Critique ciné : Music of My Life

18 septembre, 2019

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Quoi de mieux qu’un feel-good movie pour faire passer la pilule de la rentrée ? Parfaitement calé pour nous faire un peu oublier la déprime de la reprise du travail, Music of My Life satisfait à de nombreux critères du genre avec son récit de passage à l’âge adulte plein de nostalgie et de message d’ouverture d’esprit, le tout cimenté par un gimmick fédérateur qui va donner à l’oeuvre sa propre voix (ici les chansons de Bruce Springsteen, dans une mise en scène qui flirte parfois avec la comédie musicale). Une formule qui peut paraître un peu facile, et peut-être l’est-elle réellement, mais dont on ne peut nier la redoutable efficacité, plus encore lorsqu’on a quelqu’un comme Gurinder Chadha aux manettes. Déjà responsable du succès surprise Joue-la comme Beckham il y a quelques années, la réalisatrice revient ainsi à un projet assez similaire, où le discours communautaire ne sert en fait que de vecteur à un propos bien plus universel, une tranche de vie dans laquelle chacun pourra puiser de quoi se rendre un peu meilleur, un peu plus heureux. Les plus cyniques trouveront toujours de quoi râler et railler mais ça n’empêchera pas Music of My Life de filer la patate aux autres, qui sortiront de la salle avec un grand sourire aux lèvres. We feel good, thank you.

Critique ciné : Dora et la cité perdue

11 septembre, 2019

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Adapter en film live le dessin animé éducatif Dora l’exploratrice : idée à la con ? Carrément ouais, et plus encore quand on entendait le nom de Michael Bay rattaché à l’affaire (du passé désormais, ouf). Pourtant, Dora et la cité perdue prouve qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Comme celle de découvrir une adaptation sachant prendre en compte avec intelligence et humour les « faiblesses » de son matériau d’origine, en tout cas ses aspects les plus inadaptables, pour livrer un résultat aussi fidèle que novateur et abouti, avec un sens du second degré absolument savoureux. Oui, on parle bien de Dora sur grand écran, vous ne rêvez pas. Avec Babouche, Chippeur et tout ça. Ancien collaborateur de Ali G et responsable des deux derniers long-métrages des Muppets, le réalisateur James Bobin injecte en fait plusieurs niveaux de lecture à son travail qui en devient un métissage film live / animation pouvant plaire à tous les âges, qui plus est porté par une Isabela Moner réussissant à rendre le personnage de Dora véritablement adorable et drôle ce qui, avouons-le, n’était pas gagné. Et puis, quels films pour enfants ont les cojones de mettre des dialogues sous-titrés ? C’est simple, Dora et la cité perdue, c’est le George de la jungle de cette décennie. Et ce n’est pas peu dire.

Critique ciné : Fast & Furious – Hobbs & Shaw

11 septembre, 2019

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Parce que la franchise Fast & Furious s’est un peu essoufflée et égarée dans sa logique de surenchère pyrotechnique, ses producteurs ont décidé de la décliner dans un spin-off tout en finesse mené par deux de ses mémorables seconds couteaux, Hobbs & Shaw… non, bien sûr, il s’agit ici de célébrer l’action délurée dans toute sa démesure, d’enfoncer le clou au point que F&F ne pourra revenir qu’en renouant avec ses fondations. Ce produit dérivé se crée ainsi sa propre identité, celle d’un buddy movie orgiaque copulant joyeusement avec la science-fiction et se constituant sa propre mythologie avec un mystérieux grand méchant et des acolytes surprises (tous à retrouver dans la suite d’ores et déjà annoncée). La famille demeure la caution morale mais on sent bien que tous les compteurs ont été poussés au maximum et, forcément, ça devient un chouïa too much. Un gros chouïa même. Les relations entre les personnages consistent juste en des échanges de vannes qui tournent à vide (la preuve, Dwayne The Fucking Rock Johnson et Jason Statham sont plus drôles quand ils ne parlent pas comme lors de la scène du double scanner facial) et bien que nous n’ayons rien contre les scènes d’action imaginées par un gamin avec ses jouets, elles versent ici tellement dans le nawak que ça en devient franchement bordélique, qui plus est avec une mise en scène souvent brouillonne. On attendait mieux de David Leitch (Deadpool 2), qui s’est à priori pas mal déchargé sur sa seconde équipe. En somme, Fast & Furious : Hobbs & Shaw c’est beaucoup de bruit pour rien. Un feu d’artifice en plein jour.

