Eden Log

edenlog.jpg

Alors, autant vous prévenir tout de suite, Eden Log risque d’en décontenancer plus d’un tant le film ne vous prendra jamais par la main pour expliquer ses tenants et aboutissants. C’est chiant, mais c’est comme ça. Pourtant, le postulat de départ n’a rien de bien compliqué : un homme (Clovis Cornillac) se réveille dans une sorte de grotte plongée dans l’obscurité, en fait le dernier sous-sol d’une structure qu’il devra gravir pour en découvrir la véritable nature, ainsi que pour retrouver sa mémoire… Postulat simple, donc, mais qui va se voir sérieusement compliqué par son traitement et sa réalisation, de bon goût (le travail sur la lumière est de toute beauté) mais avec un peu trop de tics auteurisants pour être facilement accessible.

Parce que si les révélations que nous offre le film n’ont rien d’incompréhensibles (alors en fait, le mec derrière tout ça c’est… Patrick Sabatier ?), il faut voir de quelle façon elles nous sont communiquées : la plupart des dialogues sont presque incompréhensibles (beaucoup de voix sont modifiées par divers artifices tels que des enceintes et autres masques à gaz, mais ce problème pourrait aussi avoir été accentué par le son – pas génial – de la salle où je l’ai vu), les éléments les plus révélateurs sont des détails noyés dans l’obscurité,… L’obscurité, justement, est un autre des éléments qui en rebutera beaucoup avec son traitement extrême et jusqu’au-boutiste, peut-être même plus encore que dans The Descent (la référence en la matière jusqu’à présent) et dont l’omniprésence contribue parfois à rendre le montage quelque peu illisible. De nombreux parti-pris de réalisation qui n’aident donc en rien à la compréhension mais qui tendent à deux choses : coller au point de vue du héros et raconter une histoire aux accents mystico-bibliques (la Bible fonctionne beaucoup sur la parabole et le sous-texte, un peu comme Eden Log). Des intentions louables, et concrétisées, mais qui n’en éclaircissent pas plus les choses.

Dommage, surtout que le film possède malgré tout quelques solides bons points. Ce bon vieux Clovis, déjà, sur qui repose tout le film. Les lumières, dont on a déjà parlé. Des p’tites bestioles pas piquées des hannetons et qui font bien plaisir dans un paysage cinématographique français plutôt frisquet en la matière. Deux, trois très bonnes idées de décors (le personnage en suspension, très étrange). Et, pour finir, un univers d’anticipation assez original, en tout cas en ce qui concerne le cinéma. Autant de qualités qui ne parviennent cependant pas à complétement corriger le tir dans un style finalement assez minimaliste (faut dire que ça coute cher de faire des films en France et que l’on alloue peu de crédits à ce genre de cinéma), reflet d’une intellectualisation trop poussée qui laisse sur le carreaux toute la partie « émotion », au sens large. 

Eden Log est donc à conseiller aux férus de science-fiction avec une bonne ouverture d’esprit et un fort pouvoir de concentration (au moins niveau 23 avec une bonne spécialisation en stamina). Ceux-là sauront profiter d’un film surprenant dans bien des sens, bons comme mauvais, tandis que les autres se feront royalement chier. Le film n’est absolument pas fait pour le grand public, ni même pensé en terme de « fun », et c’est bien dommage car le cinéma français manque de grosses locomotives récentes dans le genre, de celles qui redonneraient un souffle à cette production dans nos contrées. Parce qu’entre Chrysalis et ce Eden Log, force est d’avouer que l’on donne l’impression de toujours se branler un peu beaucoup le ciboulot, comme si on avait peur de faire des films de SF qui pourraient être de grands succès publiques (ce qui n’est absolument pas incompatible avec le succès critique, rappelons-le). Rageant, d’autant plus qu’on a de purs talents par chez nous. Franck Vestiel, je te souhaite donc une bonne carrière aux states où, je l’espère, tu nous feras une bonne grosse bombe !       

18784796w434hq80.jpg  18784789w434hq80.jpg  18784794w434hq80.jpg

7 Réponses à “Eden Log”

  1. tiniere dit :

    n ayant pas un pouvoir de concentration au dessus de 23 je n ai rien à dire pour sauver ce film,la seule chose j ai payé ma place pour encourager le cinema français,je ne me souvenais deja plus d avoir vu ce film

  2. pitouwh dit :

    Nous ne le dirons jamais assez : il faut encourager le cinéma français !

    Dommage, par contre, que lui ne nous encourage pas trop à l’encourager…

  3. azphal dit :

    je viens de le finir, et c’est vrai qu’on pige pas la moitie, qu’on a pas droit au joujou laser et aux gros flingues, mais quelle baffe! fait avec peu, on a droit a peu, a du claustrophobie a mort, et j’en passe, mais en tout cas, ca super raffraichissant! (meme si ca fait un peu cramer le cerveau…)

  4. medcd dit :

    j’ai vu ce film avec mon pere qui lui n’a pas trop aimé, mais moi, meme si je n’ai pas tout compris, j’ai adoré, bien que je regrette de ne pas tous comprendre si on voulait bien m’envoyer une petite explication pour que je le reregarde en pouvant tout comprendre….

  5. Carthage dit :

    Moi je crois que ce film c’est une vision plus ou moin nuancé de ce que sont réalisateur se fait de l’apocalypse (version biblique bien evidement) en metant de coté les ébats celestes entre le bien et le mal il a mélangé les deux et a imaginé une fin du monde ou l’homme et la plante en seraient les principaux acteurs, dans ce film ni bien ni mal ni couleur ni saveur, juste du noir et juste du blanc…. Sa rebute on peut juste lui reproché sont elitisme (j’sais pas si sa se dit sa). sinon la geule de Cornillac dans le role du mec pas franchement bien dans sa peau, ainsi que quelques scenes assez hard (voyé choquante pour les mamans en herbe) ajoute le peu de piment qu’on lui trouve… Moi je dit à la fin du film je me suis levé en faisant un gros « pffff » de pseudo soulagement et un gros « hé bé » d’incompréhension… Dommage car les 3/4 de la planete non pas le cerveau torturé de Monsieur Vestiel d’ailleur cet homme… dans quel asile a t’il élu domicile?

    Tchuss ^^

  6. Naemesis dit :

    Coucou, perso j’ai compris l’histoire, bien que je l’ai trouvé un peu long, sauf la fin où il se branche et la plante et ce que ça implique… quelqu’un pourrait me l’expliquer ? ^^

  7. un passant dit :

    Bon si vous regardez wikipédia en anglais vous comprenez bien mieux le film.

    Interprétation personnelle :

    Pour la fin, attention spoiler,
    En fait la plante a transformé Tolbiac, de telle manière à ce qu’il y ait connexion entre elle et lui. Il est presque la conscience de la plante et plus vraiment humain. Elle lui a transmis un pouvoir de régénérescence.

    Au milieu du film, alors que 2 mutants s’apprêtent à l’attaquer, il ‘communique’ avec la plante qui leur fait peur et il s’enfuient.

    A la fin, il comprend que le cycle de production de cette ‘centrale’ électrique qu’est la plante ne peut continuer. L’arbre se sert du corps des émigrants-ouvriers pour vivre et eux récoltent la sève qui a des propriétés électriques entre autres.
    Alors il se branche sur la plante et la fait grossir énormément, ce qui casse la centrale qui emprisonnait l’arbre, libère la plante et arrête l’énergie. c’est pourquoi tout s’éteint. Mais cela doit contaminer aussi tous les humains de la ville …
    La dernière image est une larme de Tolbiac. Sur la race humaine disparue ?

Laisser un commentaire