Archive pour janvier, 2008

Toujours pas rassasiés ?

31 janvier, 2008

LET THE RIGHT ONE IN

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Une fois n’est pas coutume, c’est d’un film suédois dont je vais vous entretenir. Réalisé par un certain Tomas Alfredson d’après ce qui serait un best-seller (mais la notion de « best-seller » est quelque peu galvaudée ces dernières années), Let the Right One In est ainsi une petite péloche d’horreur qui a l’air bien sympa, avec un scénario très original et bien extrême – un enfant se fait un ami d’un jeune vampire, une créature qui va l’entraîner sur des chemins assez glissants et brutaux - et l’ambiance glaciale des pays nordiques, ce qui ne gâche rien.

Et puis moi, les gens derrière les vitres, ça me fait flipper grave. C’est donc déjà un bon point pour ce film. Et vive la Suède ! 

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ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE

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All the Boys Love Mandy Lane a apparemment été l’une des révélations du dernier festival de Gérardmer, tant la qualité majeure du film serait de parvenir à retrouver la « grâce » des péloches des 70′s. Et c’est vrai que lorsque l’on regarde ce trailer, y a un petit quelque chose qui rappelle ces films secs et brutaux, surtout dans les couleurs et l’utilisation de la caméra (l’approche documentaire et réaliste).

Mais si ces images pourraient nous faire croire que le film de Jonathan Levine s’apparente au survival, il n’en est en fait rien et on le comprend très vite lorsque l’on s’attarde sur l’affiche (plutôt cool au demeurant) ou bien le scénario, en réalité du slasher pur jus : Mandy Lane est une jeune femme magnifique qui fait tourner la tête de tous les hommes qu’elle croise, les rendant fous d’amour comme si un charme mystérieux opérait. A tel point que l’un d’entre eux, son amour devenu folie, va commencer à éliminer ses concurrents pour n’avoir Mandy que pour lui… Du bon whodunnit des familles, en somme, avec une petite touche de Mary à tout prix (il y est directement fait référence dans le trailer avec la phrase « There’s something about Mandy », clin d’oeil au film des frères Farrelly) rencontre La Tour Infernale (me demandez pas pour celui-là, je ne sais même pas ce qu’il fait ici).

Bon, bah pourquoi pas, hein ?

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ROGUE

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Lui aussi présenté au dernier festival de Gérardmer, Rogue est le dernier film de Greg Mclean, le type qui nous a pondu Wolf Creek. Un film qui a remporté un immense succès critique mais que, personnellement, j’ai trouvé absolument nul à chier. Et je me suis fait chier, d’ailleurs. Je n’attendais donc pas grand chose de ce nouveau film de gros crocos (j’suis pas fan du genre, à part pour Lake Placid et Crocodile Dundee) mais le  trailer m’ayant légérement mis la puce à l’oreille, je me décide à vous en parler. Et je vous en parle pour vous dire que son histoire, avec son groupe de touristes qui se retrouvent bloqués sur le territoire d’un maousse saurien qui vient d’arrêter la clope et a donc besoin de compenser en mâchant tout ce qui traîne alentours, a l’air de promettre quelques beaux moments d’angoisse.

Il se dit que la bestiole est une des plus belles réprésentantes de la race crocodilus trouducus au cinéma et que l’ensemble est pas trop mal torché, ce qui présagerait d’un petit film méritant bien d’être vu. Mais depuis Wolf Creek, j’ai quand même appris à me méfier… à tort ou à raison, ça je ne sais guère. S’il y a donc des avis complétement subjectifs sur le film, ils sont les bienvenus !

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ça tease sévère…

30 janvier, 2008

Petite sélection d’affiches teaser de films à sortir. Vous savez comment ça fonctionne, pas la peine donc que je m’attarde plus longtemps sur ces terres de désolation…

THE DARK KNIGHT

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Toujours aussi sympas, les affiches du prochain Batman. A la fois effrayante, excitante, stylée et funky, celle-ci perpétue de fort belle manière le mystère entourant le Joker. J’ai hâte de le voir, putain…

JAMES BOND – QUANTUM OF SOLACE

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Bon, que dire si ce n’est que, en plus d’une qualité merdique, cette affiche n’est vraiment pas très originale ? Limite « chope une image du type, là, et colle la ici »… en même temps ça n’a jamais trop été leur spécialité, aux James Bond, surtout les derniers.

