Critique ciné : Insaisissables 2

24 août, 2016

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Un magicien peut-il faire deux fois le même numéro devant le même public ? Est-ce que, même si l’on n’a pas compris le «truc», on se laissera émerveiller pareillement une seconde fois ? Des questions que n’ont pas dû franchement se poser les responsables de Insaisissables 2, suite du carton surprise que réalisa Louis Leterrier en 2013 et qui, déjà, souffrait de sa démarche de mettre des magiciens dans un caper-movie en un déluge de clinquant et de poudre aux yeux (je vous renvoie à la critique). Défaut que l’on retrouve donc à l’identique dans ce film-ci et c’est bien dommage car un temps durant il nous ferait presque croire le contraire, l’arrivée d’un Daniel Radcliffe drôle et vicieux venant perturber de belle manière la machinerie des Quatre Cavaliers. Mais voilà, ça ne dure pas. Pénalisé par sa quête du twist en rafale, le film gâche ce personnage – et tout ce qu’il aurait pu amener de positif à l’intrigue – en voulant le rattacher au premier opus, le moment de cette «révélation» marquant clairement un tournant négatif dans un récit qui reprend ses mauvaises habitudes, ne réussissant à tromper nos prédictions que grâce à un bordel incommensurable de fausses-pistes et narration épileptique. Autant dire que la dernière bobine en devient pénible à suivre surtout que John M. Chu, spécialiste du film de danse choisi pour remplacer Leterrier, fait de la belle image (enfin sauf en ce qui concerne les bastons) et nous file même un ou deux frissons (la première réapparition des Cavaliers face au public) mais se révèle incapable de donner un peu de sens à tout ça, de filmer autrement qu’avec des effets tape-à-l’oeil. Un magicien peut-il alors faire deux fois le même numéro devant le même public ? Hé bien oui apparemment, à en croire le carton renouvelé de cet Insaisissables 2. Cela ne veut toutefois pas forcément dire que le numéro est réussi…

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Critique ciné : Star Trek Sans limites

20 août, 2016

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Parce que l’espace est infini (enfin, je ne suis pas allé vérifier non plus), l’U.S.S. Enterprise ne manquera jamais d’aventures à vivre et malgré donc le départ de JJ Abrams, qui avait brillamment ressuscité la franchise, voici qu’atterrit le troisième film de cette nouvelle génération, Star Trek Sans limites. Pas de problème : le caractère éminemment épisodique de la licence permet très aisément ces passages de relais, l’affirmation de styles plus marqués. Même si pour cela il aurait certainement fallu choisir à la mise en scène quelqu’un d’autre que Justin Lin, connu pour son travail sur les Fast and Furious, qui s’il ne recopie pas à l’excès son aîné (pas trop de lens-flare) et compose même quelques jolis morceaux de bravoure, trouve malgré tout le moyen avec son directeur de la photographie Stephen F. Windon – autre transfuge de la saga aux grosses cylindrées – de sous-éclairer dramatiquement leur film, compliquant ô combien la lisibilité de certaines scènes. C’est à dire que parfois, on comprend mes couilles à ce qu’il se passe à l’écran… Qu’importe, on finit toujours pas se raccrocher aux branches grâce à un scénario plutôt bien foutu, écrit à quatre mains par Simon Pegg (fidèle également au rôle de Scotty) et le téléaste Doug Jung. Tous les personnages trouvent ainsi de quoi exister un peu sans trop en faire non plus, c’est qu’ils sont nombreux dans l’équipage (sans compter qu’ils introduisent un nouveau membre muy sexy, incarné par l’athlétique Sofia Boutella vue dans Kingsman), pendant que l’intrigue ne cède à aucune baisse de régime pour ne pas laisser trop apparaître ses faiblesses. Pensé en fait comme un luxueux épisode de série (la cité spatiale a grave de la gueule), la narration de Star Trek Sans limites perd en ampleur et implications ce qu’elle gagne en efficacité dans une pure logique de one-shot, ce qui paradoxalement l’amène à être un spectacle solide mais en même temps dispensable, ou en tout cas annexe. C’est très probablement l’une des principales raisons pour lesquelles Star Trek aura toujours une année-lumière de retard sur Star Wars en matière de succès publique et c’est un peu regrettable, car les héritiers de Gene Roddenberry ont quand même des choses pas mal du tout à proposer.

