Archive pour juin, 2008

Le Monde de Narnia – Chap.2 : Prince Caspian

28 juin, 2008

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« Peter, Lucy, Edmund et Susan, les quatre anciens rois et reines du monde de Narnia, sont maintenant revenus dans leur monde d’origine depuis un an. Malgré cela, ils ne peuvent s’habituer à être redevenus de simples enfants dans une terne réalité et souhaitent tous retourner là-bas. Leur voeux est exaucé lorsque le prince Caspian, pourchassé par son oncle qui veut le tuer pour lui dérober son trône, use de la corne magique de la reine Susan. Dès lors, les quatre enfant sont projetés dans un Narnia qu’ils ne reconnaissent plus car, si un an est passé pour eux, 1300 années ont pesé sur ce monde qui a bien changé, duquel Aslan a disparu tout comme la plupart des narniens. Avec l’aide des derniers survivants de cette époque de magie, ils vont alors lever une armée et tenter de remettre Caspian sur le trône, pour que la paix règne de nouveau à Narnia. »

Autant le dire tout de suite, nous attendions avec impatience ce Prince Caspian pour plusieurs raisons. Primo, il s’agit de la suite d’un film qui avait su se montrer comme une alternative sympathique au royal Le Seigneur des anneaux, jouant la carte de l’heroic-fantasy un peu plus tournée vers les kids. Deuzio, les différentes bandes-annonces laissaient entrevoir un film plus sombre que le précédent, une impression relayée dans les critiques comme étant une véritable claque épique et à la limite du barbare. Et l’on retrouve effectivement cela dans ce second volet cinématographique de Narnia, avec une intrigue plus mature qui abandonne entièrement l’aspect « découverte d’un nouveau monde »/émerveillement pour se focaliser sur des noeuds narratifs et épreuves rappelant clairement la tragédie classique. Rien que l’histoire du Prince Caspian, dont le père a été tué par son oncle fratricide, résonne clairement comme un calquage du Hamlet de Shakespeare. Et ce n’est pas tout puisque le film se concentre sur Peter, plongé ici dans le doute et en confrontation avec Caspian, et que les héros rencontrent quelques déconvenues assez traumatisantes. Le jeune public est donc ici un peu oublié – ce qui n’est pas plus mal – et permet au récit de s’offrir des moments de pur grâce, portés par une réalisation qui trouve un beau souffle, renforcé par la musique. Et puis il ya plein de nains, bien sûr, et ça c’est toujours marrant.

Pourtant, croyez-le ou non au regard de ces excellentes scènes, jamais le film ne parvient à nous prendre réellement aux tripes. Cela n’a rien à voir avec l’aspect technique, c’est sûr, celui-ci se montrant d’une belle efficacité avec des lumières qui recherchent un look « naturel » (on pense parfois à Le Treizième guerrier) ou bien des effets spéciaux très convaincants (et ce n’était pas gagné d’avance quand on voit par exemple qu’il fallait pouvoir rendre crédible une souris bretteuse de 30 centimètres). Non, là par où le film péche, c’est au niveau de son écriture qui prend le parti de se concentrer sur les évènements au détriment de ses personnages, qui plus est pas toujours interprétés de façon satisfaisante (ah les gosses, j’vous jure !). Difficile alors de s’impliquer pour de bon dans l’histoire, malgré ses accents matures, tant la masse de péripéties donne l’impression de s’enchaîner de façon mécanique, avec parfois des sautes assez perturbantes au niveau du montage ou de la narration.

Un peu en deçà de nos attentes au bout du compte, on ne peut nier que l’on sort de Le Monde de Narnia – Chap.2 : Prince Caspian avec l’impression d’un manque évident, d’une lacune dans sa finition. L’histoire, bien plus audacieuse que dans le premier, aurait très certainement gagné à creuser un peu plus l’aspect humain, à ne pas mettre de côté les relations filiales (surtout quand on voit comment cela peut être galvanisant, avec par exemple la scène d’intro ou Peter se bastonne et où Edmund se jette dans la mélée pour aider son frère). Restent quelques très beaux moments, dôtés d’une véritable puissance évocatrice, et qui parviennent à maintenir notre intérêt éveillé. Cependant, on est passé à côté du putain de grand film…

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Speed Racer

25 juin, 2008

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« Speed Racer est né pour être un pilote de course automobile. Ayant baigné dedans depuis toujours, avec un père constructeur de moteur et un frère coureur ayant disparu au sommet de sa gloire, il est devenu l’un des leaders de la compétition à bord de sa Mach-5. Approché par le patron d’un conglomérat peu scrupuleux désirant devenir son sponsor, Speed va alors découvrir un aspect de la course qu’il ne soupçonnait pas, qui va mettre à mal l’image idéale et pure qu’il en avait. Le doigt dans l’engrenage, le jeune coureur va alors devoir concourir pour sauver sa famille mais aussi son amour de la course… »

