Le Dernier Maître de l’Air : le spot TV du SuperBowl

5 février, 2010

Étant actuellement dans une période d'inactivité involontaire (oui, on appelle ça aussi le chômage), je vais profiter de mon temps libre pour redonner un peu d'activité à ce blog pas comme les autres (déjà parce que tous les blogs sont uniques, mais aussi parce qu'il est top génial, non ?). Vous ne rêvez pas : les news sont de retour sur le Geek Show ! Youpidou ! Bon, ça ne va pas être non plus un rythme de ouf au début puisque je m'offre quelques jours de repos creusois (faut bien trouver du positif dans le chômage) mais je vous promet qu'on va se faire ça bien dès mon retour.

Alors, pour bien relancer la chose quoi de mieux qu'une petite bande-annonce pour Le Dernier Maître de l'Air, adaptation du monstrueux cartoon Nickelodeon Avatar ? A ne pas confondre avec le péteur de records de James Cameron, ce film-ci nous plongera dans un univers partagé entre quatre grandes nations, chacune maîtrisant un élément bien spécifique (le feu, l'eau, la terre, l'air). La belliqueuse nation du Feu ayant perturbé l'équilibre en lançant une massive campagne d'invasion, c'est au jeune Aang, dernier maître de l'air et accessoirement Avatar (l'être unique pouvant se servir des quatre éléments), de ramener la paix dans ce monde en guerre.

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Réalisé par un M. Night Shyamalan qui touche là à son premier blockbuster, Le Dernier Maître de l'Air s'était déjà dévoilé au travers d'un teaser prometteur et la nouvelle bande-annonce, un spot TV préparé pour le SuperBowl, en remet une bonne couche. Malheureusement trop courte, la vidéo nous donne quand même à voir l'ensemble des pouvoirs en action et, disons-le, ça a sacrément de la gueule. Leurs SFX sont magnifiques (en particulier l'attaque d'eau) et reste à voir maintenant s'ils seront aussi bien utilisés en combat que dans le dessin animé, son gros point fort. Et en cadeau, on a même droit à un aperçu de Aang en mode Avatar, avec les yeux méchants qui brillent ! La classe !

En attendant la sortie française fixée au 21 juillet prochain, une première véritable bande-annonce ne devrait pas tarder à débouler sur la toile. Deux minutes, tous les personnages présents,… Bon, ça arrive quand ?

La Princesse et la grenouille

4 février, 2010

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Il y a quelques années, pour relancer des ventes moribondes, la marque Coca-Cola remplaça son breuvage par une nouvelle recette qui ne remporta pas un très grand succès. Ayant ainsi créé une demande nouvelle pour l'ancien produit, ils le ressortirent sous l'appellation “Classic” et dopèrent leur chiffre d'affaire comme jamais… C'est un phénomène similaire auquel nous assistons aujourd'hui avec la sortie de La Princesse et la Grenouille, retour de Disney à l'animation classique après avoir imposé -avec l'aide de Pixar- les images de synthèse. Et bien que nous ayons parfaitement conscience de sa nature de coup promotionnel, ce nouveau long-métrage attise notre curiosité en tirant sur la corde de la nostalgie. A tort ou à raison, c'est ce que nous allons voir…

Guidée par l'exemple de son père disparu, la jeune Tiana travaille très dur pour économiser et s'offrir le restaurant de ses rêves. Ses plans sont néanmoins retardés par sa rencontre avec le prince Naveen, transformé en grenouille par le machiavélique Dr. Facilier, qui lui réclame un baiser pour retrouver son état normal et sa vie d'oisiveté. Mais les contes se sont trompés et au lieu de rendre son apparence humaine au prince, c'est Tiana qui se change en batracien. Avec Facilier et les forces des Ombres à leurs trousses, les deux petites grenouilles traversent la Nouvelle Orléans pour découvrir un moyen d'inverser le charme

