A la croisée des mondes – La Boussole d’or

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« Dans un univers parallèle où se côtoient magie et science, la jeune Lyra se voit confier un objet pour le moins étrange et ardemment convoité : une boussole d’or. Poursuivie par le Magisterium, l’organisme régulant ce monde et édictant ses lois, Lyra se lance sur la piste de ceux qui ont kidnappé son meilleur ami comme beaucoup d’autres enfants, les Enfourneurs. Au gré de ses rencontres, la petite fille parviendra jusqu’aux terres du nord, là où elle percera le secret des disparitions et en découvrira un peu plus sur elle…«   

Alors bien que l’on pourrait facilement apparenter ce film à un énième Narnia-like, il faut savoir que A la Croisée des Mondes est en fait souvent considéré, par quelques obscurs experts littéraire vivant dans des grottes ou des troncs d’arbre, comme l’anti-Narnia par excellence. Parce que le livre de Philip Pullman est aux antipodes du message chrétien de la saga de C.S. Lewis, en premier lieu. Et, en second lieu, parce que l’univers présenté est plus sombre, reposant sur des structures narratives plus adultes (l’enfant-héros ne vient pas de notre monde, ce qui démontre bien que l’on ne recherche pas l’identification à tout prix avec le lecteur/spectateur). Ici, nous n’avons donc pas de lion ressuscitant miraculeusement ou de gentils animaux de la forêt qui parlent, mais une race guerrière d’ours géants et des « daemons » (des sortes d’animaux-totems qui accompagnent chaque personnage en permanence) ; ici, nous n’avons pas une méchante sorcière bien dans la tradition des contes de fées mais un organisme tout-puissant et tyranique, le Magisterium, que l’on peut rapprocher autant de l’Etat que de l’Eglise ; …

Autant d’élèments qui vont peu à peu tisser un univers de fantasy assez original et pour lequel le film puise dans nombre de références qui font bien plaisir, surtout en ce qui concerne les décors (une sorte de Jules Verne british-isé, avec parfois quelques touches de La Cité des Enfants perdus et même du western !). Un univers sortant ainsi du cadre du « simple » conte de fées et dont le traitement va même se voir agrémenté de notions purement SF, l’évocation des univers parallèle et d’une mystérieuse « poussière » ouvrant de plus des pistes assez excitantes pour la suite. Rajoutez à cela quelques scènes tripantes et/ou étonnantes et vous devriez alors obtenir une pure bombe de film. Sauf que…

Sauf que, voilà, le film souffre aussi de sa teneur adulte pourtant si prometteuse. Parce que si l’on peut passer outre une réalisation manquant parfois d’un peu de maîtrise et d’ampleur (Chris Weitz, le réal, est d’ordinaire principalement producteur, ce qui ne fleure jamais très bon) et une Nicole Kidman au visage de plus en plus plastifié (plus ça va, plus elle a le nez de Michael Jackson), il est plus difficile de faire l’impasse sur une adaptation semblant ne pas avoir su retranscrire intelligemment le livre d’origine : les scènes s’enchaînent parfois un peu trop vite, beaucoup d’éléments sont à peine effleurés,… La complexité du livre, et donc son intérêt, devient ainsi le problème d’une adaptation trop frileuse. La richesse de l’univers ne se satisfait pas de 2 seules heures pour s’établir correctement, et on n’a donc l’impression de n’avoir qu’un avant-goût. Une erreur assez gênante qui a cependant pour elle de donner envie de lire les bouquins (une bonne chose en soi).

A la Croisée des Mondes est donc un film plutôt sympa (ça reste quand même une très bonne narniaquerie) qui laisse néanmoins une impression d’inachevé dans la bouche, la faute à une adaptation pas assez maîtrisée (scénario et réalisation sont le fait de Chris Weitz) qui étouffe un peu son sujet. Manque plus qu’à voir ce que donnera la suite, si ils la tournent (le film n’a pas vraiment fait des merveilles au box-office), et, en attendant, plongeons-nous dans les livres pour connaître réellement ce que vaut cet Anti-Narnia potentiellement brillant.

Tous à vos bouquins ! Prêts ? Lisez !

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4 Réponses à “A la croisée des mondes – La Boussole d’or”

  1. Ce type de film me laisse toujours un peu perplexe…
    Ils sont faussement destinés aux enfants puisque ces derniers ne tiennent pas plus de 20 minutes… Ils ne sont pas explicitement destinés aux adultes, alors ceux-ci ne le regardent pas ou se gardent bien de le dire… Ce ne sont ni des films d’animation, ni vraiment des films d’aventure, pas non plus des films de sciences-fiction…
    Finalement, ces films sont toujours entre deux et doivent être excellents pour faire parler d’eux !

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  2. pitouwh dit :

    Ces films font partie de ce que l’on appelle la « fantasy ».

    Et normalement ils sont faits pour tous les âges, mais le problème c’est qu’il n’y a plus tellement d’âmes d’enfants en ce monde, quels que soient les âges (instant spécial « morale/pirouette made in Disney »).

  3. tiniere dit :

    beaucoup de moyens de beaux decors de beaux costumes de bons acteurs mais par contre une histoire trop compliquee trop de choses a expliquer en 2 heures il faut un memo comme à l opera pour suivre l histoire sinon bon divertissement

  4. pitouwh dit :

    ça reste donc assez positif dans l’ensemble, non ?

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