Bon, avant toutes choses, mettons un point sur les « i » : oui, comme il a été dit un peu partout dans la presse ou par le public, le film peut nuire à votre cornée tant il s’apparente à un trip sans équivalent dans l’histoire du cinéma au regard de son jusqu’au-boutisme. Au point que l’on peut même imaginer qu’il soit en mesure de provoquer des crises d’épilepsie – sans rire – tant, en plus des couleurs, la réalisation des frères Wachowski semble ne jamais vouloir prendre de repos, liant leurs plans et séquences avec de nombreux artifices qui vont au-delà d’un montage ultra-cut en matière de rythme de fou-furieux. Alors, c’est vrai que cet aspect prépondérant dans Speed Racer pourra en déranger certains, agir comme un répulsif hautement efficace, mais ce serait passer à côté de ce qui constitue en fait toute la réussite de l’entreprise, c’est à dire réaliser un film live le plus proche possible d’un rendu animé. Et, sans en arriver aux « extrêmes » (sans vouloir être péjoratif) d’un A Scanner darkly, reconnaissons que cette adaptation d’un anime japonais des 70′s se pose comme l’un des représentants les plus brillants de l’exercice, l’un des plus aboutis.

Parce que les Wachowski sont des fans de cette production niponne, déjà, mais aussi parce qu’ils sont des putains d’esthètes en matière de faiseurs d’images et de réalisation. Pour s’en convaincre, il suffit de contempler la scène d’ouverture, un monument de montage dont chaque élément s’imbrique entre passé et présent pour nous introduire à l’univers, à l’intrigue, aux personnages, tout ceci dans une furie mécanique qui vous laissera pantois devant tant de vitesse. Et puis il y a les autres inspirations qui, comme pour la trilogie cyber-punk, vont continuer de nourrir le métrage, la plus évidente étant bien sûr les jeux vidéos (fans de F-Zéro, Wipeout et autres Trackmania, c’est pour vous !)  vu la façon dont se déroulent les courses, avec des voitures qui ont autant de gadgets que dans Les Fous du volant.

Ce qui nous amène tout droit à la notion de « cartoon live », un genre et un style souvent approché au cinéma mais qui va trouver ici un nouveau représentant des plus concluants. En effet, l’omniprésence et le côté factice des images de synthèse, ce qui serait d’ordinaire une tare, deviennent ici en réalité l’une des plus grandes forces du film dans la concrétisation de cette optique. Parce que l’image, débarrassée de la plupart de ses attaches physiques, peut exploser dans un délirium de nawakerie hallucinée et hallucinante, où les décors ultra-fantaisistes le partagent aux courses excessivement ludiques ou bien encore même à une sorte de dé-réalisation de l’image, comme lorsque les frangins (frère et soeur maintenant, en fait, mais c’est chiant à écrire ça) font glisser lors d’une scène romantique le flou de l’image vers des dizaines de coeurs éthérés. Ajoutons à cela que les acteurs, malgré un registre de jeu assez sérieux (exception faite du gamin et de son macaque, les bouffons du film pour faire accrocher les plus jeunes spectateurs), s’intégrent plutôt bien à cet univers de cartoon, lui donnant de plus la force suffisante lorsqu’il s’agit de traiter des thèmes, des intrigues plus matures. 

Malgré donc un changement de ton plus qu’évident en comparaison de leurs oeuvres précédentes – au point que l’on se demande comment un tel écart est possible, avec parfois un humour très enfantin/gnan-gnan assez déconcertant -, les frères Wachowski restent égaux à eux-même et basent en fait leur récit sur autre chose que la simple volonté de gagner. Avec plus ou moins de finesse, Speed Racer est aussi pour eux l’occasion de réfléchir sur ce qui fait la beauté et l’intérêt du sport, de la compétition, à la façon dont il peut-être corrompu (voir le discour particulièrement explicatif du méchant sur ce point). Mais, si ce sous-texte donne un peu d’épaisseur (enfin, pour ceux que ça intéresse, parce que moi…) à une intrigue qui sans cela s’avèrerait d’une anémie totale, l’intérêt du film n’est pas là. L’intérêt est bien dans le fun, la démonstration technique, artistique. Et pour peu que l’on ait l’esprit et les yeux prêts à cette expérience, soyez sûrs que le jeu (vidéo) en vaut la chandelle !

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L’Incroyable Hulk

22 juin, 2008

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« Caché en Amérique du Sud, David Banner tente d’apprendre à faire taire la créature qui vit en lui. Seulement, sa discrétion est trahie par une erreur qui va rameuter dans ce coin perdu du monde le général Ross et ses soldats dont Emil Blonsky, un spécialiste des missions difficiles. Contraint de reprendre la fuite, David Banner va revenir aux USA pour retrouver son amour d’autrefois, Betty Ross, et contacter une mystérieuse personne pouvant l’aider à éradiquer son « mal ». Mais l’armée l’a suivi jusque là et Emil Blonsky, envieux de la force de Hulk, décide de servir de cobaye à une expérience similaire, devenant l’Abomination. Un monstre sauvage et incontrôlable lâché sur New-York, et contre lequel va devoir se battre notre héros... »