On en a copieusement parlé dans la presse, ce nouveau film Disney nous est vendu comme une oeuvre progressiste au sein des grands classiques du studio avec, entre autres, l'apparition de la première princesse afro-américaine. Un discours qui ne saurait être plus faux. Déjà, c'est oublier que nous avons auparavant eu des héroïnes autres que caucasiennes avec Pocahontas et Mulan, mais passons. Car la preuve la plus convaincante que ce film n'a rien d'innovant, en plus bien sûr de son retour à l'animation old-school (ce qui est déjà assez parlant sur la volonté de nouveauté), c'est la façon qu'il a de réutiliser la bonne vieille recette disneyenne sans rien y changer. Né sous l'impulsion d'un John Lasseter désireux de rendre hommage au maître et à ses chefs d'oeuvre, La Princesse et la Grenouille abonde à 100% dans ce sens et se cale dans la formule que nous connaissons tous : adaptation d'un conte bien connu, large galerie de personnages secondaires pour l'humour, gentils héros et méchants très diaboliques, happy-end de rigueur dans un déluge de lumière,… Même les éléments que l'on nous dit originaux et novateurs trouvent un écho dans le passé de Disney, que ce soit la musique jazz (Scat Cat dans Les Aristochats), la Nouvelle Orléans (on découvre un bayou identique dans Les Aventures de Bernard et Bianca) ou encore une héroïne au caractère bien trempé (souvenez-vous de la répartie de Mégara dans Hercule).

Rien d'original donc dans La Princesse et la Grenouille mais, après tout, cela a-t-il une quelconque importance ? En tant que retour à l'âge d'or du studio, bien évidemment que non. D'autant que cette résurrection d'une animation que l'on croyait pour de bon enterrée sous les pixels numériques se fait avec un luxe de moyens et de talents impressionnant, donnant à son classicisme des atours enviables (nous sommes très loin des direct-to-video à deux balles). Le paradoxe étant que, bien qu'en 2D, le film pullule d'images de synthèse, mais celles-ci s'intègrent en fait si bien à la forme old-school du visuel que jamais nous ne mettons en doute son cachet traditionnel. Ajoutons à cela un character-design magnifique (le Dr. Facilier est spécialement très réussi) et nous obtiendrons alors un film qui saura ravir nos yeux avec le charme d'autrefois, et même mieux puisque cette animation faite à la main profite d'un savoir-faire et d'une attention tous particuliers en cette occasion de comeback.

Oui, mais après ? C'est vrai, ce long-métrage peut se ranger sans peine parmi les grands classiques de Disney, mais en prenons-nous pour autant notre pied ? Désolé, c'est non. Malheureusement, seuls les enfants devraient profiter pleinement de cette aventure batracienne qui, en revenant à la formule disneyenne classique, nous rappelle tout ce qui avait fini par poser problème avec les productions du studio : chansons trop présentes, démagogie et bons sentiments à fond les ballons, progression narrative sans surprise (quoique, ils ont quand même trouvé le moyen de tuer un des personnages sans réelle raison),… C'est sûr, il n'y aura donc que les plus petits et les fans hardcore de l'âge d'or de Disney pour apprécier La Princesse et la Grenouille à sa pleine valeur, tandis que les autres iront se revoir Kuzco, l'empereur mégalo pour profiter d'une oeuvre old-school du studio aux grandes oreilles et en même temps transgénérationnelle. Malgré tout, et parce qu'il est toujours bon de lutter contre l'uniformisation même si sous cette lutte se cache un coup promotionnel, nous ne pourrons qu'être ravis de ce retour au premier plan de l'animation traditionnelle. Car si nous avons perdu notre âme d'enfant, les mioches ont eux encore besoin de rêver. Et la formule Disney est sans conteste l'une des plus à même d'y parvenir.

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A Serious Man

2 février, 2010

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Si les frères Coen se sont toujours montrés habiles dans le genre du film noir, ils ont surtout brillé au travers de comédies aussi branques qu'intelligentes. C'est dire si le bordélique Burn After Reading fut une cruelle déception et combien on peut se méfier de leur petit dernier, A Serious Man, aux premières images plutôt loufoques mais que l'on annonce comme une “comédie dramatique”. Un oxymore que les deux frangins vont travailler au corps pour lui donner tout son sens, jouant d'un humour plus noir que jamais. Un vrai tour de force, malheureusement aussi virtuose que vain.

Dans le Midwest des années 60, Larry Gopnik est un professeur d'université à la vie sans le moindre remous. C'est pourquoi il est quelque peu surpris lorsque sa femme lui annonce qu'elle veut divorcer, premier maillon d'une chaîne d'événements qui vont plonger Larry dans un désarroi de plus en plus aliénant. Alors que son monde s'écroule, il cherche dans la religion l'explication de cet acharnement du sort contre lui

