John Rambo

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« John Rambo s’est retiré au nord de la Thaïlande pour essayer de vivre avec ses démons, à l’écart de ce monde dont il vient mais auquel il n’appartient plus depuis longtemps. Jusqu’au jour où débarquent des volontaires humanitaires et missionnaires lui réclamant de l’aide pour rejoindre un village un peu plus haut sur la rivière. Une zone de guerre dans laquelle l’ancien militaire va les déposer contre son avis, et à raison puisque ceux-ci vont disparaître très rapidement, kidnappés par des militaires criminels et vicieux. Une situation que connait bien Rambo et qui va le pousser à renouer avec sa nature profonde : la guerre.« 

20 ans. 20 ans depuis le dernier carnage orchestré par John Rambo, dans un film aussi moyen qu’idéologiquement puant. Autant dire que cette icône du cinéma d’action semblait alors belle et bien enterrée, les 90′s apportant de plus une nouvelle conception du action-hero dans laquelle le troufion Rambo n’avait plus sa place. Mais, on le sait, les modes sont cycliques, et on assiste aujourd’hui à un véritable revivalde toutes ces juteuses licences que nous n’avons jamais cessé d’aimer. Petit problème cependant : qui est aujourd’hui John Rambo, lui qui a été tour-à-tour anti- (le 1er, où il expose le malaise des anciens combattants du Vietnam) et pro-guerre (le 3ème, où il fout une bonne raclée à ses salauds de cocos juste à la fin de la Guerre Froide) ? Notre époque n’a absolument rien à voir avec celles des précédents films et cela doit se ressentir sur le personnage.

Chose que réussit parfaitement Sly, en nous présentant un personnage dont les méthodes et le discours sont un peu limites (l’humanitaire ne sert à rien, la seule solution valable est le recours aux armes) mais sans en être pour autant l’étendard d’une certaine politique américaine. Bien au contraire, même, puisque Rambo est désormais un être dont le cynisme et le désenchantement vous sautent à la gueule (ses premiers mots dans le film sont, je crois, « fuck the world! » ou quelque chose d’approchant), une machine de guerre qui s’est mis elle-même en pause à force de trop en voir, puis qui se remet en marche par la force des choses et avec une brutalité hallucinante (entre égorgement à main nue et décapitation d’un coup de couteau). Rambo est donc devenu un véritable bad-ass et ça, ça fait déjà très plaisir.

Mais là où ce John Rambo est vraiment énorme, c’est dans le pétage de plomb de « Stallone réalisateur » qui nous livre une des péloches les plus violentes jamais tournées, véritable tour de force pour un blockbuster super-attendu et qui va plus loin que tout ce que l’on aurait pu imaginer (comme pour son Rocky Balboa, d’ailleurs, sauf que la direction prise dans celui-ci n’était vraiment pas concluante… pour ne pas dire chiante, oui), sans réel égard pour les visées commerciales. On pourrait ainsi énumérer les morceaux de bravoure que compte le film, et il y en a (rien que le monstrueux climax final, qui n’a déquivalent en termes de furie cinématographique que la scène du mitraillage d’arbres dans Predator… sauf qu’ici on tire sur des humains qui ont une forte propension à exploser en gerbes rouges bien gores), mais il est une chose et une seule qui montre sans ambiguïté le jusqu’au-boutisme dont fait preuve le dernier film de Stallone : perdus au milieu des scènes de carnage, des plans où l’on voit plus qu’explicitement des enfants se faire tuer, et qui plus est de manières particulièrement vicieuses…

Une démesure dans la barbarie et une transgression de tabous qui emmène le film au-délà du cadre du « simple » film d’action, le faisant rentrer de plein pied dans celui du film de guerre, surtout que Stallone scénariste « s’applique » à mettre en lumière la situation merdique qui règne en Birmanie (les images d’archives au début qui tendent bien évidemment à inclure le film dans la réalité pour mieux la commenter). Une volonté louable mais qui est finalement éclipsée par le plaisir cinématographique que procure ce film sans concession, surtout que sa courte durée lui offre un rythme trépidant tout en le forçant à un certain manichéisme pour ne pas le perdre (les méchants sont VRAIMENT très méchants : voir le chef des soldats qui, en plus d’être est un criminel de guerre – ce qui est déjà pas mal explicite – , est un pédophile).