Après l’adaptation de Hulk par Ang Lee, aussi formellement splendide qu’intrinséquement pète-burnes malgré quelques scènes d’action dantesques, autant dire que nous attendions hardemment une suite ciné aux aventures du géant vert (Ho-Ho-Ho), histoire de corriger le tir. Alors, quand une suite avait été effectivement annoncée mais que le nom de Louis Leterrier y avait été attaché, nous doutions du bien fondé de la chose, nous rappelant du traitement réservé à certains réalisateurs français lors de leur exportation. Pourtant, quelques éléments vinrent nous rassurer, comme la présence de Edward Norton dans la peau de Bruce Banner ou bien de Tim Roth en tant que sa nemesis, l’Abomination. Puis les premières bandes-annonces, qui annonçaient une péloche bien brutale.

Et quand nous nous retrouvons effectivement face à la chose, force est d’avouer que le réalisateur s’avère être un très bon choix pour ce film tant son traitement sait jongler entre nécessité narrative et besoin de spectaculaire. Le rythme, ainsi, dose savamment ces deux mamelles auxquelles se nourissent les bons films, ceux que l’on peut qualifier de réussis. On sent réellement la présence d’un scénariste derrière cette histoire (ou de quelqu’un ayant au moins essayé intelligemment de faire un scénario, puisque c’est ici Edward Norton qui a peaufiné la chose, sa condition pour prendre part au projet), avec un traitement du héros qui exploite ses faiblesses, les met au centre du récit et offre alors à son personnage une réelle profondeur, de la même façon qu’il élabore un méchant parfait en la personne d’Emil Blonsky, un soldat avide de pouvoir suite à un échec dont il n’a pas l’habitude et sa fascination pour le super-héros.

Néanmoins, des aspects similaires étaient déjà présents dans la version de Ang Lee, avec une approche tragique même encore plus développée (l’affrontement entre un père et son fils), mais ici le dosage entre dramaturgie et action est bien mieux géré et donne à l’ensemble une véritable valeur en tant que spectacle. Surtout que le Hulk version Leterrier, s’il ne fait pas mumuse avec les engins militaires de façon aussi « artistique » que chez Lee, présente malgré tout un style brutal, plus rentre-dedans que précédemment, avec une fureur que la caméra retranscrit à l’aide d’une icônisation monstrueuse hors des combats à proprement parlé (voir les magnifiques travelings quand le perso pique sa colère). Car une fois au milieu de l’action, c’est du « rough » comme disent les ricains, de la bonne baston de bar comme le prouve un combat final tout en grosses patates et énormes coups de tatanes. Un genre différent mais qui ne manque pas non plus d’intérêt.

Finalement plus proche d’une transposition de la série télévisée – comme le montre l’apparition de Lou Ferrigno, l’utilisation du thème présent dans le dernier épisode ou bien le fait que Hulk n’exécute plus ses supers sauts – que d’une véritable adaptation de la bande-dessinée, L’Incroyable Hulk est la vraie bonne surprise que nous attendions, que nous espérions (un comble !). Expurgé de ce qui serait prêt de plus d’une heure de scènes coupées, il est indéniable qu’il souffre de quelques raccourcis dans le traitement des personnages secondaires ou bien, surtout, dans l’apparition de l’Abomination. Mais puisque celà participe de l’efficacité du long-métrage et que le véritable centre d’intérêt, à savoir la dualité Bruce Banner/Hulk, est au coeur du film, nous célèbrerons plutôt ce qui est – après Iron Man – une nouvelle preuve de la grande forme du studio Marvel et de ses adaptations ciné. Et quand vous verrez le caméo en toute fin de métrage, vous aussi n’aurez plus qu’une idée à l’esprit : la suite, vite !

(sinon, vous pourrez aussi sortir de la salle en hurlant « HULK SMASH !!! », les symptômes variant en fonction des spectateurs)

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Phénomènes

15 juin, 2008

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’odeur de sainteté qui entourait M. Night Shyamalan est aujourd’hui bien terminée. Après s’être fait connaître avec un Sixième sens ayant particulièrement marqué les esprits et cartonné au box-office, le jeune réalisateur pouvait en effet tout se permettre au sein du studio Disney, comme un film de super-héros dérogeant à tout le spectaculaire inhérent au genre. Et même si cet Incassable ne se contenta que d’un nombre honnête d’entrées en salles, Signes allait par la suite faire un nouveau carton et permettre à Shyamalan d’en remettre une bonne couche dans la manipulation du genre cinématographique. Oui, nous parlons bien de Le Village. Un film qui trahit le public et ses croyances, ses désirs, en cours de route ; un film qui, pour la première fois depuis Sixième sens, divise grandement la critique, beaucoup d’avis très négatifs se faisant même entendre – et à raison – sur le film. Blessé, rancunier, Shyamalan revient avec La Jeune fille de l’eau, un petit conte sympathique qui devient néanmoins l’occasion pour lui de taper directement sur les critiques ciné et de se mettre en valeur avec une aura de martyr mystico-chrétien. Bon, là, disons que les critiques se sont un peu beaucoup déchaînés et que l’image de marque de Shyamalan auprès des studios a encore plus déchantée. Pour rester poli. Le réalisateur a donc galéré pour monter ce Phénomènes, parce que lui accorder sa confiance et un budget était top risqué aux yeux des décideurs. Mais il y est arrivé, malgré tout. Seulement, était-ce pour le pire ou le meilleur ?

