Mongol

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« L’incroyable destinée de Gengis Khan. De son vrai nom Temudgin, ce légendaire chef des forces armées mongoles fut l’un des plus grands conquérants de l’histoire de l’humanité. Entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, il réussit à unir les tribus mongoles et créa un empire colossal comparable en taille à celui d’Alexandre le Grand. »  (source : allocine.fr)

Parce que l’on n’a pas l’habitude que le cinéma russe moderne émoustille notre fibre de cinéphage, ni même qu’il fasse d’ailleurs parler de lui,  autant dire que nous attendions ce Mongol avec un intérêt certain. Les grands paysages de la steppe mongole, le parcours viscéral d’un chef en devenir, des batailles épiques, une réalisation luxueuse, ça faisait beaucoup de bonnes premières impressions à mettre au crédit du film, chose à laquelle nous ne sommes décidèment pas habitués lorsqu’il s’agit d’un long-métrage ayant pour réalisateur un type avec un nom comme Sergueï Bodrov. D’où il vient ? Qu’est-ce qu’il a fait avant ça ? Est-il en mesure de satisfaire aux attentes nées du visionnage des bandes-annonces ? Surtout que Timur Bekmambetov (en voilà un de nom qui fait naître la méfiance) et son Night Watch nous avaient laissé un peu dans l’incertitude, avec sa maîtrise technique évidente mais contre-balancée par une esthètique russe déplaisante et se répercutant sur de nombreux éléments du film.

Fort heureusement, on ne retrouvera rien de tout ça dans Mongol puisque la réalisation de Bodrov fait en réalité preuve d’un joli académisme dans sa majorité, variant quelques fois sa méthode de filmage pour, soit retranscrire une certaine idée de véracité dans son récit (le filmage type documentaire, avec une discrète caméra à l’épaule, qui corrobore la volonté du réalisateur de montrer Gengis Khan sous un autre jour que celui du barbare sans foi ni loi, de rétablir une certaine part de vérité), soit insuffler à ses images une ampleur puissament icônique. Tout le premier tiers du film, celui où l’on découvre un Temudgin enfant, est donc une véritable réussite, se construisant sur une alchimie entre naturalisme inspiré et légende historique. Quand le film ne convoque pas directement une imagerie à la limite de l’heroic-fantasy, avec par exemple ces guerriers masqués ou bien le peloton kamikaze de la bataille finale, ce qui lui permet d’être constamment attrayant au niveau visuel.

Néanmoins, cela ne suffit pas à combler totalement un léger défaut qui s’étendra sur tous le deuxième tiers du film, avec un Temudgin qui reste un peu trop passif face aux affronts, trahisons et crimes que l’on lui fait. On n’en arrive tout de même  pas au degré d’énervement provoqué par le Oliver Twist de Polanski (Dieu ! Que cet enfant est mou !), mais il faut bien avouer que l’histoire va avoir à ce moment un léger relâchement dans son rythme, à cause de cette inactivité du héros qui tarde à prendre les armes et à se venger.

Vraiment bien réalisé, porté par une musique géniale (les chants mongols résonnent de fort belle manière dans la steppe), le film de Sergeï Bodrov est ainsi une belle réussite dans le style fresque historique. Légèrement alourdi par une baisse de rythme dans son milieu, il parvient pourtant à nous faire presque complétement oublier ce défaut avec ses scènes de combat plutôt bien foutues, où le Khan se fait voir dans des gerbes de sang plutôt graphiques. Il y a en tout cas un vrai bon souffle épique quui souffle sur la naissance de cette figure historique, souvent cantonnée au rôle de méchant. Une remise en cause de la perception que nous avons en général de ce personnage qui aboutit à une sorte de révisionnisme pouvant poser certains problèmes moraux (est-ce qu’on ne pourrait pas faire un tel film dans 100 ans sur Hitler, même s’il faut pour cela enjoliver la réalité comme ça a dû être un peu le cas ici ?) mais qui ne nous en fait pas moins un bon film. Pourquoi se priver, alors ?

Et comme disait le capitaine Kirk : « KHAAAAAAN !!!« 

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2 Réponses à “Mongol”

  1. karinetiniere dit :

    moi j’ai adoré ce film et je n’ai pas vraiment trouvé de longueurs,par contre c’est vrai que j’avais une image beaucoup plus barbare de gengis khan en fait en refléchissant je crois que je faisais une confusion dans ma tête entre gengis khan et atila le hun.
    rien à voir? vous avez raison mais la confusion était quand même là.

  2. pitouwh dit :

    Si, il y a quand même un peu à voir : Gengis et Attila, c’est un peu la même engeance, tout ça.

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