Transformers

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Il est des films que l’on attends avec un plaisir sadique logé au fond du bulbe, des films qui font baver parce qu’ils semblent n’avoir été créés que pour satisfaire à nos instincts les plus primaires, les plus jouissifs. « Moi faire grosse fight dans la ville et tout péter ! », enfin vous voyez le genre. Transformers apparait comme étant de ceux-là, le pur trip à geeks, un cadeau offert à tous les fanboys qui n’attendent – présentement - que de voir des robots monstrueux se foutre sur la gueule comme des sagouins. Et puis on se rappelle que l’argent est une valeur qui a sa p’tite importance dans nos sociétés, de nos jours. Et que les geeks, bien que très sympathiques (Dieu les bénisse !), ne constituent qu’un infime pourcentage de la population (0,07 %, me souffle-t’on). C’est donc fort logiquement que ce qui devait être le geek movie de l’été se voit finalement être un simple blockbuster calibré pour une rentabilité maximale, un film pas vraiment mauvais mais terriblement moyen. Explications :

Les robots, bien sûr, en premier lieu. Ils étaient l’aspect le plus excitant de Transformers (dire qu’ils étaient l’unique raison de son existence est même encore un euphémisme) et sont donc la première source de déception massive que distribue généreusement le film de Michael Bay. Ils souffrent ainsi d’une personnalisation trop importante, ce qui pouvait coller dans le dessin animé où ils étaient les seuls personnages dans un univers complètement fictif mais qui fonctionne beaucoup moins bien dans un film live. Les robots géants représentent un intérêt en cela qu’ils jouent sur le contraste avec le réalisme, il est en effet intéressant de voir, s’ils existaient, comment ils se déplaceraient, se battraient, les bruits qu’ils feraient,… toujours avec cette idée de grandeur, de démesure, de force. On imagine qu’ils vont être super impressionnants, galvanisateurs à l’extrême, et on se retrouve en fin de compte avec un robot qui fait du breakdance et parle comme un rappeur… Bon, d’accord, il n’y en a qu’un seul comme ça, mais tous les autres n’en souffrent pas moins d’un traitement bien par-dessus la jambe. Le réal n’aime pas vraiment les robots, ou tout du moins il n’y connait rien, et ça se voit. Clairement. Entre des scènes risiblement absurdes (la partie de cache-cache dans le jardin) et des combats gâchés par une réalisation épileptique et innapropriée (les scènes, difficilement lisibles, ne mettent presque jamais en valeur le choc des mécaniques), il est donc bien difficile de sauver les transformers de la casse où ils semblent aller bille-en-tête. 

Et il ne faut pas compter sur le scénario pour relever le niveau tant il se contente de… de… bah de rien, en fait. Il n’y en a pas vraiment, ou tout juste un vague intrigue (les Autobots et les Decepticon s’apprêtent à clore une lutte millénaire et intersidérale sur notre belle planète bleue, tout ça pour récupérer un cube mystérieux aux pouvoirs infinis… quoi ?) qui relie les évènements et les différents groupes entre eux. Ces groupes, justement, sont aussi symptomatiques des faiblesses d’un scénar’ qui adopte la forme lourdaude du film catastrophe avec cet amoncellement de points-de-vue caractéristiques, surtout dans les mains de l’homme qui a fait des « chefs d’oeuvres » comme Armaggedon ou Pearl Harbor. Ce qui signifie que si l’on ne s’ennuie pas devant ce film, on ne peut pas non plus dire que l’on s’y implique réellement. Le « héros » était pourtant sympathique (quoique un peu trop ostensiblement racoleur à ados) et aurait mérité que le film se concentre sur lui, mais il se retrouve éclipsé dans la seconde partie pour laisser la place à une intrigue abracadabrantesque et très mal faite (le personnage de John Turturro est carrèment pathétique). Et je ne vous parle même pas des blagues foireuses qui pullulent à intervalles réguliers…

Alors, heureusement qu’il reste quelques points positifs pour sauver ce film du lynchage publique, comme les sfx qui sont à tomber par terre ou bien les designs des robots, vraiment classes. 2/3 scènes laissent aussi brièvement voir ce qu’aurait dû être le film, la meilleure étant certainement l’arrivée très réussie des Autobots sur Terre avec une musique de Steve – Steamboy- Jablonsky qui se démarque à ce moment de la simple ambiance sonore pour trouver un vrai souffle épique. Mais, bon, il n’empêche que ce Transformers reste un blockbuster tout juste « à peine correct », ce qui est bien dommage – comme toujours – quand on imagine ce que cela aurait pu donner. Il ne reste plus qu’à pleurer en pensant à ce qu’aurait fait Alex Proyas d’un tel matériau…

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Une Réponse à “Transformers”

  1. http://lecondevie28.skyrock.com/ dit :

    tout le monde m’en parle il faut que je le regarde

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