HELLBOY 2

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Voici le quatrième membre de la bande du Big Red, un certain Johann Krauss qui n’est en fait qu’une entité psycho-ectoplasmique et dont le « corps » ressemble à de la fumée. Raison pour laquelle il est aussi connu sous le nom de « Gas Man » (et honte au premier qui osera faire une blague là-dessus dans les commentaires).

Faster News en vrac ! Kill ! Kill !

30 janvier, 2008

- l’actualité de ces « News en vrac » étant presque entièrement consacrée à des films ayant un lien avec l’univers de la BD (un peu) et du comic-book (beaucoup), commençons avec ce qui n’en a pas : deux nouveaux films reportés à une date non déterminée suite à la grêve des scénaristes, et non des moindres puisqu’il s’agit du Trailer Trash d’Eli Roth (une compilation de fausses bandes-annonces) et du remake de Hellraiser par les frenchies Bustillo et Maury. Ils devaient sortir cette année mais hé! les communistes sont dans la place ! (reviens, McCarthy !) (Jenny McCarthy, bien sûr !).

- on commence désormais la thématique du jour avec la seule nouvelle de ce côté-ci de l’Atlantique : Besson – en tant que producteur, très probablement – va mettre en branle par le biais d’Europa une nouvelle grosse trilogie (après celle de « Arthur et les Minimoisis ») en adaptant la bande dessinée Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec de Tardi. L’histoire d’une romancière des 20′s qui enquête sur tout ce que la ville de Paris compte comme monstres et phénomènes étranges… Bon, je n’ai jamais lu ces BD mais avouez que ça a quand même l’air sympa !

- passons aux comic-books ricains avec la future adaptation de Hulk par Louis Leterrier (Le Transporteur, Danny the Dog) et qui fait table rase du film de Ang Lee. Edward Norton, qui en a accepté le 1er rôle à la condition expresse de pouvoir ré-écrire le scénario, a ainsi annoncé avoir pensé le film de façon à ce qu’il y ait plusieurs suites… en même temps, on s’en serait douté…

- Marvel  aurait dans ses plannings une adaptation en long-métrage d’animation – et direct-to-dvd – de sa série Marvel Zombies. Pour ceux qui l’ignorent (comme moi jusqu’à hier), ces comics présentent un univers alternatif où l’on rencontre tous les super-héros de la galaxie Marvel… mais en zombies ! Enorme, non ? Alors, l’histoire originale raconterait comment les 4 Fantastiques se retrouvent plongés dans cet univers et doivent lutter pour survivre, mais il y a aussi une « suite » où un certain Ash avec une main-tronçonneuse viendrait charcler du super-héros… vous imaginez le truc de malades s’ils font ça !!! Puissent-ils entendre mes suppliques !!!

- après The Shadow, après The Phantom, voici venir Mandrake, THE magician ! En effet, ce comic qui compte parmi les premiers de la culture ricaine (où le magicien Mandrake use des pouvoirs de l’illusion et de l’hypnotisme pour combattre le crime) va avoir droit, à son tour, au passage sur grand écran. Réalisé par Chuck Russell (The Mask) et interprété par Jonathan Rhys Meyers (Match Point), voilà en tout cas un film qui pourrait tirer un peu son épingle du jeu en misant sur la carte rétro. A suivre.

- et pour finir, voici le dernier projet d’adaptation d’un comic-book du moment : Y : The Last Man que devrait réaliser D.J. Caruso avec la star montante de son Paranoïak dans le rôle principal, j’ai nommé Shia Labeouf (j’veux toujours l’appeler Leboeuf, j’sais pas pourquoi…). Et quel rôle puisqu’il s’agira de celui du dernier homme sur Terre… oui, vous pensez tout de suite au plagiat mais vous avez tort puisque s’il est bien le dernier homme sur Terre, c’est que ceux-ci sont morts mystérieusement en laissant le monde aux mains des femmes… Oui, ce n’est pas Je suis une Légende mais  »Je suis une pub Axe ». Enfin, l’histoire a quand même l’air bien sympa et l’ambiance cool (recherche google dans 3, 2, 1, go !), donc attendons de voir ! 