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Critique ciné : Dernier train pour Busan

19 août, 2016

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S’il se réveilla il y a une quinzaine d’années avec des projets dont le caractère extrême bousculait nos habitudes de spectateurs occidentaux, le cinéma sud-coréen s’est depuis internationalisé, assagi d’une certaine façon, conscient du potentiel de ses productions à l’exportation. Dernier train pour Busan en est l’exemple parfait, bon gros film-catastrophe gangrené par la pestilence zombiesque comme on en a tant vu ces dernières années (et ce n’est pas fini). Hormis ainsi quelques petites idées originales (les infectés qui oublient leurs cibles dès qu’ils perdent le contact visuel) desquelles on exclura le postulat de départ, simple relecture ferroviaire de Plane of the Dead, le métrage ne cherche absolument pas à innover dans le genre mais préfère au contraire en respecter scrupuleusement les canons. A l’image comme sur le papier, puisqu’on y retrouve toutes les grosses ficelles du genre et à plein régime qui plus est, du genre à ne pas se contenter d’un seul père de famille avec enfant mais de deux, au milieu de l’habituel groupe hétérogène de survivants… Et pourtant, en dépit de tout ce qui aurait dû le couler, le film fonctionne. Parce que sur cette base ultra-connue, le réalisateur venu de l’animation Sang-Ho Yeon (The King of Pigs) livre en fait un exercice de style admirable, une œuvre carrée où rien n’est laissé au hasard. Un modèle de tension où l’absence de gore est très largement comblée par le ballet des corps, la furie des attaques d’infectés spasmophiles face à la panique de vivants sortis de leur torpeur, de leur immobilisme. Lancé au rythme de son décor sur rails, Dernier train pour Busan n’oublie pas également de profiter du genre pour placer sa charge virulente contre l’individualisme de notre société, les fractures que nous créons pour nous protéger (un discours encore plus lourd de sens dans le contexte de la Corée) quitte à flirter avec le manichéisme. Mais on est là pour faire dans l’efficacité, pas la demi-mesure. Et ça le fait grave.

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Critique ciné : Comme des bêtes

17 août, 2016

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Depuis que nous en entendons parler, Comme des bêtes est vendu sur la promesse de découvrir ce que nos animaux peuvent bien faire lorsqu’on les abandonne pour la journée. Comment ils remplissent le vide de notre absence. Une idée toute simple et ayant déjà été plus ou moins abordée par d’autres mais qui, nous l’espérions, irait cette fois plus loin, portée par un métrage assumant pleinement ce défi. Un vrai film sur le vrai quotidien des animaux, voilà qui aurait été inédit. Vous l’aurez alors compris, le nouveau bébé de Illumination (Moi, moche et méchant) n’a pas grand chose à voir avec cela en fin de compte : plutôt que de relever la gageure, il se contente au contraire d’un traitement bien plus classique, un peu dans la veine d’un Toy Story ou d’un Comme chien et chat. Comprenez par-là que les animaux sont ici bien plus que ce que l’on croit d’eux, ils sont capables de prouesses que les humains ignorent et se retrouvent embringués dans des péripéties à faire blêmir un héros de serial. Ce qui peut également être très, très cool – on le reconnaîtra sans peine – mais n’a strictement aucun rapport avec ce qu’on nous a vendu, la bonne idée de départ qui aurait apporté une saine originalité au projet. Fort heureusement, la voie choisie (bien que donc trompeuse et connue) est empruntée avec un talent indéniable. L’odyssée urbaine du petit Max et du gros Duke se fait sur un rythme qui ne faillit jamais, avec un abattage de gags finissant forcément par faire mouche et quelques scènes gentiment spectaculaires, tout ça laissant encore la place à un développement des héros évitant d’être manichéen. Mais surtout, la vraie force de la péloche réside dans sa galerie de personnages secondaires, les animaux du voisinage et plus encore la faction des révolutionnaires clandestins, menés par le démentiel et agressif Pompon le lapin (tellement réussi qu’on peut être à peu près sûr de voir un jour débarquer un spin-off centré sur lui), qui nourrissent un récit sans cela quelque peu anémique. S’il n’est donc pas le film qu’on nous avait annoncé, Comme des bêtes s’inscrit malgré tout dans une plutôt bonne moyenne du film d’animation grâce à son sens du rythme et ses bestioles déchaînées. Mais certainement pas son originalité ni son courage. Dommage.

