Chrysalis

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 Y a des fois où encourager le cinéma français de genre relève d’un vrai parcours d’obstacles, partagé entre le coeur et la raison. Le « coeur », c’est le goût pour un cinoche hexagonal sortant un peu de ses sentiers battus, parce que ça fait plaisir de savoir que nous aussi on peut faire du spectacle (c’est bien la seule chose pour laquelle je ferai un peu preuve de chauvinisme, mais ce n’est pas désintéressé) et qu’il y a une place pour ces films dans notre paysage cinématographique (voilà l’intérêt que j’y porte). La « raison »,  c’est la douche froide lorsque l’on est finalement confronté au film, ce qui arrive souvent avec les productions françaises qui sont bien loin du rythme et de l’efficacité des consorts ricains. Est-ce dû à un manque d’argent ? A un complexe que l’on essaye de pallier comme on peut ? Ou bien à une véritable volonté auteurisante ? Ce qui est sûr, déjà, c’est que ce n’est pas dû à un problème de technique ou à un manque de savoir-faire, et c’est là où c’est vraiment dommage. Et Chrysalis correspond bien à cela. Dommage.

Dommage car, donc, la réalisation est vraiment bien assurée dans ce film (surtout qu’il s’agit d’un premier long-métrage), en termes de composition des plans, mouvements de caméra, montage, l’ensemble offrant une visibilité parfaite de l’action – quand il y en a - et une certaine teneur à la péloche. Le problème, c’est que cette réalisation sert des décors pas vraiment pauvres, comme j’étais tenté de l’écrire, mais terriblement froids. On en revient au manque de moyens potentiel (comparativement aux ricains, bien sûr, parce qu’on est quand même pas mal logé si on compare à d’autres pays) et aux impératifs économiques d’un cinéma français frileux en matière de SF; ou bien à la volonté auteurisante des réalisateurs d’chez nous, héritage d’une certaine idée du Grand cinéma français. Toujours est-il que cela débouche sur une vision glacée de l’avenir, sans grand relief ni réelle saveur.

Ce qui créé un sentiment de vide, de malaise, encore renforcé par un scénario au rythme porté sur l’économie d’énergie et plutôt mal fichu, tout en réserve et demi-teinte. Si l’on peut faire l’impasse sur son côté prévisible (il y a bien une fausse-piste pour nous fourvoyer mais, comme elle n’est que vaguement suggérée, elle fout plus la merde qu’autre chose), il est en effet beaucoup plus difficile de faire de même pour le « flottement » de l’intrigue, cette sensation que l’on n’est jamais pris par l’histoire. Ça tient peut-être aux personnages qui, dans cet univers froid et aseptisé, semblent comme morts et nous font donc difficilement réagir. Dommage, encore et toujours, car tous les acteurs sont plutôt bons (exception faite de Marthe Keller qui, lors de 2/3 répliques, est carrèment nulle à chier) et auraient sûrement pu apporter beaucoup plus au film. Dupontel quand même, j’veux dire !

Chrysalis laisse donc un sévère arrière-goût de rendez-vous manqué et devrait vous mettre un seul et amer mot à la bouche : dommage. Non pas que le film soit vraiment mauvais (il y a même quelques scènes vraiment bonnes, comme l’opération holographique vraiment novatrice), mais il est en fait trop français. Je sais, c’est con à dire, mais c’est comme ça. Et ce qui est encore plus con c’est qu’il faudra sûrement attendre que Julien Leclercq, son réalisateur, s’expatrie lui aussi aux states pour nous pondre un vrai bon film. Dommage…   

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3 Réponses à “Chrysalis”

  1. De quoi parle le film ? J’avoue que je me laisse séduire par ce histoires aseptisées et froides pourvu qu’elles offrent un minimum d’originalité dans le scénario…

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  2. tiniere karine dit :

    ta critique est juste la froideur regne dans ce film et même des fois on regarde sa montre.

  3. pitouwh dit :

    Le film suit deux intrigues : celle d’un flic à la poursuite d’un bandit qui a tué sa femme et celle d’une jeune fille qui, après un accident, se réveille dans la mystérieuse clinique de sa mère où elle est plus ou moins séquestrée.

    Mais comme le faisait très justement remarquer une critique que j’ai lu sur le site de Mad Movies (après avoir fait la mienne, hein, j’suis pas un copieur non plus !), les deux intrigues, si elles finissent par se rejoindre, n’entrent jamais thématiquement en résonnance. Il n’y a pas d’émotion, pas de coeur,… c’est froid.

    Et on regarde sa montre, des fois.

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