Mesrine – L’instinct de mort

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Fantasmée depuis longue date par le producteur Thomas Langmann, bien meilleur dans ce rôle que dans celui de réalisateur (Astérix et les Jeux Olympiques, quand même), la première partie de la biographie de Jacques Mesrine arrive enfin sur nos écrans après avoir commencé à foir parler d’elle depuis quelques temps déjà. Film retraçant la première moitié du parcours du plus célèbre des brigands français, il arrive à une époque où ce genre d’exercice est des plus en vogue après le carton international de La Môme. Pourtant, là où le film de Dahan se proposait juste comme un biopic appliqué, rendu détestable à cause de son personnage principal, Mesrine – L’instinct de mort se pose comme une oeuvre complète, aussi réussie dans le portrait d’un homme irrémédiablement attiré par la violence que dans sa constitution d’un polar nerveux comme le cinoche français en a rarement produit.

Fraîchement revenu de la guerre d’Algérie, Jacques Mesrine est très vite entraîné dans le monde de la criminalité par de vieilles connaissances. Commençant par de petits cambriolages, l’escalade dans le crime et la violence va très vite contrarier ses plans de bâtir une famille et le pousser à fuir, au Québec dans un premier temps. Mais là encore, les casses et autres coups vont le rattraper, l’amenant à fuir de nouveau dans une course qui n’est pas prête de prendre fin

Le pari était compliqué, voir même sacrément casse-gueule : porter à l’écran la vie de l’ennemi public numéro 1, une personne évoquant des sentiments diamétralement opposés en fonction de chacun. Difficile donc d’avoir un criminel comme héros, d’autant quand celui-ci est aussi légendaire que trouble, son parcours ne pouvant être clairement établi entre les croyances, les faits relatés et sa propre autobiographie, dont sont tirés en grande partie ces films. Dès les premières secondes, le film nous avertit ainsi par un message qu’il s’agira d’un regard sur la vie de Mesrine, qu’il ne peut de toutes façons la représenter dans toute sa vérité. Une lucidité que la réalisation de Jean-François Richet explicite tout aussi tôt, avec une utilisation du split-screen qui fragmente l’action comme autant de regards portés sur elle. Un procédé intelligemment exploité et qui révèle une véritable maturité dans le cinéma du réal de Ma 6-T va cracker, qui nous lâche là une bombe dont l’énergie semble inépuisable à l’image de son anti-héros.

A ce titre, le film et sa suite resteront très certainement pour beaucoup dans les mémoires grâce à la prestation de Vincent Cassel, magistral. L’acteur offre en effet une interprétation qui va au-delà de l’image de Mesrine et de la simple transformation physique, d’une intensité toute nuancée qui le confirme définitivement au rang des meilleurs comédiens français. Le caractère couillu du personnage ne manquera pas de plus de vous entraîner dans ses pérégrinations malgré son côté sombre, parfois même détestable, qui aurait pu nous le rendre antipathique. La grande classe, d’autant que Cassel est entouré d’un casting qui excellent tous dans leur genre, chacun participant d’un genre du polar qui fait de Mesrine – L’instinct de mort une sorte de film-somme du genre, en tout cas du point de vue criminel.

Très grande réussite du cinéma français d’action et policier, ce premier volet fait de plus preuve d’une réelle intelligence dans son approche du biopic, présentant son personnage-titre dans une multitudes de facettes qui ne le rendent que plus humain. Un succès à mettre bien sûr au crédit de Vincent Cassel, mais aussi de Jean-François Richet qui emballe la chose avec une maîtrise éclatante. Malgré donc que nous attendions le film avec impatience et que les premiers avis étaient excellents, celui-ci se révèle  presque une surprise tant il est énorme et gonflé. Et la suite sera en salles dans moins d’un mois !

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Une Réponse à “Mesrine – L’instinct de mort”

  1. judepomm dit :

    Je n’en attendais pas grand chose mais dit donc quel film !!! Le rythme est tout simplement enorme avec que des scènes qui vont direct a l’essentiel avec des elipses la ou il faut . La musique est vraiment génial aussi (marco beltrami quand meme)

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