Abandonnée

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Marie, une productrice américaine de 40 ans, part pour la Russie à la recherche de son passé. Abandonnée dès son tout jeune âge, elle découvre que les raisons de cet abandon cachent un fait-divers sordide, mystérieux, et hérite de la maison familiale perdue au milieu de nulle part. Là, elle fera une rencontre qui boulversera sa vie… et affrontera les reflets de son passé maudit.

Ce film ayant eu de très bonnes critiques, j’y suis allé en confiance, certain de passer un bon moment (et redoutant d’avoir peur, mais ça fait partie du jeu). Pourtant, et même si j’ai bien aimé le film, je ne peux pas dire que ça ait été la surprise à la quelle je m’attendais (et donc, pour le coup, ça a été une vrai surprise). Sa principale (unique ?) faiblesse est ainsi son scénario qui, bien qu’il soit habilement ficelé et un digne représentant du genre dit « de maison hantée », n’en évite pas moins les poncifs de ce type d’intrigues, ce qui désamorce réellement le suspense au niveau des révélations sur le passé de l’héroïne ou la nature des döppledangers (des fantômes/doubles assez stylés et plutôt flippants). Dans un style relativement proche, et d’un autre réalisateur espagnol, Les Autresse révélait beaucoup plus surprenant et novateur avec son traitement d’une ghost-story. Mais là n’est pas l’intérêt d’Abandonnée.

Parce que même si le film ne vourra pas faire des bonds sur votre siège (le réalisateur évite les cheap-trickstrop faciles, comme « le chat qui sort du frigo » ou la fameuse « main qui rentre brusquement dans le champ »), il fout véritablement mal à l’aise grâce à sa réalisation aux petits oignons. Que ce soit la photo superbe (regardez les images et ces couleurs !), le cadrage, le montage ou la musique, tout est orchestré pour vous plonger dans cet univers glauque et déprimant, vous mettre aux côtés de ces personnages qui perdent la raison (le réalisateur avoue avoir voulu adopter un style proche du documentaire). Il y a aussi quelques idées assez originales comme cette scène où le faisceau de la lampe torche révèle le passé par fragments. Et il y a bien sûr les fantômes, dont le design « simple » ne les prive pas d’une aura terrifiante.

Abandonnée, en l’état, constitue ainsi un brillant exercice de style, la nouvelle révélation d’un talent prometteur (putain, ils sont forts ces espagouins, quand même) que l’on aimerait voir s’atteler au plus tôt à des projets un peu plus consistants au niveau de l’intrigue. Un réalisateur à découvrir, donc.  

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