Il était une fois

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 « Giselle est la parfaite princesse de contes de fées, béate de bonheur dans son monde de dessin animé. Belle, douce, douée en chant et amie des animaux de la forêt, elle a en plus la chance de rencontrer son prince charmant avec lequel elle va se marier très prochainement (demain). Mais cela n’est pas au goût de la Reine, une sorcière qui voit dans l’arrivée de cette jeune beauté une menace à sa main-mise sur le royaume et qui l’expédie alors hors de ses limites, dans un monde où la maxime « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » a autant de sens qu’une publicité japonaise n’en a pour un occidental… Notre monde…« 

Avec un pitch comme ça, on s’offre normalement un vaste champ de possibilités en matière de gags. Regardez La Rose pourpre du Caire, regardez Last Action Hero : le décalage résultant de l’irruption d’un personnage dans un monde qui n’est pas le sien permet de jouer à fond sur les contrastes, ce qui est toujours un moyen détourné pour commenter notre monde ou des éléments le composant. Et comme on nous parle en fait de choses qui nous sont quelque part proches, le gag en est d’autant plus réussi et le rire d’autant plus libérateur. Et même s’il faudrait être fou pour s’attendre à une approche de la sorte dans une production Disney estampillée « BLOCKBUSTER X-MAS ’07″, la bande-annonce laissait entrevoir un humour plutôt bon-enfant et « corrosif » envers les classiques de l’animation disneyenne, jouant à fond sur les caractéristiques toonesques de ses personnages. Alors, pourquoi pas ? Enfin, c’est noël, quoi !

Sauf que, voilà, les toons qui sont ici « parodiés » sont ceux des premiers classiques et si leur pureté virginale aurait pu être la source d’excellents gags, il n’en est en fait presque rien puisque le concept est exploité juste du bout des doigts, sans trop se mouiller. On est dans un Disney, quoi, et faut pas trop pousser le bouchon. Seul le Prince Charmant (James Marsden, plus convaincant que dans X-Men)(faut dire que dans Il était une fois, il parle… ça aide) s’en sort donc sur la longueur, avec quelques excès qui font bien plaisir mais que l’on aurait aimé plus nombreux. Et c’est là le problème, parce qu’on est dans un Disney et qu’il faut une jolie morale toute mimi pour que nos ch’tiots aient confiance dans l’avenir : « oui, le grand amour de conte de fées est possible dans notre monde ». Haaaaa… On se retrouve donc avec une romance croisée entre les deux univers qui, en plus d’alourdir sacrément le scénario par une guimauve mise au point il y a déjà longtemps dans les cuisines Disney, va carrément contredire la thématique même du film : non, le monde censé être réel ne l’est pas, c’est juste un monde d’histoires à l’eau de rose, un New-York de carte postale vu dans au moins une bonne trentaine de comédies romantiques (j’peux pas vous les citer là, mais j’suis bien sûr qu’y en a au moins 30 !). Il n’y a donc pas de réelle confrontation, l’histoire est cousue de fil blanc et ne remet surtout rien en cause. Du pur téléfilm Disneychannel, juste avec beaucoup plus de thunes.

Et encore, si le scénario ne faisait que prendre une (très) mauvaise voie mais qu’il parvenait à avoir un minimum de cohérence… bah non, ce n’est pas le cas ici. Décidément. Parce qu’il faut voir les ellipses hasardeuses et autres raccourcis douteux qui parsément le métrage, expression d’un montage que l’on imagine tronqué au max pour pouvoir faire plus de séances par jour et ne pas lasser les petits kids. Le tout jusqu’à un final d’une inutilité flagrante (la méchante dit elle-même « Vous voulez du spectacle ? Vous allez en avoir !« , comme si elle se savait obligée de justifier sa transformation) et qui se résout dans un déni absolu de sens et de logique. Climax sans intérêt + final rose bonbon à gerber = très mauvaises dernières impressions.

Il était une fois est donc un film qui souffre terriblement de sa parenté avec le studio Disney puisque tous ses tics les plus exaspérants se retrouvent ici condensés, dans un maelström de bons sentiments gnangnans et bigarrés. Pourtant, c’est aussi ça qui fera certainement le succès du film : les enfants vont adorer, les parents peu regardants seront contents que leurs enfants se soient amusés, les dépressifs vont retrouver le sourire ou trouver la force de régler tous leurs problèmes d’un coup,… Il y en a qui seront preneurs, quoi. Et puis il y en a d’autres qui regretteront que le film n’ait pas été confié à l’équipe qui nous avait offert le monstrueux Kuzco, l’empereur mégalo…     

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4 Réponses à “Il était une fois”

  1. mabataille dit :

    ne pas se fier aux apparences – ne pas se fier aux apparences – ne pas se fier aux apparences – est ce que l’actrice principale est tarte à baffer dans le film ? ne pas se fier aux apparences – ne pas se fier aux apparences – ne pas se fier aux apparences

  2. pitouwh dit :

    Oui… mais c’est plus ou moins voulu, donc on ne peut même pas dire que c’est de sa faute… celle du scénar’ ? Plus probable, oui, je crois… ça et sa robe…

  3. mabataille dit :

    fouttus scénaristes !

  4. pitouwh dit :

    Oui, c’est vraiment une engeance de parasites et de feignants !

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