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Critique ciné : S.O.S. Fantômes

13 août, 2016

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Une éternité. Cela fait une éternité que l’on attend un nouveau S.O.S. Fantômes, que l’on nous promet monts et merveilles avant de se prendre dans la tronche déception sur déception. Mais on y croyait. Et aujourd’hui le voilà, le Ghostbusters nouveau, reboot féminin (féministe même) qui souffrira forcément de la comparaison avec une œuvre culte ayant fêté son trentenaire il y a quelques temps. On essaiera alors de ne pas y avoir trop recours, sans quoi il n’y aurait même pas lieu d’argumenter, et de prendre le film pour ce qu’il est… Nan, ça va pas être possible. Bref. Repartant donc de zéro dans un New-York que n’ont jamais visité Gozer ou Viggo, l’intrigue nous présente une nouvelle équipe de casseuses de fantômes réussissant l’exploit d’être presque aussi charismatiques que leurs aînés, par la grâce d’une caractérisation ne se laissant pas déborder par l’improvisation mais s’en nourrissant, les rôles et leurs interprètes étant en parfaite adéquation. Très à l’aise dans la comédie (trois d’entre elles viennent du Saturday Night Live, ça aide, et la réputation de Melissa McCarthy n’est plus à faire), ces femmes de choc et de science affrontent ectoplasmes dégoulinants et mâles dominants – le film n’épargne aucun rôle masculin et surtout pas celui de Chris Hemsworth, perché au point d’en devenir bizarre – sans jamais trop en faire dans le girlie ou le MLF, la force des auteurs du scénario étant justement cette écriture faisant la part belle aux personnages féminins éminemment sympathiques et tangibles malgré leurs extravagances. Soit l’idéal pour constituer une team que nous pourrions aimer au moins autant que la précédente. Reste alors à lui faire vivre des péripéties, et là c’est une autre histoire où le réalisateur Paul Feig et sa co-scénariste Katie Dippold (Les Flingueuses) se révèlent moins convaincants. Car si le script évite l’écueil de la redite totale de l’original, ce que pouvaient laisser craindre les bandes-annonces, il n’arrive jamais pour autant à s’en détacher, que ce soit au travers de sa structure (beaucoup de scènes font écho à celles de 1984) ou d’un fan-service finissant presque par être encombrant. Et lorsqu’il se montre vraiment différent afin de coller à son époque, pour le coup ce n’est pas mieux comme en atteste cette triste histoire de terroriste paranormal, moins classe et finalement moins «crédible» que l’irruption d’un dieu babylonien due à une secte secrète. Les temps changent, et les ghostbusters se transforment un peu en ‘Mystère et Cie’ pour ne froisser personne. D’ailleurs on verse en plein Scooby-Doo 2 : les monstres se déchaînent dès que ça s’agite niveau surnaturel, avec des choix esthétiques douteux annulant les efforts apportés aux effets spéciaux qui en deviennent baveux, écoeurants. De manière générale, on sent en fait que Paul Feig a voulu tenter des choses – c’est louable – mais a un peu fait fausse route dans le délire bariolé. Et si son Spy laissait présager de bonnes choses en matière de spectacle et d’humour cradingue, il n’en demeure que peau de chagrin dans ce produit de studio trop gros pour lui-même. Néanmoins, parce qu’il est parvenu à distiller une alchimie vraiment précieuse avec son équipe de filles, ce S.O.S. Fantômes appelle clairement à une suite qui, libérée de l’héritage du film de Ivan Reitman, pourra enfin laisser exploser le plein potentiel de cette seconde génération. Et permettra de réévaluer ce film-ci par la même occasion. Allez, on y croit. On n’a jamais cessé d’y croire.

