splendide (l’ange de la mort, un nouveau chef d’oeuvre) mais aussi en donnant du coeur à son récit. Les relations entre les personnages sont efficacement retransmises au travers d’un humour à la cool, qui fait souvent mouche grâce à des acteurs très à l’aise dans leur rôle. Le dramatique n’étant pas non plus oublié, avec cette volonté du réalisateur-scénariste d’avoir un méchant qui a raison d’en vouloir aux humains, nous, qui détruisons l’environnement avec un bon alois vraiment crétin. Le message écologique qui aurait alors pu paraître un peu pataud prend des accents tragiques vraiment poignants, comme lors de la mort de l’élémental sylvestre très inspiré du faiseur de montagnes de Princesse Mononoké, ou bien dans un final cependant désamorcé par la conclusion. On pourra le regretter, mais ce serait se refuser à admettre le fun ressenti au visionnage du film. Mais du fun de très haut niveau.

Emmenées à un rythme de folie et diablement divertissantes, les nouvelles aventures du démon rouge prennent donc des allures de méga-blockuster ultra-efficace, aussi beau dans le fond que dans la forme. Une nouvelle réussite éclatante pour Guillermo del Toro qui est décidemment un réalisateur qui fait tout pour nous faire plaisir, parvenant à jouer de son matériau d’origine pour l’emmener dans une direction qui se pose comme passionnante. Une touche de fantasy qui annonce vraiment de très bonnes choses pour The Hobbit !

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Une Réponse à “Hellboy 2 : les légions d’or maudites”

  1. mabataille dit :

    AHAHAHAHAHAHahahahahah

    « Les relations entre les personnages sont efficacement retransmises au travers d’un humour à la cool, qui fait souvent mouche grâce à des acteurs très à l’aise dans leur rôle. »

    Misère !
    Un jour, tu regarderas dans le rétroviseur et tu te diras : « merde, c’est moi qui ai aimé cette daube ?! » et moi je te répondrai « AHAHAHAHAHAH »

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