Critique ciné : Wedding Nightmare

6 septembre, 2019

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Si se marier est déjà une épreuve en soi, ça l’est encore plus pour l’héroïne de Wedding Nightmare, laquelle se retrouve plongée dans une mortelle partie de cache-cache organisée par une belle-famille aussi riche que timbrée. Commence alors un jeu des chats et de la souris au rythme enlevé et à l’humour noir ravageur, plus fin qu’il n’y paraît (le portrait des riches a beau être jouissivement caricatural, ils ont tous au moins une scène qui les humanise un peu) et surtout mené par une Samara Weaving – la nièce de Hugo – qui bastonne sévère, crédible dans toutes les phases que traverse son personnage. Pour leur deuxième long-métrage rien qu’à eux (ils avaient participé auparavant à plusieurs films à sketchs) après The Baby, le collectif Radio Silence s’en sort en tout cas très bien et réalise une belle transition dans leur carrière puisqu’ils abandonnent le gimmick du found footage qui leur collait à la peau jusqu’à présent. Nous sommes curieux maintenant de découvrir la descendance de Wedding Nightmare.

Critique ciné : Scary Stories

6 septembre, 2019

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Vous aimez les histoires qui font peur ? Ça tombe bien, avec Scary Stories, André Ovredal (à la réalisation) et Guillermo del Toro (producteur et scénariste) en ont plusieurs à vous raconter, tirées d’une série de romans de Alvin Schwartz et réunies dans un métrage voyant une poignée d’ados confrontés à une malédiction multifaces depuis qu’ils sont tombés sur le mauvais livre… Là, vous devez penser « hé, ça ressemble vachement à Chair de poule ! », et vous aurez raison… Sauf que ! Sauf que là où la création de R.L. Stine vise clairement les moins de 12 ans, et plus encore son adaptation ciné, nous sommes ici en présence d’une oeuvre voulant foutre la trouille pour de vrai. Même aux plus grands. Grâce à l’amour que porte del Toro aux monstres et son ingéniosité à les concevoir, couplés au talent de Ovredal pour ancrer le fantastique dans le réel et faire monter la tension, le film acquiert son statut de vraie oeuvre horrifique sans se départir pour autant totalement de ce feeling « pour teenagers », un peu comme une sorte de production Amblin hardcore. Cela tient bien sûr à la bande de (très bons) jeunes comédiens qui doivent faire face à une menace sans pouvoir compter sur les adultes mais aussi à un cadre historique bien caractéristique (Halloween 1968, tout un programme) ou encore un humour noir très présent, même chez les créatures qui possèdent toujours un côté grotesque. Pour les futurs 31 octobre en tout cas, c’est sûr, dès que les mômes seront couchés après leur Chair de poule, nous on pourra embrayer avec joie sur Scary Stories. En attendant qu’ils aient un peu grandi et puissent passer aux choses sérieuses.

