Appaloosa

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Il n’y a pas à dire, le retour discret du western dans les salles obscures se fait de bien belle façon, avec des longs-métrages qui ne cessent de nous donner de faire parler la poudre. Parmi les plus récents, nous avons eu le brillant et atmosphérique L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford ou bien l’efficace 3h10 pour Yuma, et il faudra désormais compter sur Appaloosa. Un western qui sent bon le old-school aux premiers abords, avec un réalisateur-acteur sûr de lui derrière la caméra (une alchimie qui a maintes fois prouvée par le passé qu’elle pouvait se révéler excellente, entre Clint Eastwood et Kevin Costner), Ed Harris, supporté pour l’occasion par un casting bien classe comme il faut. Tout semblait donc bien parti avec ce film que nous attendions sincérement mais qui, s’il n’est pas foncièrement mauvais, n’est pas non plus près d’être une franche réussite. La triste balade du cow-boy qui a manqué sa cible…

Etats-Unis, 19ème siècle. Virgil Cole, accompagné de son second Everett Hitch, est désigné comme le nouveau marshall d’une ville dirigée par Randall Bragg. Le propriétaire de ranch, qui sème la terreur, vient en effet de tuer l’ancien marshall et les députés de la ville sont impuissants face à son gang. Finalement arrêté par Cole et jugé, il est condamné à mort par pendaison. Pourtant, lors de son transfert, Cole est obligé de le laisser s’échapper pour qu’aucun mal ne soit fait à Allison French, la femme dont il est tombé amoureux et qui est désormais l’otage de Bragg. S’en suit alors une course-poursuite entre les deux hommes

Attendu comme un nouvel exemple flamboyant de ce western néo-classique (concept de moi) (pour l’explication, voyez avec ma secrétaire), le second film de Ed Harris -après un Pollock plutôt apprécié- partait presque gagnant avec son pitch « clafficace » (mélange de « classique » et « efficace », autre concept de moi). Des figures classiques du duel au farwest, transcendées par leur interprètes. Jeremy Irons, bien sûr, qui peut être comme chacun sait vraiment très bon dès lors qu’il est bien dirigé par le réalisateur, et qui offre donc ici un méchant bien salopard comme il faut. Renee Zellweger, bien meilleure dans les films historiques que dans les pralineries roses bonbon. Mais ce sont surtout la paire de héros qui vont nous plonger dans l’intrigue, lui donner vie par l’alchimie entre Viggo Mortensen (énorme) et Ed Harris qui trouvent ici des rôles vraiment classes. Un binôme d’où se dégage une sorte d’impression d’invincibilité tant Cole et Hitch sont toujours aux aguets, efficaces et donc sûrs d’eux. Une façade. Solide, mais façade quand même. Le film va ainsi par la suite tellement creuser ses personnages et leurs interactions que l’on découvre, en lieu et place du film plein de fureur attendu, une étude de personnages assez bien foutue. Proche de ses personnages, proche du réel (voir par exemple le refus de spectaculaire dans les gunfights avec des détonations amoindries), on accroche malgré tout grâce aux personnages dont le destin nous importe. Pendant un temps, cependant.

Avez-vous alors remarqué comme il est frustrant  de ne pas aller au bout de ce que l’on a commencé ? Ou plus exactement, de ne pas finir avec un résultat à la hauteur des efforts mis en branle au début de l’entreprise ? Rageant, non ? Cela semble pourtant être devenu une habitude pour pas mal de long-métrages récemment vus, cette tendance à se perdre dans son dernier tiers et à gâter ainsi quelque peu (ou beaucoup, ça dépend) les excellentes choses auparavant constatées, et Appaloosa participe malheureusement en droite ligne de ce mouvement. On trouve ainsi sur sa longueur une cassure très nette, une rupture dans la narration qui concerne le personnage de Allison French et qui, en plus de réaffirmer définitivement le sous-texte homosexuel évident du film (je pensais que c’était exagéré de la part des critiques de parler de cela, mais non…), va l’emmener dans des horizons peu glorieux. Nous n’irons alors pas plus loin pour ne pas vous déflorer la surprise, et elle de taille, mais sachez seulement que cela va abattre tous les codes du western d’un seul coup et placer le dernier tiers du film dans une sorte de malaise où l’on se demande un peu ce que l’on y est venu foutre.

Sam Peckinpah soit loué, il y a quand même un duel à la fin, histoire de nous rappeler ce qu’aurait pu être le film s’il s’était contenté de rester un peu plus dans ses marques. C’est triste de dire ça, mais l’expérimentation scénaristique ici effectuée laisse vraiment une drôle d’impression qui ternit sacrément et la réalisation d’Harris (simple et élégante), et les performances des acteurs, qui n’en sont pas moins bons mais dont les rôles deviennent en fait moins intéressants au fur et à mesure que l’intrigue s’enlise dans ses imbrications. Dommage, surtout au regard de comment les choses avaient commencé. Une conclusion à laquelle on arrive un peu trop souvent désormais, en sortant du cinéma, et qui nous fait sacrément regretter cette manie de la « cassure de ton » qui s’installe à Hollywood.

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Une Réponse à “Appaloosa”

  1. karinetiniere dit :

    moi je n ai pas interprété la relation des 2 protagonistes comme une relation homo,mais comme une réelle amitié une compréhension que seul 2 hommes peuvent comprendre et que nous les femmes avec notre « futilité » et notre soucis du détail ne pouvons capter!!!!en gros se sont des mysogines ils ont besoin de nous pour t…. un coup peu importe si nous ne sommes pas fidèles du moment que nous soyons féminines propres et rafinées

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