« Un beau matin, à Central Park, la population est précipitée dans l’horreur : sans prévenir, des gens adoptent un comportement incohérent, déstabilisant, avant de se donner la mort sans même exprimer la moindre émotion. Très vite, cette épidémie se répand et la nouvelle d’une attaque terroriste contre les Etats-Unis est sur tous les postes de télévisions. Un professeur de lycée, Elliot Moore, va alors tenter avec ses proches de fuir cette menace invisible en partant vers l’ouest. Mais comment distancer ce qui est tout autour de vous ?« 

Sur le papier et au travers de ses diverses bandes-annonces, on ne peut nier que le nouveau Shyamalan faisait naître un intérêt certain dans nos appétits cinéphiliques. La fin du monde, des images de suicides collectifs particulièrement tripantes : yep, tout ça fleurait bon. D’autant plus que nous savons sans hésitation que le réalisateur est capable de très bonnes choses, et nous retrouvons donc des exemples indubitables de cela en cours de visionnage, au détour de certaines scènes qu’une musique effacée mais bien présente de James Newton Howard vient sublimer par son pessimisme délicat. On pensera par exemple aux retrouvailles finales malgré la menace, mais ce sont bien les séquences comme celle de la « chute des pommes » qui nous marqueront, avec des images fortes et souvent amenées efficacement. S’inscrivant de plus dans la thématique majeure de ses films, le cocon familial confronté à une menace extérieure (complétée ici par une réflexion sur le protectionnisme héritée de Le Village – keuf, keuf… – et un message écologique nouveau pour lui), on ne peut nier que Phénomènes porte bien la marque de son réalisateur, même si Shyamalan n’y fait pas d’apparition aussi visible qu’auparavant. Pourtant, le film ne fonctionne pas, ou en tout cas presque jamais. Pourquoi ?

Premièrement parce que – et c’est assez gênant – les acteurs ont tous l’air complétement à côté de la plaque les trois-quart du temps. Ce qui peut sembler incroyable mais est malheureusement la triste vérité, à se demander s’ils savent même dans quoi ils jouent tant ils semblent parfois absents, pas impliqués. Ou en roue libre, ce qui signifierait que la direction d’acteur n’était pas une des préoccupations majeures – et c’est dommage – de Shyamalan sur le tournage. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le jeu pathétique de Zooey Deschanel en début de péloche ou bien la faculté de Mark Wahlberg à imiter la transparence du cristal. Comment expliquer que le réalisateur ait laissé passer cela, lui qui auparavant se montrait si pointilleux sur ce sujet ? De la même façon, nous ne pourrons manquer de relever un certain manque de rigueur, voire de graves lacunes dans la réalisation, toujours aussi incompréhensibles chez un faiseur d’images d’ordinaire si appliqué. Et à l’aune de cette constatation, nous nous souvenons que Shyamalan, pour voir son projet aboutir, a dû concéder à la Fox une ré-écriture du scénario. Il a dû plier, se fondre dans la vision des producteurs pour la première fois depuis Sixième sens. On peut dès lors aisément penser qu’il en fût de même sur un tournage plus compliqué qu’autrefois, avec moins de liberté financière – voir l’absence de scène de foule en panique alors qu’on parle partout d’attaque terroriste, même dans les lieux bondés comme une gare - ou artistique – la réalisation posée du cinéaste qui est ici comme perturbée. Mais la véritable présence des producteurs se ressentira très certainement plus au niveau du scénario, avec une écriture souvent pataude et explicative à l’excès, qui tente même quelques blagues complétement incongrues ou semble encore avoir insérée certaines scènes au forceps pour rendre l’ensemble plus « trépidant ».

Il y a ainsi une réelle différence entre un Shyamalan qui peut faire ce qu’il veut – mais pas trop, hein, parce que Le Village quand même - et un Shyamalan tournant sous une surveillance assidue, la seconde solution ne donnant rien de très bon comme le prouve ce Phénomènes qui s’avérait pourtant très excitant à première vue. Rendu bancal par cette situation, on peine à rentrer dans le film où à en retirer un réel plaisir cinématographique – tout juste sur quelques brêves scènes, au demeurant excellentes - , le reste patinant dans un flou entre la vision du réalisateur et celle des producteurs. Une dualité qui partage la plupart du métrage entre l’incompréhensible, l’absurde et même le ridicule. Prions pour que ce ne soit le cas de son adaptation du super dessin animé Avatar !

