Castlevania : Dawn of Sorrow

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Ça faisait des années et des années que je n’avais pas touché à un « Castlevania ». En fait, depuis le premier épisode sur la nes, sorti chez nous en 1988. 19 ans… 19 ans que j’étais fâché avec cette série à cause d’une difficulté que je n’arrivais pas à surmonter. Car, oui, ce jeu était très dur. Tous les jeux de l’époque semblaient très durs pour le petit garçon que j’étais, et tout particulièrement ceux d’action/aventure comme ce « Castlevania » et autres « Ghosts and Goblins » (celui-là m’a même fait pleurer). Ils nécessitaient un sens du rythme, une patience et des réflexes que je ne possédais pas; ou bien que j’avais la flemme d’utiliser, je ne sais pas. Toujours est-il que je ne toucha plus à un « Castlevania » en 2D, encore moins à ceux en 3D qui se trimballaient au cul quelques casseroles peu reluisantes. Jusqu’à l’arrivée de la DS, en fait, qui réveilla en moi une certaine nostalgie avec son côté « jouet » et old school (si l’on excepte le jeu au stylet, sacrèment novateur). Et cette trouvaille en brocante par une journée ensoleillée, un jeu DS sans sa boîte, perdu sur une table précaire entre divers articles très éloignés des jeux vidéos : « Castlevania : Dawn of Sorrow ». Je n’avais plus le choix. J’ai donc voulu me frotter à nouveau à cette série que beaucoup considèrent comme culte…

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… et je dois dire que grand bien m’en a fait ! J’ai vraiment apprécié l’expérience car, désormais, les « Castlevania » sont faciles ! Grande surprise pour le traumatisé de guerre que j’étais. Enfin, il y a quand même un petit challenge et quelques passages assez corsés, mais rien d’insurmontable si l’on s’y prend bien et que l’on est bien préparé. Car le jeu possède un aspect RPG qui fait toute la différence avec ce que je connaissais de « Castlevania » (les jeux sur GBA le possédaient déjà, mais comme je n’y ai pas joué…). On peut donc s’équiper de différentes armures aux propriétés variées, choisir différents types d’armes correspondant à autant de façons de jouer, ou bien encore utiliser une particularité du héros – son pouvoir maudit - pour absorber l’âme des ennemis et assimiler ainsi leur pouvoir. Les possibilités de gameplay sont donc vastes et qui dit RPG veut aussi dire que, désormais, ce n’est plus un problème si les ennemis reviennent à chaque fois que vous retournez dans un tableau, puisque les tuer signifie augmenter votre niveau. Et augmenter votre niveau signifie progresser dans l’histoire plus aisément ! Une logique propre aux RPGs et à laquelle j’adhère complétement car elle fait que les combats ne sont plus de simples obstacles rébarbatifs sur votre chemin mais bien le « chemin » lui-même, rendant le jeu plus vivant de par cet aspect « voyage initiatique » où la route parcourue est tout autant importante que l’arrivée.

Et du chemin, il y en a à parcourir dans ce « Castlevania » car si le jeu ne se déroule que dans un seul château (où le héros du précédent volet sur GBA, Soma Cruz, vient enquêter sur un mystérieux culte voulant créer un nouveau seigneur des ténébres), celui-ci est immense et décomposé en parties ayant chacune son ambiance propre (et un nom « rigolo », mon préféré étant certainement « Les Jardins de la Folie »). Des environnements pour la plupart très réussis, avec quelques jolis effets 3D qui soutiennent une 2D fine et claire. A ce titre, la carte sur l’écran supérieur de la console se révèle un plus non négligeable dans les multiples allers et retours que vous aurez à faire entre ces différentes parties pour progresser, pérégrinations facilitées heureusement aussi par la présence de portails de téléportation. Vous me direz que c’est bien beau de se déplacer, mais qu’en est-il de la maniabilité, justement ?  Hé bien, c’est très simple : dès les premières minutes de jeu, la prise en main provoque sur votre visage l’apparition d’un léger sourire de satisfaction. C’est bête à dire, mais le personnage est doué d’une telle réactivité que l’on a l’impression qu’il est une extension de notre esprit. Tout semble couler de source, chaque mouvement se fait avec naturel (effet renforcé par une animation des sprites détaillée et un effet de « traîne » à la suite du héros) et c’est donc un véritable plaisir que de commander Soma Cruz dans ce dédale d’ennemis.

On pourrait néanmoins reprocher à ce jeu de ne pas plus utiliser le stylet, tout juste sert-il en effet à reproduire des sceaux pour vaincre les boss ou bien à briser un certain type de blocs, mais cela reste minime. Non, là où le bât blesse réellement – façon de parler - c’est sur la durée de vie. Car en plus de se finir rapidement (une petite quinzaine d’heures), ce « Castlevania » propose plusieurs fins qui peuvent apparaître plus ou moins tôt dans l’histoire, en fonction de comment vous y avez joué. Je ne l’ai ainsi fini qu’à 80% (en 12 heures), avec la « pire fin », mais pour les gens qui, comme moi, ne se relancent que difficilement dans un jeu après avoir vu le générique de fin, ce procédé n’a d’autre résultat que de réduire une durée de vie déjà bien courte. Un point un peu frustrant, donc, mais qui ne doit surtout pas être pris en compte si vous pouvez avoir le jeu en petit prix, car pour ce qui est du gameplay, du visuel, du bestiaire ou de la musique (la musique ! j’ai oublié de parler de la musique et de ses mélodies gothiques !), le voyage vaut largement la peine d’être fait. Et puis, si ça a pu me réconcilier avec les « Castlevania »…

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