Astérix aux Jeux Olympiques

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L’industrie du cinéma, parce qu’elle est précisément une industrie à part entière, a très tôt été dominée par des impératifs économiques. Un constante qui fait un peu tâche dans notre conception du cinéma en tant qu’art mais dont la logique est malgré tout immuable (il faut bien rentrer dans ses frais si l’on veut pouvoir produire d’autres films) et qui même, dans le meilleur des mondes, devrait logiquement pousser les équipes derrière chaque péloche à se surpasser pour surclasser les autres au firmament du box-office. Mais voilà, nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes et, plutôt que de se crever le cul à devoir sans cesse faire mieux, l’industrie du cinéma à  préféré avoirs recours à une formule magique assurant (presque) à coup sûr un certain succès publique (comprendre « pécunier ») : la « recette ». Une recette dont les ingrédients bien connus sont une licence fédératrice, un florilège de stars et un paquet de pognon pour en mettre plein la vue. Et s’il est vrai que cette recette peut accoucher de très bons films, voire même de purs chefs d’oeuvre, son contraire est encore plus vérifiable comme le démontre ce consternant Astérix aux Jeux Olympiques. Chroniques d’une bouse annoncée…

« Chroniques d’une bouse annoncée » car, je dois l’avouer, cette critique fera encore moins preuve d’objectivité que d’ordinaire. Je vais donc me permettre de faire une petite parenthèse pour vous expliquer en quoi réside ma mauvaise foi, de quel putride dégoût elle tire sa vigueur. Petit retour en arrière : alors que le Astérix : Mission Cléopâtre de Chabat se taille une part de lion dans les records d’entrées en France (6 ans déjà), un troisième film est très vite envisagé. Un Astérix en Hispanie réalisé par Gérard Jugnot est évoqué, un choix un peu décevant mais, de toutes façons, on ne voit pas trop qui pourrait passer derrière Chabat et son énorme – et réussi – hommage à l’humour des Z.A.Z. Pourquoi pas Jugnot, donc ? Ça fera toujours un autre point de vue sur la célèbre bande-dessinée. S’en suit une très longue phase de pré-production durant laquelle le projet devient Astérix aux Jeux Olympiques et là, c’est le drame… Les détenteurs des droits hurlent à l’outrage pour on ne sait trop quelles raisons, Jugnot est débarqué du projet et le film passe à la trappe. On se dit que c’est dommage, puis on se fait une raison. Et là, quelques temps après, débarque une nouvelle étonnante : le film est relancé et, c’est là où ça coince sévère, la réalisation sera assurée par Thomas Langmann. Langmann, Langmann… Ah, ouais ! Comme le producteur, là, le fils de Claude Berri !… Bon, j’ai l’air de rigoler comme ça, mais cette manie qu’a le monde du cinéma de favoriser les liens du sang m’énerve au plus haut point (entre sentiment de révolte et sûrement un peu de jalousie, j’avoue), surtout quand ça prend autant la forme d’un caprice de « fils de ». Entre injustice, gâchis et foutage de gueule, voilà donc en tout cas un truc qui me fout sacrément les boules.

Je partais ainsi avec un fort à-priori négatif, c’est peu de le dire, mais n’allez pas croire que ma seule subjectivité quant aux coulisses du film est responsable de ces commentaires incendiaires. Parce qu’il faut bien l’avouer, surtout quand c’est aussi évident : ce film est une grosse merde. Pure et simple. Avec un scénario en roues libres qui enchaîne les scènes sans jamais éveiller le moindre intérêt (pas vraiment de héros, pas de structure, pas d’enjeux,… pas de scénario, en fait !) et une réalisation qui peine à se montrer intéressante (même les money-shots manquent de gueule !) quand elle n’est pas simplement à chier, il est vrai qu’il est difficile de remporter des suffrages. Mais là où l’on touche les tréfonds de la nullité la plus crasse, c’est que le film n’est pas drôle ! Mais pas du tout, du tout ! Il réussit même à rendre des acteurs comme Poelvoorde ou Garcia pathétiques (un exploit qu’avait déjà atteint le minable Le Boulet, lui aussi co-réalisé par Frédéric Forestier), baignant dans un humour dont la finesse et l’originalité vous rappelleront à coup sûr ces excellents dimanche après-midi devant Vidéo-Gag. C’est dire ! Toutes les blagues tombent ainsi à plat, la faute à une absence flagrante de maîtrise du rythme et de la mécanique des gags. Et quand une comédie ne vous fait pas rire… voilà, tout est dit.