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p.s : parce que l’affiche française et les photos promo du film ne sont vraiment pas géniales, voici pour rattraper le coup un petit poster allemand (ou autre, east-style en tout cas) bien sympatoche et tellement plus accrocheur. Allez comprendre…

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Bienvenue au cottage

14 juin, 2008

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Alors que nous le pensions cantonné aux comédies sociales ou bien aux drames sociaux (oui, le social a une grande place dans la pensée artistique anglaise), le cinéma bitannique a fait montre ces dernières années d’un beau retour en force. Comme chez les espagnols, ses films de genre se sont réaffirmés, ont établi leur identité propre afin de s’imposer dans le paysage mondial. Il y a bien sûr les films de Neil Marshall, le fer-de-lance du mouvement avec des péloches comme Dog Soldiers ou The Descent, mais les films que l’on donnerait comme les plus caractéristiques de cette identité recréée seraient davantage ceux mêlant l’horreur à l’humour. Typiquement anglais, bien sûr, à la fois noir, absurde et extrême, avec la touche de flegme indispensable. Et Bienvenue au cottage se situe en plein dans cette mouvance, même si nous lui reconnaîtrons être plus proche de Severance que de Shaun of the Dead en cela qu’il n’aborde pas extra-textuellement le genre horrifique, ne joue pas avec mais va au contraire s’en servir de façon très traditionnelle. Frontale. L’humour venant uniquement des situations ou des personages et non d’une réflexion méta-filmique (yep, je me la pète avec des mots savants). Alors, est-ce que cette virée dans l’arrière-pays anglais se révèle être à la hauteur de la qualité ambiante en Angleterre ? La réponse en bas de cette critique mais, pour une meilleur compréhension, je ne saurais que trop vous conseiller de lire aussi ce qu’il y a au milieu. C’est parti !

« Deux frères diamètralement opposés débarquent un soir dans un cottage perdu de l’arrière-pays anglais, le coffre de leur voiture remplit par une bouteille de lait et une jolie jeune femme, solidement ligotée et baillonnée. Le plan est parfait, ce kidnapping de la fille d’un riche mafieux  promettant une somme rondelette en bout de route et la possibilité pour les deux frangins de règler définitivement leurs comptes. Seulement, dès le départ les choses vont se mettre à dérailler et la situation n’aura de cesse d’empirer car, en plus d’une victime bien moins docile que ce qu’il paraît et des habituels mauvais coups du sorts, un fermier monstrueux des environs va faire son apparition et décimer tout ce qui tombera à portée de ses outils agricoles…« 

Bon, quand on y réfléchit, qu’est-ce que nous venons chercher lorsque nous nous installons devant un film comme Bienvenue au cottage ? De l’horreur, bien sûr, mais aussi de l’humour. Commençons donc alors par cet aspect du film, celui-là même qui va l’inscrire dans la droite lignée de l’école anglaise. Un humour qui va passer en premier lieu par ses personnages et, en cela, il est indéniable que la galerie présentée par le film - bien que très réduite – s’avère être sacrément bien pensée. Le film part ainsi comme un polar dans lequel nous découvrons un duo assez atypique formé de deux frères que tout oppose, élaborant une sorte de dynamique à la buddy-movie qui va cependant faire toute la différence grâce à ses acteurs (absolument géniaux, Andy Serkis comme Reece Shearsmith) et son écriture, faisant naître les émotions au sein même de l’humour, dans la relation filiale qui se dévoile sous nos yeux. Immédiatement, les personnages nous sont donc sympathiques et lorsque l’on découvre la teneur de leur plan, le kidnapping, leur côté pieds-nickelés va continuer de remporter notre adhésion. Surtout que cette bonne première impression se confirme encore lorsque Jennifer Ellison sort de sa torpeur, révélant sous ses aspects de poupée toute mimi une personnalité bien loin de ce que nous imaginions. Des personnages dont la complexité va alors les rendre d’autant plus vivants à nos yeux, ce qui est une des conditions premières pour que nous nous impliquions dans l’histoire et que les gags puissent alors fonctionner. Ajoutons à cela quelques rôles secondaires participant de cette même volonté de nous surprendre, de jouer sur un décalage quant à ce que l’on pourrait attendre d’un tel film, et nous obtenons une galerie de branquignols et abrutis dont on prend plaisir à suivre les mésaventures.

Bienvenue au cottage se montre donc souvent très marrant grâce à ses personnages. Mais pas seulement, puisqu’il ne faut pas malgré tout oublier que nous sommes dans un film d’horreur , c’est à dire une porte ouverte vers des blagues bien noires comme il faut, qui font mal là où il faut. Meutres et sévices jouent ains à fond la carte d’une violence plutôt graphique et bien jouissive, qui arrive à chaque fois comme une rupture inattendue au suspense de la scène, ce qui est le cas – en tout cas ils essayent – dans 95% des films de ce type, mais il y a ici un art de la blessure incongrue qui fait toute la différence et nous fait souvent nous esclaffer de pure satisfaction malsaine. Et ça tombe bien car en réalité, si l’on s’arrête à la véritable valeur horrifique du film, on ne peut nier que le film se contente d’une approche efficace du genre sans jamais essayer de changer quoi que ce soit à la formule de départ. Comprendre par-là que Bienvenue au cottage inscrit ses grandes lignes dans une routine bien connue (et cela même si le film commence comme un polar, à la manière de Une nuit en enfer) : celle du survival avec fermier mongolo et défiguré ayant une forte tendance à s’emporter contre ceux pénétrant ses terres. Du classique, donc, déjà efficacement traité et encore dynamité de l’intérieur grâce à l’art de la surprise dont se fait un devoir le scénario. Rien ne sera épargné aux personnages et rien ne sera au bout du compte comme ce à quoi nous nous attendions.

