Vandal Hearts

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Il y a peu, dans ma critique de « Castlevania : Dawn of Sorrow », je vous avouais ne pas pouvoir revenir sur un jeu une fois celui-ci fini, même s’il ne s’agissait pas de la vraie fin. Ce qui est toujours vrai, bien sûr, je n’ai pas changé en l’espace d’un mois (tout juste si mon bouc s’est un peu épaissi), mais il existe néanmoins une exception. Une de celles qui confirment les règles. Et cette exception, c’est « Vandal Hearts », un tactical-rpg que j’adore depuis longtemps (une dizaine d’années, il me semble) et que j’ai déjà fini trois fois ! Oui, messieurs, dames, vous avez bien entendu : trois fois ! Autant dire que « Vandal Hearts » et moi, c’est pas pour de la fausse ! Surtout que ce jeu est le premier à m’avoir fait passer des nuits blanches sur ma console, une caractéristique qui démontre mieux qu’aucune autre le plaisir que l’on prend à suivre Ash – le héros au grand coeur et au lourd passé – et sa joyeuse troupe dans la reconquête de la République d’Ishtaria.

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Parce que, du plaisir, « Vandal Hearts » en a à revendre ! Le jeu n’a beau pas être très beau, avec de bons gros pixels à l’ancienne et des animations qui se comptent sur les doigts de la main (marcher/sauter/attaquer/tomber à genoux/mourir, grosso modo), il n’en reste pas moins que l’on est happé par ses images – d’autant plus lorsqu’elles ont pour vous une valeur nostalgique – et que l’on tombe dès lors sous leur charme (les mises à mort sont particulièrement graphiques, avec des geysers de sang à faire pâlir bon nombre de films gores… culte !). Le charisme des personnages survit même à ce défaut visuel car tous sont reconnaissables les uns des autres, chacun possédant des caractéristiques bien distinctes au niveau physique, vestimentaire – même quand deux persos ont le même job, ils n’ont pas tout à fait la même tenue - ou bien des armes et de la façon de les tenir. De petits détails, oui, mais qui font une énorme différence (j’y reviendrai) ! Surtout que cet aspect assez « dépouillé » permet aussi au jeu de se concentrer sur le principal, le gameplay, qui offre ici une certaine pureté dans le style tactical. Il n’y a qu’à voir les maps épurées pour comprendre que l’on est face à un tactical old-school, avec les règles classiques du genre. Là où le moindre relief, le moindre élément, peut-être stratégiquement déterminant, où  »simplicité » est synonime d’ « efficacité ». De la tactique brute de décoffrage, donc, sans esbrouffe ni sophistication superficielle (je pense aux géosymbols de  »Disgaea 2″, par exemple, qui pouvaient vite devenir sacrèment casse-couilles malgré leur originalité). De la stratégie pour bons gros bourrins, quoi !

Mais ce qui fait la vraie force de « Vandal Hearts », je trouve, c’est qu’il ressemble réellement à un rpg quand la majorité des autres tacticals que j’ai essayé pouvaient perdre cet aspect. Déjà, ici, chaque mission a une raison d’être dans l’histoire, on ne vous envoie jamais affronter des monstres dans des batailles gratuites et sans motivation, ou bien pour récupérer le moule à gauffres que la voisine a perdu en allant chercher des fleurs dans la grotte aux orques. « Efficacité », qu’on a dit ! Chaque map est donc scénarisée (jusqu’à dans leur topographie, avec une « dramatisation géographique » et des mécanismes à activer) et on a vraiment l’impression de voir une histoire se bâtir au fur et à mesure que l’on les passe, au contraire d’un « Makai Kingdom », par exemple, où certains fights ne faisaient progresser en rien l’intrigue. Mais ce qui donne vraiment une patte rpg à ce jeu dans son écriture, j’en parlais tout à l’heure, c’est la caractérisation des personnages. Ça n’a l’air de rien, comme ça, mais ça fait une sacrée différence d’envoyer des bonhommes avec une histoire et une personnalité propres à la bataille plutôt que des avatars que l’on a vaguement créé et sans réel charisme (comme dans « Makai Kingdom » ou, dans une moindre mesure, comme dans « Final fantasy Tactics » et « Disgaea 2″). L’implication du joueur est beaucoup plus forte dans le cas de « Vandal Hearts » car les personnages sont les acteurs de l’intrigue. Et puis, bien sûr, il y a un système de jobs et la possibilité de customiser l’équipement de ses persos, des incunables du gameplay-type des rpg, même si cela reste assez sommaire.

« Vandal Hearts » est donc un jeu génial, culte même pour ceux qui le connaissent depuis longtemps (la barrière visuelle risquant de freiner plus d’un jeune gamer sevré aux polygones tout lisses). Seul point noir : son efficacité qui en fait, en toute logique, un jeu à la facilité un peu trop importante. Vous n’aurez pas besoin de faire du level pour passer à la carte suivante (de toute façon, vous ne pouvez pas), seule compte ici votre aptitude à la stratégie. Le jeu se finit donc rapidement et, pour cette troisième fois, Judepomm et moi l’avons fait en 23 h. Ce qui est peu, mais ce sont 23 heures denses. Et c’est peut-être ça qui fait que l’on peut revenir plusieurs fois sur ce jeu, avec toujours le même plaisir.   

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3 Réponses à “Vandal Hearts”

  1. louveworld dit :

    J’avourais bien que Narnai c’est à chier…Exuse moi mais je n’ai pas eu la foie de tout lire ton article,pardonne cela à ta vieille louve…Mais je pensais; c’est que tu dois y passer du temps pour écrire tout cela…Tu passes tes journées là-dessus?^^
    Serais tu par pur hasard un des ces (NOMBREUX) geeks qui circulent librement dans notre communautée?
    A toi La Louve
    P.S.: désolée de m’être pas connectée avant j’ai point d’ordi chez moi…

  2. louveworld dit :

    c’est narnia

  3. pitouwh dit :

    Pour commencer, te voilà excusée (oh, comme je suis magnanime !).

    Pour poursuivre, oui, je pense que l’on pourrait me définir par le qualificatif de « geek » (c’est marqué dessus, comme le Port Salut). Sauf que moi, je ne circule plus « librement dans notre communauté » suite à une toute bête erreur judiciaire et une condamnation à domicile un peu abusive… ah, l’administration !

    Et pour finir, non, je ne passe pas tout mon temps sur le blog. Pour info, ça me prend quand même 2/3 heures pour écrire les gros articles comme ça, mais ça me laisse aussi le temps de faire quelques autres trucs (pas beaucoup, mais un peu quand même).

    p.s : comment voudrais-tu, de toutes façons, brancher un ordi dans une tanière ?

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