Phoenix Wright : Ace Attorney

me00006486812.jpg

On peut dire, sans trop se mouiller, que la petite DS de Nintendo aura été l’occasion pour les gamers de découvrir de nouveaux types de jeu, ceci étant surtout dû au fait de son écran tactile qui induit un rapport complètement différent au jeu, plus immersif que lorsque l’on agit par le biais d’une manette. En plus des mind-games et autres Nintendogs, nous avions donc eu le plaisir de voir débarquer sur la portable Trauma Center et ce Phoenix Wright qui, avec leurs concepts nouveaux pour le marché européen (où l’on incarne respectivement un chirurgien urgentiste et un avocat de la défense) (les jeux ne sont cependant pas très réalistes puisque leurs héros n’ont jamais besoin de faire grève) et leur style graphique manga bien clean, allaient apporter une fraîcheur digne de la DS dans le monde des jeux vidéos. Alors, si je n’ai pu tester que vite fait Trauma Center (très sympa au premier abord, mais ça a quand même l’air vachement dur !), j’ai par contre réussi à venir à bout de Phoenix Wright et je suis donc ici aujourd’hui, vénérables confrèresdu bareau et respectables membres du jury, pour vous prouver que /OBJECTION !/… (bah ouais, j’vais pas donner mon avis final dans l’intro… ce serait con, non ?)   

 me00006761252.jpg  me00006761462.jpg  me00006761322.jpg

Parole à l’accusation : « Merci, monsieur le juge. J’aimerai profiter de l’occasion qui m’est ici donnée pour vous faire part de quelques problèmes assez troubles concernant le jeu ci-présent. Ce jeu - vendu à un prix exorbitant dans le commerce, entre nous soit dit – mérite-t-il réellement les oripeaux d’originalité dont on le couvre un peu partout ? Parce que même s’il est vrai que l’on a rarement l’occasion de « faire mumuse » à l’avocat, cette idée-même, et pourtant si attrayante au début, finit par devenir le principal écueil de l’accusé. Car à l’inverse de son collégue Trauma Center, l’accusé ne privilégie en aucune manière l’action et ne recuiert donc du joueur aucun réflexe, juste une réflexion un peu basique de par la simplification du déroulement d’un procès normal. Ce qui ne sera pas le cas ici. J’en entends certains arguer qu’il s’agit là d’un jeu proche du style point-and-click, et ils ont certainement raison, mais même ce glorieux genre se retrouve quelque peu entâché par l’accusé dont le cadre judiciaire et une scénarisation omniprésente font perdre toute impression de liberté ou, pire encore, de véritable réflexion ! Il arrive donc que l’accusé vous empêche ou vous pénalise de faire certaines actions, même si vous avez déjà compris les tenants et aboutissements de son intrigue, juste parce que le scénario doit être respecté ! Et sommes-nous là pour accepter de perdre nos libertés, je vous le demande ? Non, je ne le crois pas ! J’exige donc que l’accusé soit dorénavant mis en vente à un tarif plus en correspondance avec son contenu - 20 euros, ce serait bien – surtout que celui-ci s’est récemment permis d’avoir une suite dont nous n’avons pu encore vérifier le contenu mais qui, nous en sommes sûrs, justifie à elle seule une baisse de prix ! L’accusation en a terminé, monsieur le juge. Puisse votre jugement être guidé par Dieu dans sa justice vengeresse ».

Parole à la défense : »Monsieur le juge, je ne me perdrai pas en conjectures inutiles tant les propos de mon confrère sont insignifiants et vains. J’aimerai seulement rappeler au jury la qualité visuelle de mon client qui, si elle ne brille pas par ses animations ou des effets tapes-à-l’oeil, n’en demeure pas moins charmante avec une réalisation brilliante – j’entends par là autant son gameplay que son utilisation immersive du son ou bien l’ingéniosité de son interface - et des personnages aux apparences sympathiques, chacun ayant des mimiques et des attitudes bien « manga » qui rendent l’ensemble plus chatoyant. Mon client peut-il alors être réellement considéré comme coupable lorsqu’il présente tant d’atouts ? Soyons un peu honnêtes, messieurs-dames. Comment pourriez-vous en vouloir à ce jeu qui a de plus l’étonnante caractéristique d’avoir des enquêtes policières particulièrement bien ficelées et retorses ? Si bien tournées d’ailleurs que vous irez jusqu’au bout de ces 5 intrigues même si vous avez déjà deviné qui a fait le coup, juste pour découvrir la toujours surprenante vérité ! Un gage de qualité que les membres du jury ne devraient pas occulter, sous peine de voir un jour le jeux vidéos revenir au néant scénaristique des débuts, quand ils pourraient être beaucoup plus ! Toujours plus !… J’en ai fini, monsieur le juge. Puisse votre jugement être guidé par Dieu dans sa bienveillante clémence ».

Verdict du juge : oui, bon, en fait je vous ai pas trop écouté, là… bon, je crois avoir compris que ce jeu est plutôt sympa, avec une durée de vie correcte - qui pourrait même devenir un peu longue sur la fin, si on a un autre jeu terrible en attente – mais qui pèche malgré tout par un côté beaucoup trop dirigiste… ouais… je contrains donc ce jeu à une baisse de prix significative et au moins égale à 50%, parce qu’il est quand même très cool mais que 40 euros, putain, c’est cher pour ça. A vos brocantes et rayons occaz’ ! Moi j’me rentre… Affaire classée et tout le tralala… bonjour chez vous.     

me00006457512.jpg

Laisser un commentaire