Quiconque a déjà vu une oeuvre des frères Coen sait que le duo, au sein du paysage hollywoodien, joue dans la cour des plus grands. Un statut dû autant à leur maîtrise technique impeccable qu'à des scénarios -signés bien sûr de leurs mains- ne cédant jamais à la facilité malgré les apparences, insufflant de la substance même là où l'on n'en attendrait pas vraiment (la comédie romantique avec Intolérable cruauté). Forcément il leur arrive de se planter, et plus souvent qu'on le voudrait encore, mais même leurs péloches les moins réussies ont alors à chaque fois cette patte unique, reflet de leur passion pour le cinéma et de la réflexion qui en découle. Et à plus d'un titre, A Serious Man s'inscrit dans cette tradition. Là où la trame du film pourrait ainsi paraître anémique et archi-rebattue, les Coen jouent la carte d'une mécanique implacable mais également surprenante, désamorçant nos prévisions nées à la lumière du pitch pour mieux nous faire ressentir la détresse de Larry Gopnik face aux catastrophes qui s'amoncellent (l'excellente performance de Michael Stuhlbarg n'y étant pas non plus étrangère). Un humour cruel et en même temps plein d'affection que l'on retrouve à l'identique dans la réalisation des frangins, ne serait-ce qu'au travers de leur reconstitution d'une Amérique des 60's à la frontière de la nostalgie et de la désillusion.

Mais si les Coen donnent l'impression de s'acquitter brillamment de leur numéro d'équilibriste, prodiguant une réalité tangible au concept vague de “comédie dramatique”, ce sentiment n'aura néanmoins qu'un temps. Car dans leur désir d'innovation, le duo abandonne toute conception classique de la narration (ou du moins la travestit jusqu'à l'en rendre méconnaissable) pour faire de A Serious Man une pochade réflexive, une histoire libre à toute interprétation. Exactement comme les récits que débitent les rabbins quand Larry vient chercher des réponses, les éminences religieuses se gardant bien d'y apporter la moindre explication. Une façon d'amener l'autre à réfléchir mais également de montrer combien on est sage et intelligent, d'affirmer sa supériorité face à celui qui est perdu. Et, disons-le, les Coen se la pètent sévère ici. Ils nous enfoncent progressivement dans une intrigue dont le sens nous échappe de plus en plus, les pistes de lecture étant aussi nombreuses qu'obscures (certains critiques sont allés jusqu'à établir un parallèle entre le film et la physique quantique, c'est dire). Comme les rabbins, ils évitent donc soigneusement d'exprimer leur propre opinion ou même d'apporter une quelconque conclusion, nous laissant au final aussi démunis que face à l'inattendue scène d'introduction.

On sort ainsi de A Serious Man avec l'impression d'avoir partagé le calvaire de son personnage principal pour rien, lui-même n'y pouvant queue dalle et n'y réagissant en rien. Frustrant, parce que les frères Coen font preuve de tout le talent que nous leurs connaissons mais sans autre but que de montrer combien ils sont malins et cultivés, pour plaire à ceux qui aiment également se croire malins et cultivés. Ce qui ne signifie pas que les autres -les adeptes d'un cinéma plus direct- ne comprendront rien à cette digression métaphysique mais, s'ils en arriveront aux mêmes conclusions embrouillées et vaseuses que le tout venant de l'intelligentsia, eux se demanderont au moins quel est l'intérêt de tout ça. Et ils auront bien raison.

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Le Livre d’Eli

25 janvier, 2010

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Dans la vague des films post-apocalyptiques qui pullulent ces dernières années, Le Livre d'Eli tient une place à part. Non pas qu'il propose un traitement original de notre angoisse de l'avenir, mais il marque en fait le retour au charbon des frangins Hughes, excellents cinéastes dont nous n'avions plus de nouvelles depuis un From Hell bien glauque sorti il y a maintenant presque neuf ans. Et si l'attente a été longue, très longue même, elle en valait largement le coup quand on voit le morceau de pur cinoche qu'ils balancent sur nos écrans, pétri de bonnes idées et d'influences inspirées. Même si certaines, malheureusement, sont plus discutables que d'autres et viennent un peu gâcher la fête.

Dans le futur, guerres et pollution ont fini par ravager la surface de la planète, faisant de la Terre un désert aride où tout vient à manquer. Un homme seul, Eli, traverse ce paysage désolé pour atteindre l'ouest, où il doit conduire un livre très spécial à bon port. Mission difficile, car cet ouvrage attise la convoitise d'un chef de bande cruel, persuadé que les mots qu'il contient pourront lui donner un pouvoir sans pareil dans ce monde désoeuvré. Mais s'il est prêt à tout pour s'en emparer, Eli ne reculera lui devant rien pour le défendre

