Evan Tout-Puissant

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J’avais été un peu décontenancé par Bruce Tout-Puissant avec Jim Carrey car, étant un grand fan de l’acteur depuis The Mask, je m’attendais à un délire cinématographique énorme, surtout que l’acteur y acquérait à nouveau des pouvoirs permettant toutes les folies. Et finalement, j’ai trouvé qu’il n’y en avait pas assez, que le film était trop sage, trop bien-pensant (si on peut plaisanter avec Dieu, faut pas déconner non plus !). Je n’attendais donc que très moyennement cette suite, et c’est pourquoi j’ai accepté de la regarder en div-x (ceci étant dit pour ma défense, quiconque tenterait de me faire malgré tout un procès ne serait qu’un gros chacal bouffi d’orgueil et d’avarice).

Eh bien, une fois n’est pas coutume, Evan Tout-Puissant s’avère bien plus plaisant que son prédécesseur ! Il faut dire que Steve Carell y est génial, à la fois drôle et avec un look à vous faire regretter Woodstock (le plan où il dit « god bless america » avec un pigeon qui lui chie sur l’épaule est à mourir de rire), que les effets spéciaux sont à la hauteur des « proportions bibliques » promises par l’affiche (je sais que ça ne fait pas un film, mais là ça nous offre des images vraiment impressionnantes de réalisme) et que, surtout, le film exploite bien mieux son sujet, en allant (presque) jusqu’au bout de son idée de transposer l’histoire de l’arche de Noé dans notre époque.

Alors, on peut bien sûr déplorer quelques défauts : on n’évite pas l’écueil scénaristique du père qui doit reconquérir sa famille délaissée au profit du travail, bien que ça reste léger et ne constitue pas le coeur du film, tout comme on n’évite pas le méchant classique, le gros chacal bouffi d’orgueil et d’avarice (tiens, ça me rappelle quelqu’un…). Et ce serait là le principal problème de Evan Tout-Puissant, la raison du « (presque) » au-dessus : cette manifestation d’une volonté de garder ces « proportions bibliques » dans le cadre de l’écran, de rendre « crédible » une histoire qui, à la base, n’en a rien à faire d’être convaincante (la Bible n’est pas exactement un modèle de véracité historique, quoi qu’en disent certains américains). Ici, le fameux déluge recouvrant la Terre et exterminant la race humaine est ainsi rabaissé à un énorme raz-de-marée sans trop de conséquences, tout juste de quoi ramener une vallée autrefois magnifique à sa forme sauvage et d’en protéger d’autres du vilain méchant (sûrement parce que exterminer tout le monde, ça faisait un peu trop fasciste, même pour Dieu).

Mais bon, il serait dommage de se focaliser uniquement sur ce défaut car le film offre quand même une histoire ayant sa propre cohérence, qui est ce qu’elle est mais qui fonctionne. Une très bonne comédie pour l’été (sortie le 15 août), en somme, et qui surpasse de loin son modèle. Rien que pour ça (pour ça et la qualité merdique du div-x, en fait), j’irai même le revoir au ciné si l’occasion se présente  !

p.s : je ne me suis pas permis de juger la teneur du discour théologique sur la bonté de Dieu dans cette critique, toutes les bondieuseries que l’on s’attend à trouver dans ce genre de film américain, car je l’ai vu en v.o non sous-titrée et que certains dialogues m’ont donc échappé (damn you, div-x !). Pourtant, je suis sûr qu’on pourrait en parler, en bien comme en mal.

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