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Critique ciné : Ma vie de chat

10 août, 2016

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On ne va pas en faire un mystère, Ma vie de chat est un film ô combien gentillet, sans aucune once d’originalité (les histoires d’humains piégés dans des corps d’animaux, on connaît, et celles de riches papas absents qui finissent par s’amender tout autant) et encore moins de prise de risque. Les mauvaises langues diront que ce n’est pas très étonnant de la part d’une production Besson, EuropaCorp étant de la partie. Et ce n’est pas complètement faux, c’est vrai… Nous espérions alors que la présence de Barry Sonnenfeld (les Famille Addams et les Men in Black, excusez du peu) aux commandes apporterait un peu de poil à gratter à ce projet familial. Las, on ne retrouve son mauvais esprit ou presque qu’au détour d’une ou deux scènes, et ne parlons même pas de son célèbre humour noir. Le ton général reste en effet bloqué sur «très léger», on ne ressent par exemple jamais la gravité de la situation du père – dans le coma – que ce soit chez les personnages, toujours souriants (il y a bien Jennifer Garner qui chouine à deux, trois moments, mais bon), ou pire dans la réalisation, toujours très lumineuse. Coincées entre les standard de la comédie familiale américaine, il en résulte que les bonnes actions du héros et son évolution ne nous touchent pas comme elles devraient, elles ne nous jettent aucune bouée afin d’adhérer à l’intrigue. Pas grave car la morale s’y avère de toute façon un peu douteuse, le métrage ne remettant pas franchement en cause la vanité du personnage principal. Enfin pas de quoi flipper non plus pour notre liberté d’esprit, Ma vie de chat reste une œuvre bien inoffensive, sans grande saveur. Une sorte de tofu cinématographique. On y croisera même quelques très beaux chats en CGI bien que, ironiquement, ils ne parviennent que péniblement à être aussi drôles que les LOLcats dont le film relaie les images. C’est donc triste à dire pour Sonnenfeld mais son dernier effort, trop convenu pour se démarquer, ne fait même pas le poids face à n’importe quelle session féline sur YouTube…

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Critique ciné : Le Monde de Dory