Tant pis, on fera l’impasse sur cet impair pour profiter de ce retour en grâce (ça faisait très longtemps que Sly n’avait pas eu autant de projets devant lui) et en force d’une hargne magistrale, la résurrection d’une icône des 80′s que l’on pensait lessivée par sa récupération idéologique et qui nous revient avec une virginté toute neuve, comme un diamant brut sur lequel se reflètent miraculeusement tous nos rêves de carnages péliculés. C’est simple, jamais nous n’avions autant aimé Rambo, et jamais il ne nous l’avais si bien rendu ! Pour résumer : John Rambo, ÇA TROUE LE CUL !!!   

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9 Réponses à “John Rambo”

  1. miguel76350 dit :

    Je n’ai pas encore vu le film, j’attendrais la sortie DVD pour voir si ca me troue queqlue chose :-D

  2. Sébastien dit :

    Moi qui voulait juste le voir car j’avias vu les 3 premiers avec ma preference pour le 2 lol
    Ce John Rambo m’a super plu vraiment, Stallone a comme tu dis  » Ca trou le cul  »
    mais j’espere qu’il en a fini avec Rambo est qu’on ne lui trouvera pas un fils caché avec la femme de Rambo 2
     » Survire à la guerre peut devenir la guerre  » dixit dans Rambo 2

    Dernière publication sur Cinéma, Séries : Django Unchained, le making-of !! V.O

  3. pitouwh dit :

    à miguel : si tu veux que ça te le troue, je te conseillerai de te le bouger parce que le film pète grave sa race sur grand écran !

    à Sébastien : la réplique, ce ne serait pas plutôt « Pour survivre à la guerre, tu dois devenir la guerre » ? Il me semble que c’est ça… en tout cas dans l’extrait que l’on voit dans Gremlins 2…

    Quant à une suite… bah ils en parlent, déjà, et tout ce que l’on sait c’est que le film devrait se passer aux states. Après, je ne pense pas qu’ils feront un truc aussi merdique que « Rambo découvre son fils », surtout si Sly reste aux commandes du truc. Mais sait-on jamais…

  4. tiniere dit :

    ouah!!!quand on sort du cinéma on reste sans voix.
    la 1ère scène de qui veut sauver le soldat Ryan peut aller se….
    je n ai jamais vu autant de violence dans un film de guerre.
    côté litres d’emoglobine nous ne sommes pas volés,allez y!

  5. pitouwh dit :

    « qui veut sauver le soldat Ryan » : énorme comme blague, même si je la soupçonne de ne pas être volontaire.

    Et la femme blanche a raison : Ryan, il peut aller se faire foutre !

  6. Merci pour les conseils ! Je sais quoi faire pour la Saint Valentin !

    Blague à part, on peut saluer bien bas le courage de Stallone de s’attaquer à la situation de la Birmanie, situation qui ne semble même plus intéresser nos PPDA ou nos Chazal !

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  7. pitouwh dit :

    Quelle jolie Saint-Valentin en perspective !

  8. Mathilde dit :

    Ah non alors ce film je pourrai pas aller le voir, Stalone je peusx plus me l’encadrer heureusement que c’est le dernier! Ra-le-bol de voir se type qui se croit beau, joue mal et à des muscles tellement gros qu’on dirait du plastique!!!!

  9. pitouwh dit :

    C’est parce que tu as gardé en tête l’image du Satllone des 80′s. Si tu voyais ses 2 derniers films, tu verrais un acteur qui a sérieusement amorcé un virage dans sa vie, un homme qui est de plus en plus confronté à la vieillesse et à la mort (j’ai trouvé Rocky Balboa nul à chier, mais cet aspect est indéniablement présent dans le film, tout comme le cynisme dans John Rambo en est une autre expression).

    Enfin bon, je ne te force pas à changer d’avis mais je trouve néanmoins dommage que tu t’arrêtes à ce cliché sur Stallone. Pauvre Sly…

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