Comment survivre chez les bouseux en 2 leçons

29 janvier, 2008

PIG HUNT

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Réalisé par James Isaac (Jason X, le Skinwalkers à venir), Pig Hunt a l’air de taper dans le grand n’importe quoi lorsque l’on regarde son trailer (plutôt une promo-reel d’ailleurs, vu sa longueur). Jugez plutôt : fulgurances gores, bimbos à oilpé, action mongoloïde, consommation excessive de drogues, rednecks en furie, animaux sanguinolents et mille autres choses sont ainsi le lot quotidien de ce film qui fait beaucoup penser au très cool The Tripper de David Arquette (pour la touche « j’en ai rien à battre, je fais ce que je veux »), mais aussi à Razorback, Sans Retour, M:I 2 (c’est mabataille qui va être content !), Scooby-Doo et Pretty Woman.

Bon, l’histoire c’est rien que du classique – le traditionnel groupe d’amis un peu teubés qui se rendent dans un coin paumé où ils vont en chier sévère - mais qui a lu ma critique de Frontière(s) comprendra (s’il ne l’avait déjà compris par lui-même, comme un grand) que le plaisir de ces films ne tient absolument pas dans un scénar’ super chiadé avec moults rebondissements, trahisons, faux-semblants,… Non, ce qu’il faut au survival, c’est du brut de décoffrage, du « bon, gros lourd » comme qu’on dit por ch’nous ! Et de ce côté, Pig Hunt a l’air vraiment réussi, avec en plus la petite touche d’humour et de nawakerie qui va bien.

Avertissement : le trailer est assez explicite sur nombre de sujets évoqués plus haut, donc si vous avez l’âme sensible ou si votre enfant/petit frère/soeur est assis à côté de vous, ne lancez pas cette vidéo. Pour les autres… LET’S HUNT !!!  

http://www.dailymotion.com/video/x479zt

 

THE COTTAGE

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Nouvelle comédie d’horreur britannique (après les géniaux Shaun of the Dead et Severance) qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment, The Cottage risque fort de remplir son pari de vous faire frissonner et rigoler, à en juger par l’hilarante affiche ci-dessus… si, moi j’la trouve marrante… Bon, si l’affiche ne vous suffit pas, vous pouvez toujours allez jeter un coup d’oeil au teaser ci-joint, qui remplira la double fonction de vous divertir et de vous faire chanter les oreilles. Allez, tous avec moi ! « Old MacDonald had a farm – iiihya, iiihya, ho - … »

Et dans cette ferme – Faut que j’vous le dise – Y a Andy Serkis !… bah si, Gollum, quoi ! Parce que vous ne l’aviez pas reconnu ? Mais si, sur l’affiche, là, à droite… Y ressemble à Gollum, non ? Parce que j’en étais sûr que c’était pas de l’image de synthèse dans Le Seigneur des Anneaux, moi. Il faisait trop réel, le Gollum. Et après ça se vante de révolutionner les CGI…

Quoi ? J’oublie de vous dire que quoi qu’ça cause, ce film ? Bon, puisque vous êtes tétus… Alors, c’est l’histoire d’un groupe d’amis (ah, bah tiens !) qui foirent un kidnapping (hum…) et se retrouvent confrontés à un fermier psychotique (et voilà !). Pour plus de détails, ça n’a pas changé : matez le teaser de cette péloche qui s’annonce parfaite pour un vendredi soir (et dieu sait que le film du vendredi soir est important !).

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A nouveau Seigneur, nouveau barbu !

28 janvier, 2008

Juste une petite news comme ça, en passant, pour vous dire que selon le célèbre Harry du site Ain’t It Cool News, ça y est, un réalisateur a été trouvé pour les films The Hobbit !

Et non des moindres puisque les producteurs (dont Jackson, rappelons-le) seraient restés dans le haut du panier de leur A-list : Guillermo Del Toro !!! Fuck yeaaah !!!

