Dans la vallée d’Elah

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« Hank Deerfield (Tommy Lee Jones, de plus en plus bon) reçoit un jour un appel lui annonçant que son fils, soldat récemment revenu d’Irak pour une permission, vient d’être déclaré déserteur. Etonné et inquiet, l’ancien militaire se rend sur la base pour chercher lui-même son enfant mais l’enquête est de courte durée car, très vite, un cadavre atrocement mutilé est retrouvé. Celui de son fils. Fou de chagrin, Hank n’en remarque pas moins le silence gêné de l’armée sur cette affaire et décide alors, avec l’aide de l’officier Emily Sanders (Charlize Theron, de plus en plus bonne), d’enquêter sur les circonstances troubles de ce meurtre« .

Y a pas à dire : la guerre, c’est une saloperie. Une affreuse machine dévorant les êtres humains sans êtat d’âme, les convertissant en billets verts et faits de gloire retombant sur ceux assez malins pour envoyer les autres crever. Poussant le vice encore plus loin, celle-ci ne fait aucun prisonnier, brisant les survivants de façon à ce qu’ils ne puissent plus s’adapter à une certaine normalité. Un sujet déjà maintes fois traité au cinéma mais là où Dans la vallée d’Elah y satisfait si bien, c’est dans son utilisation d’une actualité toujours brûlante. Car le dernier film de Paul Haggis nous parle bien de la guerre en Irak et, surtout, de ses conséquences sur les soldats poussés à la barbarie par leurs supérieurs, actuellement au centre d’une certaine polémique aux Etats-Unis. Un thème qu’il est donc salvateur et utile d’aborder, l’information étant le premier pas vers la contestation. Pourtant, et même si cela donne un « fond » solide au film, on pourra regretter qu’il tombe lors de ses révélations finales dans une explicitation un peu trop appuyée, un peu trop démonstrative.

Un léger défaut qui pourrait être mis sur le compte de la « forme » du film, au demeurant très réussie. Car Dans la vallée d’Elah ne suit pas le point-de-vue du soldat brisé et sa chute comme dans ses nombreux prédecesseurs thématiques. Bien au contraire, c’est à une véritable enquête policière sur les traces du disparu à laquelle nous assistons, hantée par un Tommy Lee Jones perdant peu à peu ses illusions dans l’armée et son pays. Une forme qui permet au film d’éviter le pathos ainsi qu’un ralentissement du rythme malgré son approche réaliste, un peu à la manière du Trois enterrements du sieur Jones, justement, qui agissait sur un principe similaire mais en faisant cette fois adopter les codes du western à son histoire.

Jouant habilement entre sa forme d’enquête policière et son fond pamphlètaire, Dans la vallée d’Elah est donc un excellent film tout en retenue jusqu’à un final que l’on aurait aimé être plus dans le ton de l’ensemble. Dommage, mais cela ne gâche en rien notre intérêt à suivre l’histoire ni la force des sentiments que l’on met dans le parcours d’acceptation du père, surtout que Tommy Lee Jones est vraiment excellent, réhaussé par une réalisation fine et assurée.

Y a pas à dire : la guerre, c’est vraiment une saloperie !   

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4 Réponses à “Dans la vallée d’Elah”

  1. mabataille dit :

    la guerre c’est mal !

  2. pitouwh dit :

    La guerre c’est LE mal ! Et c’est pô bô !

  3. snaven dit :

    Bon article et bon film. Mais je ne vois pas ce que tu reproches au final ? Tu parles de la scène où il hisse le drapeau ?

    Dernière publication sur Guide Approximatif Rédigé par un Geek Lobotomisé : https://opalescenceprogrammee.wordpress.com/

  4. pitouwh dit :

    C’est vrai que cette scène fait un peu too much, mais il s’agit d’une symbolique forte et qui résonne avec le début du film (montrant donc l’évolution du perso de Tommy Lee Jones) donc ce n’est pas tant celle-là qui me pose problème.

    Non, ce qui m’a gêné, ce sont les réactions assez outrancières du tueur à la fin – lors de son interrogatoire – et qui soulignent un peu trop lourdement le message du film. Mais je peux pas en dire plus, sinon je sens que je vais fourcher et en révèler trop.

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