Les Promesses de l’ombre

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 « Une jeune russe de 14 ans, enceinte, arrive un jour aux urgences d’un hôpital où elle meurt d’une hémorragie. Sa petite fille, elle, est sauvée par l’équipe médicale présente dont Anna (Naomi Watts), la sage-femme qui trouve dans le sac de la défunte son journal intime. Boulversée par cette disparition et le sombre destin s’offrant à l’enfant, Anna va chercher à faire traduire ce journal et, ce faisant, va prendre contact avec les mauvaises personnes : la mafia russe de Londres et tout particulièrement Nikolaï (Viggo Mortensen), un « chauffeur » froid et dévoué. Mais jusqu’à quel point ?« 

Alors, n’étant pas vraiment un expert de Cronenberg, je ne m’avancerai pas trop sur la critique que beaucoup de mes confrères (la classe !) (hé! ho! maintenant qu’il y a plus de 10 000 visites sur ce blog, j’peux m’la péter un peu, non ?) emploieront sûrement et qui consiste à relier ce film au reste de sa filmographie, c’est à dire autour de son obsession de la transformation du corps. Mais bon, comme c’est incontournable, je vais m’y risquer un peu, pour la forme :
« oeuvrant principalement dans le fantastique à ses débuts, Cronenberg nous montrait alors la métamorphose du corps humain sous un aspect monstrueux, basculant avec brio dans une horreur autant viscérale que « charnelle » (La Mouche, Frissons,…). Pourtant, on constate depuis plusieurs années que  le sujet d’étude de Cronenberg s’est quelque peu déplacé, revenant à un plus grand réalisme, se recentrant sur l’humain dont le corps est déjà suffisamment transformable pour ne pas avoir recours au fantastique. Et Les Promesses de l’ombre correspond parfaitement à ce portrait car il ne raconte ni plus, ni moins que la transformation du corps de son héros, entre tatouages et cicatrices, entre faits de gloire et trahisons. »
Voilà. C’était pas terrible, hein ? Alors maintenant, je vais vous dire pourquoi j’ai vraiment aimé ce film.

Parce qu’il s’agit d’un putain de polar ! Voilà la raison ! Parce que si l’on ne suit au début que le personnage d’Anna, embringuée dans sa quête cathartique, ce n’est que pour mieux pénétrer dans l’univers de la mafia russe (celui-ci et ses intrigues internes finissent même par prendre le pas sur l’intrigue « principale »), un univers aussi terrifiant qu’exaltant. Et Cronenberg s’y prend de fort belle manière pour nous le faire découvrir, alliant un décorum vraiment classe et presque « mythologique » (la scène de l’intronisation est à tomber) à une brutalité frontale et sans concession (le combat dans le hammam, entre full-nudity et extrême-violence). Sans compter que Viggo Mortensen est absolument ENORME dans le film (Cassel est pas mal non plus), incarnant son anti-héros avec ce qu’il faut de nuances pour lier crédiblement et « ludiquement » les deux histoires, évitant ainsi que la partie avec Naomi Watts ne fasse trop tâche, ralentisse l’ensemble.

Alors, on pourra toujours prétexter qu’il s’agit là d’une des erreurs du film, cette propension à oublier son intrigue quitte à finir sur une conclusion on ne peut plus abrupte, mais ce serait passer à côté du véritable intérêt de ces Promesses de l’ombre : la présentation d’un monde réglé par les codes et la violence, un monde mystérieux et donc fascinant. En cela, le dernier Cronenberg rappelle parfois les meilleurs moments de la trilogie Pusher, sur la mafia danoise, sauf qu’ici l’étude de ces réseaux souterrains s’accompagne d’une certaine « iconisation » lui donnant des allures de vrai film noir (les Pusher sont aussi très bons mais pour d’autres raisons, comme leur réalisme sec par exemple), avec toute la classe que l’on attend des grands films. Voilà ce que sont Les Promesses de l’ombre : un putain de grand polar !  

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2 Réponses à “Les Promesses de l’ombre”

  1. tiniere karine dit :

    he oui le film est vraiment genial mais la fin mais la fin mais la fin trop brusque!

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