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Ainsi, le réalisateur mexicain devrait s’impliquer dans le scénario avec Peter Jackson pour deux films qu’ils estiment à chacun 150 millions de $ (fiouuu !) et avouerait être impatient de prolonger le travail qu’avait effectué le néo-zélandais pour porter la Terre du Milieu à la vie. Nous aussi, on est impatient, même si cette news soulève quelques questions : va-t’il malgré tout faire son Frankenstein avant ? Ce projet ne risque t’il pas de tomber à l’eau avec l’actuelle grêve des scénaristes ou, tout du moins, d’être ralenti au point que del Toro préfère passer à autre chose ?

Et que deviennent Les Montagnes hallucinées, putain de bordel de merde ?

Le futur de Pixar

28 janvier, 2008

Wall-E débarquera sur nos écrans cette année, et nous nous en réjouissons (doux euphémisme), mais ce dessin animé de science-fiction nous rappelle à tous que jamais, oh! grand jamais, il ne faut cesser de se tourner vers l’avenir (j’sais pas si c’est vraiment le thème du film mais « robot »… « avenir »… vous voyez l’idée ?). Et l’avenir de Pixar peut se résumer pour l’instant – en partie – par deux lettres : Up.

Un projet dont je vous avais déjà entretenu et qui voit aujourd’hui débouler son premier concept-art sur le net. Un fort beau concept-art d’ailleurs, soit-dit en passant, mais qui perturbe un peu lorsque comme moi on attendait un film avec des monstres. Il y a bien le petit vieux, mais les monstres… dans les avions ?… Bon, après renseignements, voici ce qu’a en dire Pete Docter (Monstres et Cie) qui réalisera la chose : « c’est l’histoire d’un septuagénaire qui se prend d’amitié pour un jeune marshall des eaux et forêts et avec lequel il va voyager à travers le globe pour foutre leur branlée à des bêtes, des méchants, tout en dînant à 15h30″… Punaise, il parle bien français ce Pete Docter !

Bon, en tout cas, le film sortira en 2009 et, même si on ne sait pas encore trop à quoi cela va ressembler, force est d’avouer qu’on a déjà très envie de le voir. C’est ça, la magie Pixar !

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Sinon, l’autre grande nouvelle du côté de chez Swan… Pixar, pardon (j’adore cette blague !… encore pardon), c’est que le studio va se repencher sur les deux premiers épisodes de Toy Story à l’occasion de la sortie du 3ème (en 2010). En effet, ces deux classiques de l’animation (Toy Story est quand même le premier film d’animation en full-CGI de l’histoire du cinéma, en plus d’être génial) vont se voir remis à jour par les animateurs de Pixar afin d’être projetables sur le nouveau support numérique 3D, comme leur petit frère. Ainsi, le premier sortira aux states le 02/10/09, le second le 12/02/10 et le troisième le 18/06/10 (oui, j’avais la flemme de marquer les dates).

J’espère seulement que d’ici là il y aura un cinoche équipé 3D par chez moi…

ça faisait longtemps…

28 janvier, 2008

Oui, ça faisait quelques jours que l’on n’avait pas eu de nouvelle bande-annonce et, fort heureusement, ce manque va se tarir avec deux p’tits trailers pas forcément géniaux mais hé!, on fait ce qu’on peut !

GET SMART

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Premier trailer pour cette petite comédie qui n’a l’air pas mal du tout (en général les parodies de films d’espionnage me font bien marrer : Top Secret, Agent 00, Austin Powers, le nouveau OSS 117, Johnny English,… que de bons moments !) et qui porte à l’écran une série des 60′s connue chez nous sous le nom de Max la Menace (Get Smart aux states et apparemment Agente 86 dans les pays hispaniques). Une des premières – si ce n’est la première – parodie de James Bond qui se voit donc remise aux goûts du jour avec principalement l’aide du verry funny Steve Carell, mais aussi de la very beautiful Anne Hathaway (l’atout charme est indispensable dans le monde de l’espionnage, ou alors se serait trop chiant d’être un espion) et du very samoan Dwayne « The Rock » Johnson (qui, je viens de l’apprendre, est un cousin du catcheur Yokozuna… véridique !).