 Le second film de Andrew Williams – après un London to Brighton apparemment pas mal apprécié par ceux qui l’ont vu – est donc une vraie petite péloche bien cool, qui s’inscrit parfaitement dans le modèle de ses aînés. La phrase d’accroche utilisée dans la bande-annonce française (plutôt nulle, au demeurant), « Un film assez intelligent pour être très con », résume correctement la chose tant il se montre bien écrit, réalisé et interprété. Et pourquoi qu’on n’en a pas des comme ça, chez nous ? Snif…

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Voyage au centre de la Terre

12 juin, 2008

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Quand les images de synthèse firent leur apparition dans les années 80, elles n’étaient encore que le lieu d’une expérimentation utilisée avec parcimonie (exception faite avec Tron, bien sûr), pour contourner certaines lacunes des tournages dont les effets mécaniques et autres trucages visuels montraient alors leur limite. On se souvient tous, par exemple, de l’homme-vitrail de Le Secret de la pyramide, ou bien de des transformations successives de la sorcière Fin Raziel dans Willow (le tout premier morphing, pour info). Pourtant, ce n’est qu’au début des années 90 que l’industrie hollywoodienne comprit tout l’intérêt de ces images. Non pas sur un plan artistique, mais bien sur le plan de la communication, de la vente auprès du public. Car parler du nombre de CGI que l’on avait dans son film, à l’époque, était synonime d’en prendre plein les mirettes, de rester scotcher devant le potentiel du cinématographe. Puis, comme tout mouvement induit par la nouveauté, le phénomène s’est essoufflé, les images de synthèse se sont démocratisées et plus personne n’est désormais abasourdi de voir des dinosaures plus vrais que nature ou bien un homme de métal changer d’apparence. Sous l’impulsion de James Cameron, un nouveau procédé est alors à l’étude dès le début des années 2000, un système qui renouerait avec la projection 3D d’antan mais d’une façon bien plus efficace. Toujours dans cette idée d’en mettre plein les yeux du spectateur, de lui offrir ce qu’il ne pourra retrouver dans le confort de son salon. Et si Cameron est bien celui qui a majoritairement développé cette technologie qui s’inspire de la stéréoscopie, ce n’en est pas pour autant son Avatar qui jouira de la primeur de cette nouvelle technologie puisque, en plus de la ressortie de L’Etrange Noel de Monsieur Jack et autres La Légende de Beowulf, c’est bien Voyage au centre de la Terre qui sera la premier film live à bénéficier de cette nouvelle technologie (mettons de côté les concerts). Alors on se cale bien dans son fauteuil, on enfile ses lunettes et en route pour l’aventure !

« Trevor est un scientifique un peu farfelu dont les théories sur les mouvements sismiques font doucement rire ses estimés confrères, surtout depuis que son frère – et collègue de recherche – a disparu corps-et-bien il y a quelques années. Quand sa belle-soeur lui confie la garde de son neveu qu’il n’a pas vu depuis des années, la cohabitation s’annonce rude mais, très vite, tous deux sont intrigués par un exemplaire de « Voyage au centre de la Terre » ayant appartenu autrefois au disparu. Un livre dans lequel ils retrouvent des indications étranges menant tout droit à l’Islande où se trouverait, comme il est dit dans le livre, l’entrée vers le centre de la Terre. Bien décidés à percer ce mystère, ils partent tous deux pour les terres du Nord et, après avoir engagé une jolie jeune guide, s’engagent dans les dédales du ventre de la Terre… »

Il est bien évident que le film, en tant que premier représentant de cette nouvelle génération de longs-métrages projetés en trois dimensions (beaucoup sont encore à suivre), va consister pour grande part en une démonstration technique. Nous ne serons donc pas étonnés de retrouver à la réalisation, en la personne de Eric Brevig, un ancien superviseur des effets spéciaux sur de nombreux blockbusters, s’étant fait la main dans les secondes équipes de certains de ces films. Quelqu’un en mesure de gérer le défi technique que va représenter ce tournage d’un nouveau genre, qui devra être pensé davantage en termes de profondeur de champs pour user au mieux de sa nouveauté, et qui se pliera à un cahier des charges bien précis sans trop rechigner. Mais nous y reviendrons plus tard.