Au début de leur carrière, avec Menace 2 Society, Génération Sacrifiée ou même le documentaire American Pimp, les frères Hughes étaient connus pour choisir des sujets proches de leur expérience personnelle, de ce qu'ils avaient pu voir et comprendre lors de leur enfance à Detroit. Pourtant, avec From Hell, les frangins démontrèrent qu'ils pouvaient faire autre chose, comme livrer une oeuvre de divertissement (au sens noble du terme) absolument magnifique. C'est pourquoi, après le rendez-vous manqué Hide and Seek, les voir se lancer sur Le Livre d'Eli était aussi excitant. Et dès les premières minutes de celui-ci, nous ne sommes pas déçus : Albert et Allen n'ont rien perdu de leur talent durant cette absence et nous plongent immédiatement dans une ambiance unique, un monde post-apocalyptique aux tons comme nous n'en avons jamais vu. Une exigence technique et artistique qu'ils entretiennent tout du long, avec une volonté aussi forte que celle d'Eli, et qui assure donc un spectacle perpétuel pour nos rétines irradiées.

Mais la réussite des frères Hughes ne se cantonne pas à la seule création de beaux plans, ni même à la constitution d'un univers post-nuke visuellement attrayant. Non, leur véritable force ici est de donner à ce monde une épaisseur cinématographique incroyable, nourrissant leur propos post-apocalyptique de références variées qui aboutissent à un tout cohérent, à la fois original et foutrement efficace. Entre western et chanbara, les frangins finissent alors par faire de Denzel Washington (royal, comme toujours) une figure héroïque ultime dans ce monde en perdition, le voyageur silencieux auquel il vaut mieux ne pas se frotter. Les scènes d'action sont à ce titre de purs moments de jouissance et de “fine brutalité”, et le premier combat d'Eli en contre-jour devrait vous laisser bouche-bée pour quelques minutes.

Si les réalisateurs tirent toutefois une grande force de leurs sources d'inspiration, il en est une qui vient désagréablement alourdir leur ouvrage. Et celle-ci, rompue à faire chier son monde depuis des millénaires, est bien évidemment la foi religieuse. Quoique, dans le cadre du film et de son intrigue, elle a tout à fait sa place, exprimant comme nulle autre le thème de l'espoir face à l'adversité la plus insurmontable. L'idée que la foi, sous sa forme la plus pure et générique, est la seule chose qui peut vous faire attendre ou vous battre pour des lendemains meilleurs. L'erreur des frères Hughes et de leur scénario étant alors de donner un nom à cette foi. Parce que même s'il n'est dit que très tard que le livre protégé par Eli est une Bible, celui-ci est immédiatement identifiable avec son crucifix sur la couverture et, surtout, les passages cités par le héros… On bascule alors à intervalles réguliers dans un prosélytisme toujours lourdingue et critiquable, d'autant que le film apporte un crédit gênant à la chrétienté en faisant à plusieurs reprises du héros une figure clairement christique, miracles y compris. Le problème n'étant pas seulement qu'on fasse ici la promotion du puritanisme ricain, mais que cela a aussi tendance à jeter le doute sur les capacités propres du héros. En effet, ce n'est pas la même chose de regarder à l'oeuvre un combattant hors-pair et une marionnette manipulée par un dieu quelconque…Vraiment dommage, surtout que l'on aurait pu atteindre le même résultat -avec d'avantage de finesse et d'efficacité- en restant simplement plus évasif sur la nature de la foi d'Eli.

En dépit du twist final qui ajoute encore à la légende du personnage qu'incarne Denzel Washington, achevant de l'inscrire au panthéon des héros solitaires croisés sur les terres du Farwest ou du Japon, Le Livre d'Eli pourra donc laisser une drôle d'impression à tous ceux ayant un problème avec la propagande religieuse. Un sentiment d'autant plus étrange qu'à côté de cela la réussite des frères Hughes est totale, nouvelle confirmation brillante de tout le bien qu'on peut penser d'eux. Leur western post-nuke est un long-métrage de haute volée, à la valeur cinématographique incroyable (c'est franchement la grande classe), et on espère alors que ses bondieuseries n'étaient qu'une façon pour les réalisateurs de revenir en odeur de sainteté, afin de pouvoir retourner sur les plateaux sans avoir à attendre dix ans… Oh et puis merde, même s'ils sont devenus des culs-bénis, on attend leur prochain effort avec impatience !