9 août, 2016

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Membre historique de Pixar dont il a fortement contribué à créer la légende, Andrew Stanton était passé chez la maison-mère Disney le temps d’un film live, John Carter. Une expérience récompensée par un injuste flop au box-office, qui l’a donc amené à revenir à ses premiers amours et donner aujourd’hui une suite à son Monde de Nemo, Le Monde de Dory. Syndrome de la queue entre les jambes ? Choix de la facilité ? Peut-être, ouais. Ce qui est sûr cependant, c’est qu’on ne saura lui reprocher quoi que ce soit tant son nouveau film s’avère brillant, une suite digne de ce qu’avait fait le studio à l’époque avec Toy Story 2. Et ce n’est pas peu dire. Le Monde de Dory, en mettant au premier plan la poisson chirurgien amnésique, prolonge ainsi avec un tact et sensibilité irréprochables les thématiques que le premier film ne faisait qu’effleurer, à savoir l’éducation et la vie avec un enfant handicapé puis ce que cela peut représenter de vivre avec ce handicap. Des sujets graves mais en aucun cas larmoyants dans leur traitement, où le réalisme ne se dépare jamais d’un indécrottable et communicatif optimisme. Nous sommes loin de Cars 2, autre suite made in Pixar donnant du galon à un personnage secondaire et qui elle ne le justifiait nullement, si ce n’est pour se perdre dans une bouffonnerie généralisée. Ici aucun errements de la sorte puisque nous sommes donc face à un scénario marqué du sceau d’excellence du studio, parfaitement construit pour laisser autant de place aux péripéties endiablées (les séquences d’action sont des modèles de rythme et de mise en scène et culminent en un climax époustouflant) qu’au développement des personnages (aussi bien les principaux que les secondaires avec quelques ajouts géniaux comme Hank, la pieuvre misanthrope), sans oublier bien sûr pléthore de gags dont l’efficacité devrait traverser les âges. Après Vice-Versa, Le Monde de Dory vient alors confirmer la très bonne santé de Pixar – ce dont on doutait fortement jusqu’à l’année dernière – pour peu que le studio fasse appel à ses réalisateurs historiques, une situation rappelant tristement celle du japonais Ghibli avant sa restructuration. Ca va que Stanton, Docter et compagnie sont encore jeunes mais espérons que nous n’en arriverons pas à la même issue, et qu’une vraie relève finisse par émerger au sein du studio.

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Critique ciné : Suicide Squad

5 août, 2016

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Ça y est, afin de remonter au score son éternel concurrent, la machine DC Comics sur grand écran est définitivement lancée. Sauf que pour rattraper son retard, le rival de Marvel brûle les étapes pour mieux copier son petit camarade et ce faisant, se fourvoie totalement. On l’a vu il y a peu avec le décevant Batman vs Superman, et les récentes bandes-annonces dévoilées lors du Comic-Con pour Justice League ou Wonder Woman respirent quand même franchement le MCU. Restait alors ce Suicide Squad, sorte de Douze salopards avec des bad-guys hauts en couleur, seul candidat sérieux pour dynamiter cette forte tendance à l’uniformisation. Ou pas. Parce qu’il va falloir intégrer une triste vérité : DC et Warner n’ont plus les burnes d’assumer leur noirceur caractéristique, même quand tout s’y prête. Il faut ainsi voir comment le film a le cul coincé entre deux chaises, s’échinant à faire de ses méchants des antihéros – voire même des héros – au point d’en trahir leur nature (Will Smith en Deadshot est pas mal représentatif de cela, presque du niveau d’un Sean Connery en Quatermain dans La Ligue des gentlemen extraordinaires). Ok pour creuser en une approche réaliste leur part humaine, leur dualité, ça peut toujours être intéressant. Ok. Mais il ne faut pas s’y essayer en reposant sur des sous-intrigues clichetons et de toute façon trop nombreuses pour s’épanouir pleinement (c’est comme ça qu’ils foirent nos présentations avec le nouveau Joker), et encore moins en mêlant tout cela à des sorciers antédiluviens faisant dans la destruction de masse (bah tiens, c’est la mode) ou une esthétique ultra-bigarrée. Cela ne peut tout simplement pas fonctionner, à moins donc de faire de grosses concessions. Pourtant prometteur, le réalisateur et scénariste David Ayer n’a clairement pas réussi à surnager dans la mélasse des contraintes du studio (sans compter qu’il a trouvé le moyen de foirer ses scènes d’action, toutes plus illisibles les unes que les autres) et par conséquent son Suicide Squad n’a plus aucun mordant, il est juste plein d’une vaine fureur, brouillonne et outrancière. Et fausse qui plus est, puisque tout ça reste en définitive bien sage pour se garder de quoi lui donner une suite. DC et Warner doivent donc revoir leur copie et cesser de repomper chez la concurrence car à l’évidence, ce qui peine à fonctionner là-bas ne le fait pas du tout ici. Pour le coup, à se tirer des balles dans le pied de la sorte, ce sont les exécutifs la vraie escouade suicidaire…

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