Pour l’instant, intéressons-nous donc aux manifestations de cette 3D avec, en premier lieu, les divers effets-chocs directement hérités des spectacles type EuroDisney et autres Futuroscope comme le démontre leur sophistication et leur gratuité la plus totale – on va même jusqu’à nous refaire le coup de la balade dans le wagon fou. Pourtant, puisque cela fait malgré tout plaisir (on est plus ou moins venus pour ça, quand même) et participe entièrement de l’esprit fun du film, nous ne nous en plaindrons pas plus pour nous concentrer sur un petit regret réel, celui-là : la sensation que le relief est parfois un peu oublié au cours des péripéties. Un comble, qui peut tenir à des cadrages sans profondeur de champs, des éclairages ne départageant pas suffisamment les différents éléments à l’image, peut-être même un défaut des lunettes ; mais les faits sont là : sur certains passages, l’efficacité de cette technologie n’est pas des plus évidentes. Dommage, surtout quand il s’agit de scènes comme la chute dans le puit sans fond (enfin, presque) qui aurait pourtant été l’ocassion d’un pur ride. Reste que Voyage au centre de la Terre profite de suffisamment d’autres scènes magnifiées par la 3ème dimension – la découverte du centre de la Terre, pour ne citer qu’elle, où nous avons vraiment l’impression d’y être – pour nous contenter tout notre saoûl, rapport à ce qu’il en est de s’en prendre plein les mirettes.

Malheureusement, un film ne peut se contenter de cela et nous ne pourrons éviter de noter que Voyage au centre de la Terre présente ses limites dès lors que l’on se penche sur son scénario. S’il met ainsi en place quelques idées qui aurait pu être sympathiques une fois développées (la dualité entre l’oncle et le neveu pour le coeur de la jolie guide islandaise, la relation entre le livre de Jules Verne et la réalité), il les abandonne sans plus de concertation ou bien les sous-emploie. Le plus révélateur étant très certainement la façon dont la raison même de l’aventure, la quête qui est mise en branle, va être balayée en quatre, cinq minutes situées au beau milieu du récit. Dès ce moment, l’intrigue est en roue libre et se fond sur de nouveaux enjeux qui, s’ils ne manquent pas d’intérêt ou de logique, participent néanmoins de cette impression générale que nous n’avons là qu’un scénario prétexte à un enchaînement de morceaux de bravoure. Le rythme de la péloche est donc excellent, on ne s’y ennuie pas une seconde, mais l’ensemble manque d’âme à force d’être pensé en termes d’efficacité. Nous revenons ici au réalisateur qui doit faire ses preuves et est donc plus maléable, un yes-man appliqué mais prêt à sacrifier son scénario sur l’autel d’une logique mercantile qui en manque parfois justement, de logique. Le spectateur ne s’y implique donc jamais vraiment, il reste émotionnelement extérieur alors que, ironiquement, il devrait être projeté au coeur de l’histoire grâce au procédé 3D.

Malgré cette lacune assez importante, nous ne retirerons pas toute la sympathique que nous avons pour un film qui souffre en fait des défauts de ses qualités, à savoir la primauté sur le terrain du film live en 3D ou bien encore sa nature de montagne-russe (une expression parfois galvaudée mais qui trouve ici une illustration littérale) sur pellicule. Véritable attraction de parc de loisir, il contient nombre d’éléments plaisants – la multiplication des péripéties et le rythme qui en découle, la présence d’un Brendan Fraser à la croisée de La Momie et George de la jungle et, bien sûr, l’aspect fun de la 3D – qui finissent par emporter notre adhésion et faire de ce Voyage au centre de la Terre un excellent divertissement estival. Un parfait petit apéritif en attendant le long-métrage qui saura trouver l’équilibre entre le fond et la forme, entre l’avancée du média et la tradition du récit. En attendant Avatar ?

(retrouvez cette critique sur le site dvdrama.com)

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Super-Heros Movie

4 juin, 2008

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Connaissant un succès qui ne se dément pas depuis quelques années maintenant, les films de super-héros n’avaient pas encore eu droit à leur parodie alors qu’il y a tout de même de quoi faire : des histoires ultra-codifiées, des personnages icôniques que presque tout le monde connaît, des collants moulants aux couleurs bariolées,… Le champ des expérimentations parodiques est donc vaste avec un tel sujet et c’est sans surprise, mais non sans interêt, que nous voyons aujourd’hui débarquer Super-Héros Movie dans les salles obscures. Pourtant, il nous reste encore en bouche le goût amer des dernières parodies sorties de la machine hollywoodienne, des comédies moyennes ne parvenant jamais à retrouver l’efficacité et le brio des Y a-t-il… ? et autres Hot Shots !. Alors, les supers-héros vont-ils sauver la situation encore une fois ?