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Tamagotchi, le film

22 janvier, 2010

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Vous souvenez-vous des Tamagotchis, ces jouets électroniques en forme d'oeuf sortis à la fin des années 90 et consistant à élever des créatures virtuelles ? Hé bien si la mode s'est quelque peu essoufflée chez nous, il n'en va pas de même dans leur pays d'origine où ces petites bestioles ont continué de proliférer, bénéficiant même de leur propre série animée. Un succès leur ayant permis de débouler dans les salles nippones en 2007 avec un premier long-métrage, puis un second l'année suivante. Bizarrerie de la distribution, c'est celui-là même qui nous arrive aujourd'hui, Tamagotchi, le film : la plus belle histoire de l'univers. Et comme vous vous en douterez, c'est à réserver à un très, très jeune public…

Tout va pour le mieux sur la planète des Tamagotchis où Mametchi et ses amis attendent impatiemment la venue de la bibliothèque volante à leur école, avec ses livres magiques dans lesquels on peut plonger et vivre des aventures merveilleuses. Un plaisir qu'aucun petit tamagotchi n'est prêt à se refuser, à l'exception du solitaire et tristounet Kikitchi. Mais il y a plus grave car celui-ci entend un appel à l'aide venir d'un des livres

Avant toute chose il est bon de préciser un point crucial concernant les Tamagotchis : en dépit des apparences, ce ne sont absolument pas des animaux de compagnie, même imaginaires. Le fabricant Bandai a en effet été très tôt confronté à un mini-scandale, les spécialistes de l'enfance craignant que la faculté de résurrection des créatures virtuelles ne perturbent l'esprit des bambins. C'est bien connu : si la mort de mon Tamagotchi n'a rien de grave, pourquoi ne pas essayer avec le pauvre Médor ? Un raisonnement un peu hâtif que Bandai a contourné en prodiguant une mythologie à ses créatures (relayée par la série), où la mort est exclue puisqu'elles viennent en fait d'une autre planète et y retournent quand elles disparaissent de notre écran… Vous trouvez l'argument un peu lourd et simpliste ? Il faudra vous y faire, car c'est pile le genre d'énormités que l'on retrouve dans Tamagotchi, le film. On y parle d'amitié, de quête du bonheur, de plaisir de la lecture (on en profite aussi pour faire la pub d'un géant du fast-food américain), ce qui en soit est très bien, mais le tout est exécuté avec un traitement à la truelle qui le destine clairement aux spectateurs de moins de cinq ans. Il faut voir comment un gag second degré très répandu dans les mangas -les yeux “brillants”- est ici utilisé sans aucun recul humoristique, pour comprendre à quel point le film s'acharne à être le plus accessible possible, à transmettre émotions et informations sans la moindre finesse. Dès lors le design des personnages, déjà pas gâtés de par leur inspiration des jouets, paraîtra hideux à n'importe qui ayant quitté les bancs de la maternelle (mais pourquoi cette petite ampoule aux yeux exorbités ?) quand il s'agit là encore de capter au plus vite l'attention des gamins, avec des formes et des couleurs facilement identifiables.

Toutefois, sur un plan purement technique, Tamagotchi, le film présente quelques jolies choses comme par exemple une utilisation agréable du cel-shading. Bien sûr elles ne sont pas souvent mises en valeur ici, si ce n'est au cours du climax où le monde se déchire comme les pages d'un livre, mais ce savoir-faire visuel laisse présager du très bon pour le projet suivant du réalisateur Joji Shimura avec le studio Oriental Light and Magic, puisqu'ils se sont chargés de l'adaptation animée du jeu vidéo Professeur Layton. A défaut donc de trouver un quelconque intérêt ici, les membres les plus âgés du public pourront toujours voir l'aventure de Mametchi et ses amis comme un bon augure (ne serait-ce que technique) pour Professeur Layton et la Diva éternelle !

Bon, il faut alors vous faire une raison : même si vous aviez adoré élever et vous promener avec votre Tamagotchi il y a de cela plus de dix ans, ce long-métrage ne vous fera revivre en rien le plaisir simple d'avoir un compagnon de jeu fictif. En revanche, si vous avez désormais un véritable tamagotchi à la maison (ou plusieurs, sait-on jamais) et que celui-ci peine encore à écrire correctement son prénom, Tamagotchi, le film saura probablement lui faire passer un bon moment. Ou l'empêchera tout du moins de penser à mettre les doigts dans la prise électrique pendant une heure et demie, ce qui fait déjà ça de gagné. Mais quand on la compare entre autres aux oeuvres les plus enfantines d'un Hayao Miyazaki, Mon voisin Totoro et Ponyo sur la falaise en tête, cette version ciné des Tamagotchis arbore quand même une bien triste figure en réclamant des jeunes spectateurs de n'être que des éponges.