Astérix aux Jeux Olympiques est donc un vrai film de producteur, en cela qu’il s’attache à la « recette » évoquée plus haut coûte-que-coûte, y recourant jusqu’à la nausée (c’est bien la peine d’avoir autant de stars si c’est pour TOUTES les sous-exploiter) comme si elle se suffisait à elle seule pour faire un bon film. Alors il fera sûrement des entrées, ça oui. Peut-être même qu’il rentrera dans ses frais rien qu’avec l’exploitation en salles (ce qui est devenu presque impossible pour les grosses productions), qui sait ? Mais il y a néanmoins une chose qui est certaine : cet Astérix aux Jeux Olympiques ne rentrera pas dans le panthéon des grandes oeuvres cinématographiques, ni même dans celui des excellents films ou bien encore des péloches sympas. Il n’est pas même passable, et encore moins excusable. C’est une bouse, c’est tout.   

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9 Réponses à “Astérix aux Jeux Olympiques”

  1. mabataille dit :

    Les enfants présents dans la salle ont-ils ri très cher Pitou ?

  2. Sébastien dit :

    UNE GROSSE DAUBE
    Je veux que l’on me rende mes 8 euros
    j’ai jamais autant regretté d’avoir payé pour un film même Universal Soldier : le combat absolu et Promenons nous dans les bois étaient plus gratifiant
    Des repliques a la camping Des Guest en 5 min
    bref la déception de l’année pour l’instant

    Dernière publication sur Cinéma, Séries : Django Unchained, le making-of !! V.O

  3. pitouwh dit :

    Si les enfants ont rigolé, je sais pas, mais il me semble bien en avoir entendu un pleurer au bout de 5 minutes, suivi d’un concerto de ronflements.

    J’crois qu’ça leur a plu… en tout cas, ce qui ne te tue pas te rend plus fort, c’est déjà ça.

    Et je ne dirai pas une déception parce que, mine de rien, le film sentait mauvais de loin (Langmann, you damn motha… !)

  4. snaven dit :

    Clair qu’un film sentant la merde d’aussi loin, c’est pas forcément si courant.
    Mais contrairement à toi je suis sûr qu’il rentrera largement dans ses frais, et même qu’il rapportera tout le pognon escompté. Astérix 3 a le syndrome des Bronzés 3 (une spécificité des fins de séries qui sentent un peu la mort ?) : tout le monde sait que c’est nul, mais tout le monde y va quand même.
    « Pour se forger sa propre opinion », « parce qu’on sait jamais »… en fait parce que « tout le monde » en parle, et que la pression exercée par des médias très objectifs est si insoutenable pour le spectateur moyen qu’il va à l’abattoir, si c’est Arthur ou Claire Chazal qui lui ont dit d’y aller !

    J’en profite pour signaler que l’éviction de Chabat et celle de Jugnot est dûe au même génie : Uderzo. Oui, môssieur n’aime pas du tout Mission Cléopâtre : pas de bol, c’est le seul en France, mais comme c’est lui qui a les droits, hein… Et attendez, c’est pas fini, la raison : parce qu’il trouve que Chabat a fait un film « Canal+ », qu’il n’a pas du tout respecté l’univers d’Astérix ! Oui, celui qui dit ça est bien LE mec qui dans le dernier album a osé nous pondre comme scénario une guerre entre extraterrestres au milieu du village gaulois !
    Donc pour Uderzo : Astérix et Obélix contre César : bien, Mission Cléopâtre : nul, aux J.O. : excellent.

    P’tain, pourquoi c’est Goscinny qui est mort…

    Dernière publication sur Guide Approximatif Rédigé par un Geek Lobotomisé : https://opalescenceprogrammee.wordpress.com/

  5. pitouwh dit :

    « Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers »…

    Comme quoi, parfois, la généralité correspond parfaitement au cas particulier.

  6. arnaguedon dit :

    je suis d’accord avec snaven .. ils vont se faire les cou….. en or.
    et oui uderzo ze problème…
    ps: moi j’ai bien aimé le boulet…

    Dernière publication sur  : STAGE...

  7. Sébastien dit :

    On the road againnnnnnnnnnnn
    le boulet marrant mais que faisez Anelka mdrrr ( puis quand on est fouteux on sait qu’un ballon se déplace pas ainsi mdrrr )

    Dernière publication sur Cinéma, Séries : Django Unchained, le making-of !! V.O

  8. tiniere dit :

    il me reste comme souvenirs à la sortie de la séance un grand blanc ou plutôt un grand vide les JO 2 petites épreuves spotives sans intérêt et une course de chars un peu mieux.
    film à voir en DVD quand on fait le ménage

  9. pitouwh dit :

    La critique qui te tue un film pour 1000 ans : « à voir en dvd quand on fait le ménage ». Perso, j’adore. C’est tellement vrai !

    Sinon, Le Boulet… ah, le bon buddy-movie movie à la française, sans idée, sans talent, sans originalité… décidèment, je ne vois vraiment pas ce que l’on reproche au cinéma français !

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