Critique ciné : Playmobil, le film

6 septembre, 2019

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Tirer un film d’une gamme de jouets a toujours paru une entreprise si mercantile que les marques n’osaient sauter le pas que pour accoucher d’oeuvres bâclées, sans ambition, jusqu’à ce que Lego – grâce au génial binôme Phil Lord / Chris Miller – prenne tout le monde de court avec l’excellent La Grande aventure Lego, dont la plus grande force était d’embrasser la nature même de ces jouets comme point de départ. De quoi donner des idées à la concurrence et voici donc que débarque Playmobil, le film, conçu sur des bases assez similaires si ce n’est qu’on vise ici un public plus jeune. Comparativement, le rythme est ainsi bien moins survolté, l’humour plus sage, on a des passages de comédie musicale comme dans un Disney. Et, plus étonnant, on adopte vraiment un point-de-vue enfantin faisant que la seule protagoniste à devoir s’améliorer est la grande sœur, incarnée par Anya Taylor-Joy (Split), alors qu’à priori elle assumait bien ses responsabilités jusque-là… Pour autant la péloche n’est pas une foirade, elle aurait bien gagné à creuser un peu plus ses personnages et à proposer une intrigue plus originale mais elle offre en contrepartie son lot de moments forts, quelques très bons gags et surtout une aventure dépaysante et fun, ce qui est la raison d’être de ces jouets ayant égayé tant de vertes années. S’il est donc à conseiller à un public plus jeune que celui des briques ennemies, Playmobil, le film n’en constitue pas moins un spectacle de qualité ayant le bon goût de ne pas prendre les enfants pour des gogos… et devant lequel même les plus grands pourront passer un moment sympa.

Critique ciné : Once Upon A Time In… Hollywood

5 septembre, 2019

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Que Tarantino soit cinéphile, on le sait. Toute sa filmographie transpire de cette passion, chacun de ses films est pour lui l’occasion de marcher dans les traces de ses modèles et de leur rendre hommage. Avec Once Upon A Time In… Hollywood, son neuvième effort, le bonhomme va pourtant encore plus loin car il s’agit cette fois d’une lettre d’amour ouverte au Cinéma, avec un grand C, et non pas à l’un de ses genres ou une de ses gloires. Collant aux basques d’une star has-been du western et de sa doublure (respectivement Leonardo DiCaprio et Brad Pitt, tous deux magistraux même s’il faut avouer que Pitt trouve là un des rôles les plus badass de sa carrière) dans le Hollywood de la fin des 60′s, il en profite pour nous montrer l’envers du décor dans tout ce qu’il a de plus incongru, pathétique ou juste glorieux, porté par une reconstitution au fétichisme enamouré (mais trompeuse aussi). Cela lui donne l’opportunité de jouer directement avec les films ou références chères à son coeur, dans lesquels il incruste ses personnages en un geste dont le second degré frôlerait presque avec la parodie. QT ne se perd pas pour autant dans la moquerie car son affection est sincère et évidente, tout comme les (nombreuses) ruptures de ton ne nous égarent pas puisqu’elles servent justement à montrer le ciné qu’il aime sous autant de facettes que possible, ceci afin de mettre en avant la magie toute-puissante du médium / média qui peut aussi bien nous faire adhérer aux histoires les plus folles qu’il peut aller jusqu’à réécrire l’Histoire. Alors oui, Tarantino aime le cinéma. Et quand il nous fait un film comme ça, on ne peut que l’adorer nous aussi.

Critique ciné : Comme des bêtes 2

5 septembre, 2019

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Comme des bêtes 2 premier du nom s’était avéré plutôt sympa même s’il abandonnait très vite son idée initiale – dévoiler le quotidien des animaux de compagnie – pour se lancer dans une bonne grosse aventure des familles. Le studio Illumination ne corrige pas le tir pour ce second volet puisque cette fois ils proposent non pas une mais trois aventures en parallèle, rien que ça, avec au bout du compte l’inévitable sentiment d’être face à trois épisodes d’une série qu’on aurait agglutinés ensemble (on sent que le lapin est ce qui a le plus plu dans le premier et qu’ils ne savaient pas trop comment le recaser). Dommage car chacune avait pourtant le potentiel d’être un film à part entière, pour peu qu’on se casse un minimum le cul à creuser les intrigues, à chiader l’écriture autrement qu’en inventant des gags (parfois excellents au demeurant). C’est un peu le même problème rencontré il y a peu avec Toy Story 4 sauf que là on avait un vrai affect pour les personnages pour sauver les meubles, ce qui n’est pas le cas ici même si on adore les bébêtes poilues. Comme des bêtes 2 est en somme une suite anecdotique qui fera marrer les gamins mais échoue complètement à concrétiser les promesses de son prédécesseur. Inutile.

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