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Invictus

16 janvier, 2010

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Bien qu'il fêtera ses 80 ans cette année, Clint Eastwood fait preuve d'une boulimie artistique nous donnant à penser que, avant de prendre sa retraite et mourir (une idée très présente dans sa filmographie récente), le réalisateur tient à finir de dire ce qu'il a sur le coeur. Avec son troisième film en un peu plus d'un an, Invictus, l'ancien Dirty Harry nous parle ainsi de tolérance, de paix entre les différents groupes pouvant cohabiter dans un espace donné. Un message finalement très proche de celui de son précédent effort, Gran Torino, sauf que la rencontre improbable de deux voisins se dérobe ici au destin de tout un pays, l'Afrique du Sud de l'après-apartheid. Un changement d'échelle dans lequel le discours de Eastwood perd un peu en finesse.

Tout juste élu président de l'Afrique du sud, Nelson Mandela doit s'occuper des affaires d'état mais également d'un problème plus préoccupant, son pays continuant d'être rongé par les restes de l'apartheid. Pour y remédier, il lui vient l'idée de réunir ses concitoyens sous une même bannière en se servant du sport, et plus spécialement du rugby. La Coupe du Monde se tenant dans une année, il demande alors au capitaine de la très moyenne équipe nationale de se surpasser pour porter haut les couleurs de l'Afrique du sud

En tant que réalisateur, Clint Eastwood s'est fait une spécialité ces dernières années d'éclairer des sujets difficiles avec une retenue remarquable. L'euthanasie dans Million Dollar Baby, la question du point-de-vue dans la guerre (le diptyque Mémoires de nos pères / Lettres d'Iwo Jima), la brutalité policière avec L'Echange ou encore le “racisme ordinaire” dans Gran Torino. Mais loin de se départir de l'émotion en évitant ainsi le pathos, Eastwood parvenait à chaque fois à capter la part humaine du drame avec une sensibilité unique, celle d'un vieux sage connaissant ses fautes, celles des autres, et capable d'y réfléchir avec recul, sans la moindre véhémence. En cela le Eastwood réalisateur de la dernière décennie est donc assez proche de l'image publique de Nelson Mandela, l'homme derrière le “Tribunal du Pardon”, et le portrait qu'il nous en dresse dans Invictus lui offre par conséquent une réelle épaisseur, presque un certitude de véracité. Il faut dire aussi qu'en confiant le rôle à Morgan Freeman, acteur dont le talent n'est plus à démontrer, la moitié du travail était faite. Pour le reste, Eastwood assoit alors le sentiment de réalisme grâce à une réalisation sans fioriture, le plus étonnant étant peut-être bien l'absence quasi-totale de musique dans la première partie pour se rapprocher du style documentaire.

Et pourtant, malgré cette réussite formelle apparente (à noter les réussis matchs de rugby où l'on sent bien la violence des chocs), Invictus ne peut prétendre à la même intelligence dans son propos que les précédents films du réalisateur. Pourquoi cela ? Parce que cette fois, l'approche de Eastwood confine à un optimisme des plus forcenés, pour ne pas dire franchement naïf. C'est vrai, depuis quand le sport peut-il réunir ainsi les gens, leur faire oublier les différences qu'ils pensent avoir ? Rappelez-vous l'espoir de la France Black-Blanc-Beur au lendemain de la Coupe du Monde de foot en 98 et comment, quatre ans plus tard, le Front National passait au second tour de l'élection présidentielle… Difficile dès lors de “croire” à l'histoire que nous raconte Eastwood car si le message est on ne peut plus louable -et même indispensable- les mécaniques narratives apparaissent comme trop grossières pour émouvoir, nous impliquer. Tout se passe comme l'imaginait Mandela, dans une logique autant implacable qu'irréaliste, et bien qu'il existait plusieurs nids où épaissir le récit (les agents de sécurité, les joueurs de l'équipe), ceux-ci sont traités avec une légèreté flirtant souvent avec la comédie. Et que dire du final, où Eastwood nous conduit jusqu'à un happy-end douteux à grand renfort de ralentis lourdingues…

Alors, que ce soit clair, Invictus n'est pas un mauvais film en soi, mais on ne peut nier qu'il s'agit d'une sacrée déception quand on pense à celui qui est aux commandes, et au sujet qui était entre ses mains. Sa nouvelle oeuvre se contente en fait d'une approche ultra-simpliste difficilement pardonnable chez Eastwood, usant des bonnes grosses ficelles de ce genre de films. Après, il est sûr qu'un peu de naïveté peut faire du bien en ces temps cruels mais, pour le coup, on aurait préféré que ce soit quelqu'un d'autre qui s'y colle.

