Cloverfield

cloverfieldfr.jpg

Le buzz avait commencé il y a déjà quelques mois, jouant à fond la carte du mystère. Le film n’avait alors pas de titre, juste une date qui résonnait comme l’annonciation de la fin du monde. Puis vint le teaser, qui mit tout le monde d’accord quand au fait qu’on ne savait toujours pas de quoi ce 01-18-08 allait parler. Mais il mit aussi tout le monde d’accord sur un autre point : ce film avait l’air carrément énorme, et on n’en pouvait plus de découvrir ce qui était en mesure de foutre ainsi en l’air la Statue de la Liberté, de provoquer de telles explosions. Des pistes furent lâchées un peu partout sur la toile, certaines apparement vraies (le Slusho) comme d’autres probablement fausses (les références à Lovecraft et la « sphère casse-tête »), laissant la place aux pronostics les plus fous. On a vu des gens témoigner de la fin du monde devant des caméras DV, un faux reportage de la télévision japonaise relatant la destruction d’une station pétrolière en pleine mer. Et maintenant qu’on a vu le film… on n’en sait pas réellement plus. Mais, putain de dieu, qu’est-ce qu’on s’est fait plaisir !

Parce que Cloverfield jouit d’une idée de base tout bonnement géniale, celle de nous présenter une invasion à la Godzilla au travers d’une simple caméra DV. Un concept aussi simple qu’il est fort, et qui va nous placer au beau milieu de l’action et de la panique comme rarement dans le cinéma. Ainsi, si l’on commence avec des passages classiques et chiants comme le sont presque toujours les « films de famille » (ici une fête d’adieu entre jeunes New-Yorkais très hype), c’est pour mieux marquer la rupture lorsque le monstre débarque, aussi subitement que brutalement. Un contre-point parfait, la furie s’emparant à ce moment du film vous sortant avec violence de la torpeur qui la précédait, pour vous perdre de plus en plus profondément dans le chaos ambiant. Et ça ne s’arrête plus, le monstre étant omniprésent (le bruit de ses lourds pas se fait presque entendre en permanence) et possédant qui plus est quelques particularités qui en font un véritable vecteur de fin du monde (je vous laisse découvrir LES surprises). L’armée débarque, canarde impuisamment dans tous les sens, ça court, ça hurle, la terre tremble sous le poids d’un monstre gigantesque et stylé, les bâtiments s’écroulent… oui, c’est carrèment jouissif. Et le mieux, dans tout ça, c’est que l’on a l’impression d’y être !

Cependant, Cloverfield ne se contente pas de taper dans le spectaculaire, car sa forme et son histoire lui permettent d’aborder nombre d’idées fort à-propos,  qui se mélangent pour former une réelle richesse thématique. Parce qu’en plus d’une assez bonne crédibilisation de la DV (la durée n’excédant pas celle d’une K7, les coupures résultant d’un saut dans le time-code, les ellipses,…) indispensable pour pousser davantage le film vers une impression de réalisme (nous sommes quand même censés regarder une k7 DV telle qu’elle a été trouvée, brute de décoffrage), le premier effort de Matt Reeves nous interroge sur nombre de faits d’actualité. Sur des images que nous avons vu, et le rapport que nous entretenons avec elles. Evidemment, on pense tout de suite au 11 septembre lorsque l’on voit ces buildings qui explosent, le nuage de poussière et débris se propager, les « oh my god ! » anonymes qui résonnent. Des images que nous avons tous vu. Mais le plus intéressant (au niveau thématique, j’entends, parce que sinon j’aime bien aussi quand ça fait « Krashhh ! Boum ! Pjiou ! ») serait donc notre relation à ses images, le besoin tordu que nous avons de les voir et qui est bien sûr explicité par la forme même du film. Quand le personnage qui tient la caméra s’explique sur le fait de continuer à filmer en disant « vous ne croyez pas que les gens voudront savoir ce qui s’est passé ?« , il tape en plein dans le mille. Oui, on veut savoir, on veut voir. Et pour ça, Cloverfield nous fait sacrément plaisir.

Que dire de plus ? 

18894430w434hq80.jpg  18888335w434hq80.jpg  18894434w434hq80.jpg

6 Réponses à “Cloverfield”

  1. Mathilde dit :

    J’adore J.J Abrams c’est un réalisateur vraiment génial. Ce film là par contre je ne sais pas encore trop si ça vaut le coup, j’ai vu la bande annonce et ça a l’air plutôt space qd même…

  2. pitouwh dit :

    JJ Abrams est plus un bon (excellent, même) scénariste qu’un bon réalisateur, m’est d’avis. Il n’y a qu’à voir M:I 3 (en attendant Star Trek)pour s’en convaincre !

    Pour ce qui est de Cloverfield, il n’est que producteur sur le projet et, si celui-ci a en effet un peu l’air « space », c’est surtout dû à son originalité et au mystère qui l’entoure pour attiser les passions.

    Donc si tu aimes les films fantastique, les films catastrophes, les films d’horreur, les kaiju-eiga (films de monstres japonais) ou tout simplement les films originaux, je ne saurai que trop te conseiller d’aller le voir au cinoche. Surtout que nombre de scènes méritent d’être vues sur grand écran !

  3. tiniere dit :

    moi je déconseille ce film aux personnes soupçonnnant chez eux un AVC j’ai eu une bonne migraine à la fin du film.
    Sinon ce film vaut le détours,pensez à emener aspégic 1000 et alcool de menthe

  4. pitouwh dit :

    Il est vrai que certaines personnes ont parlé de maux similaires à la sortie des salles, mais moi je n’ai rien expérimenté de la sorte.

    Faut dire que je me suis déjà baffré des centaines d’heures de visionnage de DV (avec les films de famille dont vous pourrez découvrir les plus fictifs sur ce blog), une exposition prolongée et intensive qui a poussé mes yeux à la mutation et fait de moi un sur-être capable de regarder Cloverfield sans avoir la moindre migraine. J’imagine…

    … ou alors ce sont les autres qui sont de p’tites natures, j’sais pô…

  5. Moi je me demande, après tout ce mystère sur la sortie de ce film, Cloverfield, y s’rait d’la famille Copperfield plutôt ?

    Ouais, bon elle est naze ! Mais moi ça n’me dit plus rien ces symboles plus qu’usés par le temps !

    Dernière publication sur Interprétation des films d'animation : SOLDES D'été

  6. pitouwh dit :

    « ces symboles plus qu’usés par le temps »… hé, ho, j’espère que t’es pas en train de parler de l’immense David Copperfield là, non ?

    Parce que c’est pas parce qu’il s’est fait bougé par Claudia Schiffer qu’il est devenu ringard ! Non, madame ! Il est au top ! Plus que jamais ! Forever !

Laisser un commentaire