Shrek le troisième

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Les plus féroces critiques à l’encontre des deux premiers Shrek prenaient pour cible son côté « parodie sans queue ni tête », grapillant dans tous les aspects de notre culture populaire pour créer ses gags plutôt que d’utiliser des formes de comédie plus « classiques » et « durables ». Ainsi, dans une cinquantaine d’années, la parodie de l’émission Cops dans Shrek 2 fera sûrement moins rire que les mouettes du Monde de Nemo. Mais il n’empêche que ces films étaient quand même bien fendards et remplissaient parfaitement leur mission.

Mais Shrek est maintenant à l’âge de la maturité. Finie l’époque où l’on se roulait dans la fange en mangeant du cérumen, désormais on aborde des sujets sérieux comme la mort (le vieux roi meurt… mais non, c’est pas du spoiler ! C’est le début de l’intrigue !), la natalité et la paternité (on a la confirmation que, lorsque des parents sont laids, eh bah leurs enfants le sont aussi), la vengeance, le devoir, l’échangisme (si, à un moment, le Chat Potté et l’Ane échangent de corps !),… En fait, on se retrouve avec un film plus « sérieux » que les opus précédents, plus classique. Alors, est-ce que Dreamworks veut marcher sur les traces de Pixar ?… Faut pas déconner, non plus.

Parce que Shrek reste malgré tout Shrek, et que même s’ils ont considérablement ralenti sur l’humour second/troisième degré, il en subsiste des restes plus qu’évidents. Mais ce qui était bien dans les deux autres, c’est que les gags de moins bonne qualité se perdaient au milieu de la cohue et que l’on trouvait donc toujours quelque chose auquel rire. Là, c’est beaucoup plus dur. Et ça se ressent fortement.

Alors par contre, sur le plan technique, force est d’avouer que c’est de la bel ouvrage ! Dreamworks Animation commence à avoir sacrèment d’expérience en matière d’animation 3D et, mine de rien, certaines expressions faciales (surtout sur les humains) sont bluffantes de réalisme… ou de naturel… je sais pas, mais même si la qualité du div-x était pas terrible (comme toujours, c’est pour ça que ça reste de la merde), c’était en tout cas super impressionnant ! Une bonne raison pour retourner le voir au cinéma (ou attendre un dvd-rip).

Mais les qualités techniques ne font pas un film, ça se saurait, et Shrek le troisième n’est donc qu’une production « sympa-sans-plus » qui aura fort à faire pour garder la dragée haute face à la concurrence. Surtout qu’il y a Ratatouille qui arrive…

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