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Esther

31 décembre, 2009

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Votre but dans la vie est d'avoir des enfants ? De fonder une belle et grande famille ? Grand bien vous en fasse… bande de couillons ! C'est vrai, quoi, vous n'allez jamais au cinéma ? Vous n'avez pas encore compris que, en plus de porter sur le système avec la régularité du bus scolaire, les chiards peuvent également se révéler être de véritables dangers pour votre santé mentale puis physique ? Si la réponse est “non”, pas de problème : Esther et sa diabolique gamine éponyme sont là pour vous administrer une petite piqure de rappel !

Ayant perdu leur troisième enfant alors que la femme était encore enceinte, un couple décide un jour d'adopter une fille pour surmonter leur chagrin. Ils pensent avoir découvert la perle rare avec Esther, une enfant discrète et un peu décalée mais aussi intelligente et talentueuse. Pourtant, une fois arrivée dans sa nouvelle demeure, elle révèle petit à petit un aspect plus sombre de sa personnalité, dangereux, et met en péril l'unité de la famille. Mais quel secret troublant se cache derrière le comportement de Esther ?

Des films avec des “enfants méchants”, parce qu'ils fonctionnent sur un contraste terrifiant pour la plupart des gens, nous en avons déjà vu quelques-uns. Certains usant d'un postulat fantastique (La Malédiction), d'autres de la SF (Birth) ou encore du bon vieux thriller, au rang desquels compte Le Bon fils avec un Macaulay Culkin qui cherchait à casser son image d'enfant-acteur sans talent. Alors, pour peu que vous ayez vu ce dernier ou un Joshua sorti en 2008, il ne faut pas vous attendre à rencontrer beaucoup de surprises avec Esther, où la ré-utilisation des ficelles du genre est une règle d'or. Plusieurs scènes ont ainsi un fort goût de déjà-vu et là où le film aurait pu creuser la différence, soit le mystère entourant la Laura Ingalls démoniaque, il se trouve que le twist final annoncé avec fracas dans la campagne promo est effectivement surprenant… mais aussi artificiel au possible ! Vous verrez, ça laisse un drôle de goût dans la bouche, que ne rehausse pas même le suspense. En effet, Jaume Collet-Sera nous avait montré qu'il pouvait être relativement inventif avec le pourtant moyen La Maison de cire mais ici, hormis lors de deux, trois séquences, il semble flemmarder et n'hésite pas à abuser des cheap-tricks, parfois même en double. Autant dire qu'avec le manque d'originalité ça peut faire beaucoup, et on se demande alors ce qui pourra bien sauver la péloche des limbes du thriller mou du genou pour bobos effarouchés (salut les gars !).

La réponse tient en deux mots : Isabelle Fuhrman. Bon d'accord, ce ne sont pas tout à fait des mots mais cela ne change rien au fait que la jeune comédienne livre une interprétation des plus étonnantes, aussi à l'aise en petit ange surdoué qu'en meurtrière froide et calculatrice. Deux visages auxquels la jeune Isabelle confère la même conviction, n'en rendant Esther que plus flippante. Et s'il faut tout de même reconnaître une qualité au scénario, c'est qu'il se permet de profiter des talents de la jeune comédienne en abordant des sujets plutôt complexes et tabous, où là encore elle se montre diaboliquement convaincante.

En fait, quand on y regarde de plus près, Esther repose presque intégralement sur les épaules de son actrice principale qui les a heureusement assez solides pour contrebalancer le reste du casting, pas toujours très convaincant (sans compter qu'ils ne sont pas gâtés avec leurs personnages à baffer). Le film propose donc un réel intérêt de ce côté-ci mais pour peu qu'on le remette en perspective dans le genre, il s'inscrit alors dans une moyenne honorable sans rien avoir de transcendant. Si ce n'est, bien sûr, de nous rappeler que les enfants peuvent être de vrais petits enc#### !!!

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Solomon Kane

30 décembre, 2009

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Rendu extrêmement populaire dans les années 80 grâce au film de Milius avec ce bon vieux Schwarzy, Conan est à l'origine un personnage du fiévreux écrivain Robert E. Howard. Mais ce qu'on oublie parfois trop vite, c'est que Howard n'a pas seulement imaginé les aventures barbares du Cimérien et, parmi ses autres récits, nous retrouvons ceux ayant pour héros un certain Solomon Kane. Un puritain pourfendeur de démons et monstres à la morale aussi droite que son allure, impitoyable au combat. Autant dire que le potentiel cinématographique est carrément là. Alors, est-ce que le film de Michael J. Bassett saura être profitable au Puritain comme le fut celui de Milius pour le Cimérien ?