Réalisé par Peter Segal (« Segal, c’est plus fort que toi !« ), déjà à la tête du méga-culte Y a t’il un flic pour sauver Hollywood mais aussi du Professeur Foldingue 2 (tout de suite, quand y a pas Nielsen dans le coin…), ce film s’annonce assez sympa même si ça ne se voit pas forcément dans le trailer mal monté ci-dessous. On se changera les idées en contemplant les jambes de Steve Carell sur l’affiche, apparemment capables de subir des torsions prodigieuses une fois lancées dans la course… ça doit faire mal quand même…

sortie le 30 juillet 2008.

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SHUTTER

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Remake américain d’un film thaï (ouah, j’suis ébahi par tant d’originalité !), Shutter nous raconte comment un jeune couple, après un accident, va commencer à remarquer de drôles de choses sur leurs photos. Des traces blanches, des tâches lumineuses, des mains « invisibles » voulant étrangler les visages souriants,… des fantômes ! Bouuuhouhou !

Un film-avec-fille-aux-cheveux-longs-et-noirs-et-sales de plus, donc, et qui ne vaudra très certainement que pour la trouille qu’il nous fichera. Parce que oui, ces fantômes font peur et les réals asiatiques utilisent cela à merveille (pour ce remake a d’ailleurs encore une fois été débauché un réal japonais, Masayuki Ochiai, que je sais pas trop ce qu’il a fait mais hé! puisqu’il est japonais, il doit savoir ce qu’il fait) mais, au bout de la 60ème péloche de cet accabit, on commence un peu à saturer. Surtout qu’il faut se taper et les originaux, et les remakes, et les suites, et les suites de suites, et les préquelles, et les remakes de tout ça,… Putain ! Maudite sois-tu, Sadako !

sortie le 25 juin 2008.

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Sweeney Todd

27 janvier, 2008

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Tim Burton, de par sa personnalité relativement unique dans le paysage hollywoodien et qui transpire de chacun de ses films, s’est constitué très rapidement un réseau de fans purs et durs (dont je fais parti) tombés sous le charme de sa poésie macabre, de son humoir noir et de son amour des freaks et autres parias. Et si l’on peut observer dans un grand pan de sa filmographie ces caractéristiques devenues fondatrice de son style, admirateurs comme détracteurs ne purent manquer de noter un revirement flagrant dans les thématiques de Burton à l’aune du 21ème siècle (sans parler de La Planète des singes qui n’est en fait rien d’autre qu’un pari que le génie de Burbank se lance à lui-même, à savoir se confronter à un pur blockbuster à l’hollywoodienne). Perturbé en effet par la mort de son père, Tim Burton va accoucher de deux films où son style s’efface derrière ses doutes et questionnements. Big Fish et Charlie et la chocolaterie – puisque c’est d’eux que l’on parle - vont ainsi remettre en cause le rôle du père (jusqu’à présent, ses héros étaient souvent sans parent), surtout que Burton connaît entre-temps lui aussi les « joies » de la paternité, et lui servir de thérapie pour amorcer ce nouveau virage dans sa vie. Et la bonne nouvelle, c’est que cette thérapie est aujourd’hui terminée !

Sweeney Todd est donc le film où Tim Burton s’impose enfin comme un père, sûr de ses décisions et de ses goûts. Et quoi de mieux pour fêter cela que se faire plaisir (décidément, après Xavier Gens, les réalisateurs ont envie de nous montrer qu’ils font un métier bien cool !) en portant à l’écran une comédie musicale dont il était tombé amoureux alors qu’il travaillait encore chez Disney. Un projet qu’il avait déjà essayé de monter plusieurs fois, l’histoire d’un père et mari qui s’est vu voler sa vie par un juge cupide et libidineux, et qui revient dans la ville de Londres après 15 ans de bagne pour se venger par l’intermédiaire de son échoppe de barbier… en coupant les gorges des riches pour les transformer en tourtes… On le voit, le ton du réalisateur s’est ici durci, affirmé, et le flou qui caractérisait ses deux films précédents laisse la place au retour en force d’un Burton en grande forme. Ainsi, la réalisation exemplaire de Sweeney Todd va en laisser plus d’un sur le cul tant c’est beau à en pleurer (je ne vais pas vous en faire le détail parce que tout – et je dis bien « tout » – est grave assuré), une perfection technique mise au service du style gothique de Burton même s’il est ici plus sombre que d’ordinaire (ce film compte parmi ses plus « réalistes » car il ne contient aucun fantastique). Mais sa patte est là, indubitablement. Juste un peu plus mûre.