« Tout comme un certain Peter Parker, Rick Ricker est un lycéen pour qui l’expression « souffre-douleur » semble avoir été inventée. Orphelin vivant chez son oncle et sa tante, peu sûr de lui et martyrisé par les brutes de son lycée, il est consumé depuis des années par une passion pour sa jolie voisine, Jill Johnson, sans pouvoir néanmoins le lui avouer. Une situation qui va considérablement changer lorsque, lors d’une visite scolaire dans un laboratoire top-secret de recherches en génétique, une libellule mutante vient à le piquer, lui léguant ses incroyables pouvoirs. Dès ce jour, Rick devient La Libellule, un super-héros combattant le crime non sans se départir d’une certaine maladresse. Quand arrive Le Sablier, un super-méchant aux pouvoirs terrifiants et mortels… »

Premier constat qui fait plaisir : Super-Héros Movie, au contraire des dernières parodies que nous avons vu fleurir ces dernières années, se concentre sur un sujet, une thématique unique (ici les supers-héros, bien sûr, et non la patate douce). Ça n’a l’air de rien comme ça mais cela offre au film une réelle unité et, potentiellement, une histoire qui se tient. On ne sent donc pas le rapiéçage forcé entre différentes intrigues comme c’était le cas dans un Scary Movie 4 ou un Big Movie, dont les gags semblaient avoir été introduits de force pour caser le plus de références possibles. Ici, l’ensemble se créé dans une cohérence puisée majoritairement du côté de Spider-Man, qui rend la parodie finalement plus efficace. D’autant plus que les acteurs jouent sur un registre avec ce qu’il faut de sérieux (à ce titre, Drake Bell s’en sort plutôt bien dans le rôle du héros, même s’il est bien évident qu’il n’arrive pas à la cheville d’un Leslie Nielsen pour vous dire les plus grosses énormités avec le plus grand des sérieux) pour que se créé la rupture entre la source d’inspiration et la parodie. Pour que le gag ne soit pas seulement une bouffonerie lancée sans raison mais bien le décalage d’une scène ou d’un personnage qui nous sont familiers.

Autre constat quant à cette familiarité nécessaire pour que la parodie fonctionne (bah oui : si l’on fait une blague sur quelque chose que vous ne connaissez pas, l’impact en sera forcément amoindri), le film évite plusieurs écueils qui ont sérieusement entâchés le genre chez ses derniers représentants entre une influence du hip-hop – qui cible clairement un public « d’jeuns » quand, normalement, une parodie devrait s’adresser avant tout au cinéphile en chacun de nous – et une autre venant de la télé-réalité. Ou quand la people-isation contamine la comédie, la pollue de références qui ne feront rire qu’un public encore bien loin de ceux qui se rendent dans la salle de cinéma pour voir leurs oeuvres favorites pastichées (voir à ce titre le pathétique Spartatouille, qui sort prochainement sur vos écrans). Le second film de Craig Mazin ne nous déçoit pas sur ce plan, se concentrant au maximum sur les supers-héros de son titre même si, il est vrai, certains auraient gagnés à être plus développés ou plus présents (voir si peu Pamela Anderson alors qu’elle porte un costume magnifique, c’est un comble !). Mais puisque l’on reste dans une thématique comic-book, la narration ne fait preuve d’aucun hors-sujet trop gênant qui casserait la comédie.

Alors, bien qu’il soit largement inférieur aux chefs d’oeuvre éternels des Z.A.Z. (mais qui peut prétendre à les remplacer ?), ce Super-Heros Movie en présente malgré tout une intéressante alternative qui évite le racolage des dernières productions du genre. Enfin, c’est ce qu’il aurait pu être car, au bout du compte, le film souffre atrocement d’un montage qui a été dépouillé de nombre de gags qui auraient été autant de petits plus pour articuler le récit, développer l’ensemble et lui donner une stature autre que celle de « film vite vu, vite oublié » nous laissant sur notre faim. A ce titre, ne quittez pas la salle une fois les lumières rallumées mais patientez un peu pour découvrir, au bout de quelques minutes, certaines de ces scènes coupées. Les stigmates d’un film qui se contentera donc d’être tout juste passable quand, dans une version rallongée, il aurait pu se montrer bien plus convaincant. Le phénomène Scary Movie 2 bis repetita pour un véritable gâchis, et une triste pichenette à ceux qui attendent désespérement une vraie bonne parodie. Comme quoi, les supers-pouvoirs peuvent vous aider à sauver une ville, un pays, le monde, mais pas forcément un film !

(à noter que cette dernière phrase s’applique aussi à Daredevil, Elektra, Catwoman, Les 4 Fantastiques 1 & 2, Ghost Rider,…)

p.s : une petite mise en garde contre l’affiche du film qui est, au même titre que celle de Rise, un véritable ramassis de conneries n’entretenant que peu de rapports avec le film en lui-même. Ainsi, sachez par exemple que 5 des 7 personnages présentés ne sont visibles que trois minutes à l’écran (et encore, en additionnant leurs temps à l’image). Alors maintenant, quand à savoir si c’est du foutage de gueule ou bien un élément révélateur du manque de cohérence et de maîtrise de la production, allez savoir !

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Hellboy et l’affiche qui pue

4 juin, 2008

Ça se passe de commentaires, non ? Ou alors juste un : cette affiche est vraiment à chier. Prions pour que ce ne soit pas celle qui ornera la façade des cinoches !

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