Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal

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Après avoir fait couler beaucoup d’encre numérique (mes doigts en tremblent encore de fatigue), le nouvel opus des aventures du plus célèbre des archéologues est enfin sur nos écrans. Avec un passif on ne peut plus culte et une attente de près de vingt ans entre l’avant-dernier film et celui-ci, autant dire que c’est de pied ferme que l’on s’asseoit dans la salle de cinéma, prêts à en prendre plein la tronche… ou à déchanter sérieusement, certains premiers avis sur Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal étant pour le moins négatifs. Pour ne pas dire carrément insultants. Mais bon, faut-il prendre le risque de n’écouter que le son de cloche des oiseaux de mauvaise augure et passer ainsi à côté du baroud d’honneur des icônes ayant forgé – sans exagération – notre culture cinématographique  ? Bien évidemment, non. Alors on pose ses fesses et on profite de l’aventure, pour se faire son avis.

Nous sommes en 1957 et le monde, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est plongé dans un nouveau conflit : la Guerre Froide. L’Est contre l’Ouest, les communistes contre les capitalistes, l’URSS contre les USA. Un conflit dans lequel s’est engagé dans le docteur Jones et qui l’a amené à être fait prisonnier des soldats rouges et d’Irina Spalko, une scientifique proche de Staline et spécialiste de l’esprit humain. Celle-ci veut en fait profiter des connaissances du professeur pour retrouver un artefact, le crâne de cristal, censé détenir et offrir un pouvoir immense à quiconque saura le ramener là où est sa place. Impliqué à son tour dans l’affaire pour retrouver un collègue et ami ayant disparu lors de ses fouilles, Indy part à l’aventure aux côtés du jeune Mutt Williams pour, encore une fois, sauver la situation. Et le monde, tant qu’à faire…

Premier constat immédiat au visionnage du film : celui-ci bénéficie d’une belle patate, avec une scène d’intro presque hors-sujet (de jeunes fous roulant à tombeaux ouverts dans le désert) mais qui présente l’évident avantage de nous mettre directement dans le bain de l’époque et, plus encore, de nous rappeler avec quel talent Spielberg sait chorégraphier et filmer des scènes d’action. Une scène dont la longueur participe de plus d’une volonté évidente de jouer sur notre attente, de retarder le plaisir au maximum. Et quand au bout de quelques minutes il apparaît finalement, ça s’annonce d’autant mieux :  yep, Indy a toujours la classe et la répartie qui fait mouche ! Harrison Ford, s’il semblait un peu mort ces dernières années, revient donc ici avec un éclat que l’on ne lui connaissait plus (avouez que Hollywood Homicide, quand même, c’était pas ça). Les retrouvailles n’en sont que plus agréables encore, surtout que la volonté du réalisateur de faire ce film au maximum dans les conditions des précédent se ressent parfaitement, avec une image et des couleurs dans lesquelles on retrouve bien la touche 80′s. Quand en plus s’ajoutent à cela des plans d’une beauté à tomber par terre (un certain plan avec Indy et une explosion en particulier, mais je vous laisse la surprise), on peut dire que l’on retrouve ce héros avec une élégance et un style qui font plaisir à voir. 

Mais n’oublions pas que nous ne sommes pas là uniquement pour ça. Nous voulons aussi notre part d’aventure et d’action, dans des proportions garguantuesques si possible. Et de ce côté-ci, force est d’avouer que tout à été pensé pour nous satisfaire, spectateurs avides de sensations fortes. Parce que, de son aveux-même, Steven Spielberg n’a pas réalisé ce film par nécessité personnelle (même si un petit carton au box-office ne fait jamais de mal, c’est un fait) mais bien pour le public et rien que pour lui. Pour nous. Un beau cadeau qui prend la forme d’une péloche au rythme trépidant, qui multiplie les situations, les morceaux de bravoure, avec une aisance déconcertante, sans fioriture. On pourra ainsi reprocher au film de ne pas suffisament creuser ses personnages, les présentant ou montrant leurs évolutions en tout juste quelques punchlines - une évidence devant l’enchaînement survolté des scènes, beaucoup d’action,  qui ne laisse que peu de place aux scènes de dialogues - , ou que le film constitue finalement plus une aventure en one-shot qu’un véritable film-somme, que les références à la mythologie et ses changements soient plus approfondis. Ou bien on pourra encore rester ébahi devant des scènes dont l’dée maîtresse semble avoir été de faire du jamais-vu. Ou alors jamais dans une telle démesure. Faire l’inventaire des idées originales serait donc une tâche bien trop fastidieuse pour que je m’y livre ici, mais sachez néanmoins que vous irez de surprises en suprises sur les deux heures que dure le film. Une expérience trop rare pour la bouder, non ?

Retour en grande forme pour Indy, donc, qui du haut de sa soixantaine d’années se montre la même grande-gueule bagarreur, la même tête-brûlée qui se fourre toujours dans des aventures incroyables et dans lesquelles on projette toujours la même croyance. La même joie simple du grand spectacle de qualité, bien chiadé malgré quelques petites gênes dans le montage (certaines transitions donnent l’impression de manquer de plans, deux/trois faux-raccords à noter mais rien de méchant), une militarisation malvenue d’Indy et  un côté parfois un peu exagéré (la mémorable scène dans les arbres avec Shia Labeouf, le final qui pourra en choquer certains… mais je vous laisse découvrir ça). Heu, j’énumère beaucoup de défauts, là, mais faut pas trop y prêter attention car l’essentiel est là : Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal est une tuerie, une vraie bonne péloche que l’on appréciera d’autant plus qu’il s’agira cette fois probablement bien du dernier.  En attendant le Tintin que Spielberg commence tout juste à tourner, dans un cycle parfait puisque ce personnage est l’une des motivations qui avait poussé à la naissance d’Indiana Jones. Et à la vue de ce dont est capable le réalisateur avec un film live, on a hâte de le voir se frotter à la performance-capture. Pour l’heure, cependant, on profitera au maximum de ce baroud d’honneur : ça a été long, mais qu’est-ce que c’est bon ! 

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3 Réponses à “Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal”

  1. mabataille dit :

    Bonne critique, quelques fautes inhabituelles par ici mais c’est sûrement dû à l’excitation d’une aussi bonne toile.

    Comme tu le dis, il y a du too much, certains diront du mauvais goût, dans cet Indi 4 mais en cela il reste aussi et surtout dans la lignée des 3 premiers !
    J’avais aussi entendu des critiques négatives sur ce film et j’en ai été d’autant plus agréablement surpris.
    La fin et la « militarisation » d’Henry Jones Junior sont assez surprenantes et pourront déplaire, même si à mon humble avis ces défauts n’en sont pas vraiment.

    Enfin Holywood Homicide était sympa, Mr H. Ford ne pouvant pas tourner que dans des Spielberg ou des Lucas : il faut savoir être un peu tolérant dans la vie (ça vaut pour toi et Mr Ford).

    Bref Indi est de retour, d’une bien belle manière : champagne !
    … jusqu’au retour champomy du prochain Benjamin Gates.

  2. karinetiniere dit :

    eh bien moi j ai vraiment passé un bon moment!!! une grande aventure digne des 3 premiers tu dévores le film comme une bonne bande dessinée.
    et et et Indi a semé sa petite graine la relève est assurée.

  3. pitouwh dit :

    Des avis positifs, c’est très bien : le film n’arrête pas de se faire démonter un peu partout. Alors faisons entendre notre voix : YES, INDY IS ALIVE !!!

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