Dans un seizième siècle où la magie noire le dispute à la foi religieuse, Solomon Kane est un soldat de Dieu engagé avec ferveur et fureur dans son combat contre les forces du Mal. Multipliant les massacres sans vergogne, il est bientôt damné et, pour sauver son âme, renonce totalement aux armes. Devenu un Puritain, son errance l'amène à rencontrer une famille avec laquelle il trouve une nouvelle paix. Mais quand celle-ci est menacée par les hordes infernales d'un puissant sorcier, Solomon Kane n'a pas d'autre choix que de s'abandonner à un nouvel affrontement

Comme les nombreuses bandes de sword and sorcery qui suivirent la sortie de Conan le Barbare, la bonne volonté évidente derrière Solomon Kane ne signifie pas que le film parvient à feinter les défauts. En fait ils y sont même légions, inhérents à certaines productions de Samuel Hadida et sa société Davis Films. C'est à dire que d'un sujet en or mais ambitieux, on se retrouve au final avec une péloche bancale, bâtarde, de peur de se couper d'une partie du public en poussant le concept trop loin. Rappelez-vous les Resident Evil et l'invention du “gore propre”… Un fait d'autant plus rageant que toute l'intrigue aspire à la violence la plus brutale qui soit, symbolisation de l'horreur qui se trame en cette contrée (une constante du genre qu'il partage avec le film de guerre) mais également baromètre de la progression du héros, appelé à accepter sa condition de soldat illuminé. Alors ok, les combats sont plutôt sympa, mais on a vu plus démonstratif dans le genre. Et même quand le film se permet des choses relativement osées, on se garde bien de vous en montrer le moindre résultat. Mais le plus insidieux avec ce désir de la prod' de rentrer au plus vite dans ses frais, c'est le sacrifice de précieuses minutes au montage afin de caler le plus de séances possibles par jour (on imagine pourquoi la post-production fut si longue). Très rythmé, Solomon Kane aurait ainsi gagné à franchir la barre des deux heures pour offrir davantage de souffle à son récit et, surtout, combler des blancs assez gênants. Une remarque concernant principalement les grands méchants, qui n'ont qu'un temps de présence ridicule à l'écran pour ne finalement rien y faire. Il faut voir l'ampleur du gâchis concernant le sorcier Malachi -apparition en toute fin, personnage inutile, mort pourrie alors qu'il est joué par le très cool Jason Flemyng- pour comprendre comme l'ensemble peut manquer de rigueur dans sa construction.

Ceci dit, en fier guerrier qu'il est, l'ensemble de ces défauts ne parvient pas non plus à mettre Solomon Kane à terre. Avec à sa barre un Michael J. Bassett (Wilderness) pas finaud mais efficace, le film garde tout du long un feeling pulp très plaisant, qui dédramatise ses errements (c'est pourquoi même quand James Purefoy surjoue à mort, ça passe). Non pas que ce courant artistique soit caractérisé par ses carences narratives, mais il est en fait dominé par un tel amour du genre approché qu'il nous communique cette flamme, la fait entrer en résonance avec la notre propre envers et contre tout. Et le réalisateur anglais de nous plonger alors dans une Europe ténébreuse à souhait, où les éléments ajoutent sans cesse au malheur des pauvres hères (la neige dans un premier temps, puis la pluie, sont omniprésentes). Des images fleurant bon la dark-fantasy et nous faisant presque oublier une partition horripilante de Klaus Badelt, tout en dissonances incongrues, sans compter qu'elles font aussi la part belle à un bestiaire fantastique varié. Pas forcément original, mais l'intention d'en donner au spectateur pour son argent se ressent dans chaque seconde du métrage et participe de cette bonne volonté qui achève d'emporter notre adhésion.

Ce n'est donc pas le Conan de Milius mais, à bien y regarder, cela aurait pu être largement pire. Après, on pourra toujours remettre en cause le respect du film par rapport au matériau original, bien plus sombre et intransigeant, mais il n'en reste pas moins qu'au petit jeu des licences massacrées (une spécialité hollywoodienne), Solomon Kane en sort la tête haute. Loin d'être parfait, il n'en constitue pas moins une honnête petite série B divertissante et plutôt agréable à voir, qui gagnera à être découverte par tous ceux ayant privilégié (et à raison) en cette fin d'année Avatar. Sûr qu'à sa sortie en vidéo, ce sera un vrai carton !

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