Le ton adulte qu’adopte  le film montre de même cette progression de Tim Burton qui a abandonné l’émerveillement enfantin pour laisser ici la place à des thématiques réellement malsaines : cannibalisme, viol, perversion sexuelle,… Oui, nous sommes très loin de Edward aux mains d’argent ! Un des changements majeurs serait aussi le traitement du héros Burtonien qui, s’il a toujours été un peu perturbé, est dans ce film atteint d’une folie destructrice comme jamais auparavant. Johnny Depp incarne donc un personnage très sombre et qui n’a finalement rien à envier au méchant, la vengeance étant une motivation qui va le pousser dans des débordements d’une extrême violence (jusqu’à un plan final magnifique). Ainsi, on ne peut parler de Sweeney Todd sans s’attarder un peu sur les égorgements qui sont assez révélateurs de ces modifications chez Burton. Gores à souhait, le réalisateur a fait pour les coups de coupe-choux sur la gorge ce qu’il avait fait avec les décapitations dans Sleepy Hollow, à savoir qu’il a voulu rendre chacun d’entre eux unique. Mais là où Sleepy Hollow se permettait parfois une approche presque cartoonesque, Sweeney Todd va faire dans le réalisme le plus craspec (même si le sang a toujours ces couleur et texture rappelant les films d’horreur que Burton affectionne), avec des giclées n’ayant rien à envier aux films d’horreur pure et dure. Une réelle volonté de la part du réalisateur qui s’est battu contre le comité de censure américain et ses producteurs pour conserver cet aspect et qui démontre bien de sa volonté de passer à un autre niveau. Celui de l’âge adulte, et il le fait qui plus est en conservant toutes les qualités de son « adolescence » (la présence de son style, encore une fois).

Mais si on a l’impression de tenir un chef d’oeuvre ultime en lisant ce qui précéde, c’est sans compter sur un énorme point noir qui va sérieusement modérer notre propos : l’aspect comédie musicale. Non pas que les acteurs chantent mal ou ne sont pas à l’aise dans ce registre, bien au contraire, mais en fait la musique… n’est pas terrible, tout simplement. Et il y en a beaucoup, de chansons (certaines sont malgré tout plutôt agréables, mais ce n’est vraiment pas la majorité). Le pire étant très certainement que, la plupart du temps, ces scènes nous sont montrées comme s’il s’agissait de simples scènes de dialogue. Il faut comprendre par là que le film ne joue presque jamais sur le décalage qu’impose normalement une comédie musicale (ce sont quand même des gens qui chantent pour s’exprimer, ce qui ne se voit pas souvent dans la réalité et rend l’impression de réalisme encore plus factice que s’il s’agissait de fantastique ou science-fiction). Beaucoup de ce qui aurait pu être de petits dialogues devenant des scènes musicales complètes et trop terre-à-terre (heureusement que la réalisation est magnifique !), le rythme s’en retrouve TRES sérieusement alourdi et on se prend même à redouter la prochaine chanson. Ce qui est plutôt génant lorsque l’on est devant une comédie musicale… 

Sweeney Todd est une assez grosse déception, donc, même si l’on sait que cela ne tient qu’à l’aspect comédie musicale dont on se serait bien passé. Surtout qu’il nous apparaît comme une évidence que le film avait tout pour devenir un chef d’oeuvre le cas échéant (un score de Elfman aurait été monstrueux dans cette ambiance). Tant pis, nous ne pleurerons pas, parce que ce film confirme malgré tout avec un éclat rouge sang que le génie de Tim Burton n’a jamais été aussi vivace, aussi puissament évocateur, et rend le futur de sa carrière encore plus excitant maintenant qu’il est passé à l’âge de la maturité dans une continuité logique avec ce qui a précédé. Surtout qu’il y a un Alice aux Pays des Merveilles en préparation !  

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